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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel El Diablo

« CONVERSION RÉPUBLICAINE » : une tribune de Jean-Pierre Chevènement [Marianne]« CONVERSION RÉPUBLICAINE » : une tribune de Jean-Pierre Chevènement [Marianne]

Tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Marianne le 22 janvier 2015

Le peuple français s’est mis debout, le 11 janvier 2015, pour dire son attachement à la République. D’abord à un mode de vie fondé sur la liberté et particulièrement celle de s’exprimer, bref à une civilisation. Il a refusé le chantage à la peur que prétend exercer sur lui un terrorisme d’un autre âge. Mais ce sursaut républicain devra s’inscrire dans la longue durée. En effet, nous n’éradiquerons pas facilement ce terrorisme là, qui se développe à l’intersection des plaies de notre société et des conflits qui frappent le monde musulman (1200 millions d’hommes et de femmes). Il faudra des années, voire des décennies, pour y parvenir. 

La raison en est simple : Pour venir à bout du terrorisme, il faut le couper de sa base potentielle. Aucune action policière, si efficace qu’ait été celle qui a été conduite et si nécessaire soit-elle dans les temps à venir, ne peut se substituer à cet axe stratégique fondamental. 

Les pays européens ont connu des mouvements terroristes dans les années 1970-1980 (Fraction armée rouge, Brigades rouges, Action directe). Ces mouvements ont échoué parce que les masses ouvrières dont ils se réclamaient ne se reconnaissaient nullement dans leurs méthodes et dans leurs objectifs.
 

 

Il en va différemment avec le djihadisme armé. Celui-ci prétend imposer par la terreur – et d’abord aux musulmans – son identité politico-religieuse totalitaire, basée sur le retour à l’Islam des origines. Il naît du salafisme, lui même encouragé par le wahabisme. L’explosion de la richesse pétrolière dans les pays du Golfe depuis le début des années 1970 a fait basculer vers ceux-ci le centre de gravité du monde arabe et d’une partie du monde musulman. Sous l’influence de leurs « fondations », l’influence du salafisme a grandi partout, des confins pakistanais au Sahel africain, en passant par le cœur du monde arabe, le Machrek. Al Quaïda est née comme une projection du Moyen-Orient sur l’Afghanistan. Daesh est d’abord le fruit vénéneux de la politique américaine vis-à-vis de l’Irak. Mais nos banlieues elles-mêmes ne sont pas épargnées. Les conflits du Moyen-Orient, favorisés par le non règlement du problème israélo-palestinien depuis plusieurs décennies et attisés par un interventionnisme occidental à courte vue (Irak, Libye, Syrie), ont malheureusement l’avenir devant eux : on n’assèchera pas facilement le terreau des conflits dans le monde arabo-musulman. Peut-être pourrons-nous aider à préserver le Maghreb. 


Prévisible depuis longtemps
[1], le conflit qui frappe la France à son tour s’alimente à deux sources : la perte de repères d’une jeunesse précarisée et le sentiment d’injustice et de persécution que le monde musulman éprouve à tort ou à raison à l’endroit du monde occidental. A raison, parce que l’interventionnisme paré de prétextes humanitaires hypocrites a trop souvent pris le relais du colonialisme. Mais à tort aussi dans la mesure où l’Islam, tenté il y a un siècle par la réforme (la « Nadha ») ne l’a pas vraiment réalisée, n’acceptant pas un rapport libre à la religion qui dégagerait en lui d’immenses potentialités. Malek Chebel rappelle un hadith du Prophète : « Allah a voulu se faire connaître. Il a créé le monde pour que l’Homme, saisi de sa Sublime Beauté, puisse le vénérer à sa guise » [2]

Faire de l’Islam en France un Islam éclairé qui rayonnerait dans le monde musulman, telle était l’intuition de Jacques Berque. Elle m’a inspiré, en 1999, le lancement d’une consultation (« Istichara ») ouverte à toutes les sensibilités musulmanes présentes sur notre sol (y compris l’UOIF et le Tabligh). Toutes ont contresigné une déclaration portant sur les principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les Pouvoirs publics et le culte musulman en France
[3] (laïcité, séparation de l’Eglise et de l’Etat égalité homme-femme, etc.). Sans doute certains problèmes – la formation des imams - sont restés pendants mais, aujourd’hui, les musulmans disposent dans la plupart de nos villes de lieux de cultes dignes. Un Islam compatible avec la République doit pouvoir combattre et isoler les tentations de djihadisme armé de quelques voyous égarés. 


Ce terrorisme djihadiste frappe d’abord les musulmans. Dois-je rappeler que plus de cent journalistes algériens ont payé de leur vie, dans les années 1990, la conquête de leur liberté d’expression face à l’obscurantisme ? Refusons les amalgames trop rapides qui confondraient l’ensemble des musulmans avec une poignée de fanatiques. Ce serait faire le jeu du terrorisme. Les agressions contre les lieux de culte musulmans ne sont pas seulement odieuses et criminelles. Elles sont imbéciles. Combattre le terrorisme, c’est aussi combattre l’esprit de croisade. C’est aux musulmans d’abord qu’il revient pourtant de séparer le bon grain de l’ivraie. Les pays occidentaux peuvent les y aider et d’abord en ne multipliant pas les ingérences expéditionnaires et déstabilisatrices. 

La France, parce qu’elle a une politique claire, est fondée à demander à ses citoyens, qu’ils soient musulmans, juifs ou chrétiens, de ne pas importer sur son sol le conflit israélo-palestinien, a fortiori sous la forme d’horribles attentats antisémites qui frappent des Français en raison de leur religion. 


La France, parce qu’elle a une politique claire, est devant un défi de longue durée. Il lui faut aussi balayer devant sa porte. Ce n’est pas la République qui est la cause des ratés de l’intégration des jeunes issus de l’immigration dans la communauté des citoyens. C’est le défaut ou l’insuffisance de République. 

De bons apôtres présentent le multiculturalisme comme remède alors qu’il n’est bien souvent que l’alibi des communautarismes. Il faut, au contraire, défendre la République comme un régime où, en dehors de ce qui est prohibé par la loi, la liberté est la règle. Une certaine bien-pensance s’en prend à la laïcité présentée comme « agressive ». La laïcité se borne à séparer le domaine du religieux propre à chacun de l’espace commun où tous les citoyens sont conviés, à travers l’exercice de leur raison naturelle, à participer à la définition de l’intérêt général. La laïcité n’est nullement dirigée contre les religions. La lettre de Jules Ferry aux instituteurs (1883) rappelle que le maître, dans ses cours d’éducation morale, ne peut rien avancer devant ses élèves, qui blesserait la conscience d’un de leurs parents. Un professeur de dessin dans l’Ecole de la République ne saurait caricaturer Mahomet. La République, pour être refondée, doit l’être sur la base de concepts clairs. 


La République a besoin d’un nouveau programme du CNR
[4] pour résorber les fractures de notre société. Il y a, bien évidemment, celle que crée le chômage et d’abord celui des jeunes. Chacun le ressent : l’Europe doit rompre avec une politique de stagnation économique qui détruit des emplois au lieu d’en créer. 

Outre l’emploi, il y a aussi l’éducation et la culture. Il faut mettre l’accent sur ce qui unit et non sur ce qui divise, sur ce qui rassemble et non sur ce qui sépare. Arrêtons avec le « droit à la différence » qui débouche toujours sur la différence des droits. 

Pour la gauche, qui a deux ans devant elle, le moment est venu de faire cette « conversion républicaine » à laquelle elle a trop souvent tourné le dos (affaire du voile en 1989). On entend encore récemment que l’addition des minorités permettrait de remplacer la majorité populaire dans laquelle la gauche trouvait traditionnellement sa base et sa raison d’être. L’heure de la refondation républicaine ne sonnera pas deux fois. Un pays qui ne s’aime plus ne saurait intégrer de nouveaux citoyens. Le récit national français a été détruit par tous ceux qui, dans leur tête, avaient déjà abandonné la France à Le Pen il y a trente ans : il faut reconstruire ce récit national, rompre avec les discours masochistes, aider la France à retrouver l’estime de soi, sans laquelle elle ne pourra surmonter sa crise d’identité actuelle. Là est le rôle, magnifique, de l’Ecole de la République. Pour transmettre les connaissances et les valeurs républicaines, pour expliquer la laïcité, pour faire aimer la France, notamment à travers sa littérature et son histoire, les programmes de l’Ecole devront être revus et publiés sous une forme accessible à tous. Il faut à nouveau étudier les grandes œuvres. La formation des maîtres est la clé : « on ne transmet, disait Hannah Arendt, que cela à quoi on croit ». 

L’accès à la citoyenneté permettra seul d’« assécher le terreau » où peut germer le terrorisme djihadiste. Cela prendra du temps mais cela donnera du sens à la politique. 


Je n’ai rien dit au chapitre de la sécurité parce que le Président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, assurant une efficace coordination des forces de police et de gendarmerie, se sont montrés tout à fait à la hauteur des évènements et que je leur fais confiance pour perfectionner notre dispositif centralisé de lutte contre le terrorisme, tout en préservant l’Etat de droit. 

Pour autant la refondation républicaine est une tâche autrement plus vaste. Elle sera de longue haleine. C’est une immense révolution intellectuelle et morale qu’il faut conduire. 

L’unité nationale qui s’est manifestée le 11 janvier sera fondatrice si le gouvernement parle clair et juste en tous domaines et s’il appelle la France à l’exigence et à l’effort. Le monde dans lequel nous sommes entrés est difficile. Il ne nous fait et ne nous fera pas de cadeaux. La gauche est-elle capable d’effectuer, au bord du gouffre, cette « conversion républicaine »  à laquelle j’ai souvent appelé ? 

Le peuple français n’attend que cela. Il a déjà rendu à la France ce qui lui faisait le plus défaut : la fierté. La France, nation suprêmement politique, peut encore, si nous le voulons, montrer le chemin à une Europe et à un monde qui ont besoin d’être éclairés par les valeurs que la République incarne. 


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[1] Jean-Pierre Chevènement, Défis républicains, Fayard, 2004, p. 388-415. 
[2] Malek Chebel, L'inconscient de l'Islam, CNRS Editions, décembre 2014. 
[3] Cette Déclaration du 28 janvier 2000 contresignée par le Ministre de l'Intérieur est reproduite dans l'annexe 4 de Défis républicains, livre que j'ai publié chez Fayard en 2004. 
[4] Conseil National de la Résistance
 
 

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