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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel El Diablo

Vendredi, à Armentières (Nord) Daniel et Danielle Pickeu (au centre) entourés de leur famille : tous votent communiste (S.Lefèvre pour le JDD)

Vendredi, à Armentières (Nord) Daniel et Danielle Pickeu (au centre) entourés de leur famille : tous votent communiste (S.Lefèvre pour le JDD)

Ces communistes qui doutent du Président

Le JDD est allé dans le Nord rencontrer une famille de gauche, où l’on est communiste à 100 %, de génération en génération. Les propos de François Hollande comparant le discours du FN à un "tract du PC des années 1970" passent mal.

Ils ont eu la chance d'avoir un père "libre penseur". À 14 ans, Daniel et Maurice Pickeu sont partis travailler à l'usine. Le paternel leur avait conseillé : "Vous allez ramener de l'argent à maman, et vous allez vous syndiquer." Alors les deux gamins, aujourd'hui assis côte à côte dans le salon de la petite maison d'Armentières, ont rejoint les rangs de la CGT, puis ceux du Parti communiste français. "J'ai vu la misère, il fallait se révolter", se souvient Daniel, 76 ans, la voix cassée par les années de labeur. Dans la vente par correspondance, dans le textile, les frangins n'ont jamais cessé de militer. Ensemble, avec femmes, enfants et petits-enfants. Bienvenue chez les Pickeu, communistes sur trois générations, en attendant que la quatrième prenne le relais.

Les deux frères se ressemblent, leurs femmes sont devenues amies. Dans ce Nord ouvrier, on se serre les coudes, et on aide les autres. Daniel et Danielle se sont mariés, il y a 53 ans. Elle a trouvé un époux et une famille, celle des "rouges" qu'elle n'a plus quittés. "En Mai-68, je partais aux piquets de grève avec les quatre petits en poussette", se souvient, les yeux pétillants, la maîtresse de maison, 72 ans aujourd'hui. Les cinq enfants ont suivi. "On est tombés dans la marmite", raconte Laurent, le troisième fils. "On allait à l'école, on rentrait à la maison faire les devoirs puis on s'occupait des tracts, on s'amusait", renchérit Bertrand, l'avant-dernier. "On ne marchait pas encore qu'on pliait déjà les tracts du PC", témoigne Grégory, le petit dernier, 41 ans. Sylvie, la seule fille de la fratrie, 52 ans, se marre : "Les premiers mots qu'on a appris, c'est Georges Marchais." Les livres du mythique patron du PC sont encore dans la bibliothèque familiale.

"Avec les socialistes, on a toujours été cocus"

Mais depuis qu'elle a entendu, dimanche dernier, François Hollande dire que Marine Le Pen parlait "comme un tract du PC des années 1970", Danielle ne s'en remet pas. "Ça fait mal d'entendre ça, on n'est pas du tout comme Marine Le Pen. Comme disait Marchais, "c'est un scandale" de dire ça". "Sans nous, il ne serait pas là", tonne Laurent, métallo de 50 ans. "On n'a rien à voir avec le FN, c'est une insulte. Quand il aura besoin de nous, on ne sera plus là", menace Grégory, responsable tôlerie dans la métallurgie. Maurice, le patriarche, se souvient d'une autre phrase de leur père : "Avec les socialistes, on a toujours été cocus, on le sera toujours". Je ne peux plus avoir confiance, ils nous ont trop pris pour des pigeons", conclut-il. "Avec Mitterrand, déjà, on s'est fait avoir", renchérit l'aîné des enfants, mécanicien tourneur de 53 ans.

Les plus vieux se rappellent "le grand espoir" du 10 mai 1981. Les plus jeunes se souviennent du 6 mai 2012. Comme tous les dimanches électoraux, les trois générations sont allées voter ensemble. Les grands-parents ouvrent la marche, les enfants, les 13 petits-enfants et les 4 arrière-petits- enfants ferment le ban. Le jour de l'élection de François ­Hollande, le rituel fut respecté. Le cycle espoir-­déception avait déjà fait son chemin. David, le plus âgé des petits-enfants, n'était pas très enthousiaste : "Ça a été compliqué de voter pour lui. On s'est forcés." Depuis trois ans, les Pickeu ont du mal à retrouver leur gauche. "C'est dur de retenir quelque chose de lui, il ne tient jamais ses promesses, il a toujours retourné sa veste", martèle Maurice. Son frère ne se reconnaît pas dans ce Président : "Hollande, son gouvernement et tous ceux qui les entourent, Jacques Duclos aurait dit que "c'est bonnet blanc et blanc bonnet", que c'est du libéralisme." Maria de Conception, la femme de Maurice, est moins dure : "J'ai cru qu'il ferait des choses, il prenait le train, il était différent au début, mais là, ça ne va plus du tout". Verdict de la deuxième génération? "C'est un gouvernement de gauche qui fait une politique de droite. Les seuls qui étaient à gauche ont été enlevés, c'est Montebourg et… comment il s'appelle le deuxième?" On souffle à Laurent le nom de Benoît Hamon. "Jospin aurait été moins mauvais que Hollande", soutient Stéphane.

"François, il va sauter, la droite va revenir"

La troisième génération a reçu le communisme en héritage. "Ça fait des années qu'on suit le Parti, on a fait du porte à porte pour mon oncle Grégory qui était candidat aux départementales en mars. Et ça va continuer. Ma fille de 2 ans a déposé mon bulletin de vote dans l'urne", soutient David, du haut de ses 30 ans. Vincent a tout juste 23 ans, dont cinq ans de Parti. "Ça nous met les idées en place." Gauthier, 23 ans lui aussi, a le visage buriné des caveurs qui travaillent dehors. "Hollande parle beaucoup du chômage, mais il repousse les retraites de plus en plus loin alors que les jeunes ne trouvent pas de boulot. Il ferait mieux d'avancer la retraite pour que les jeunes puissent bosser." Leurs parents ont toujours travaillé. Stéphane s'en souvient : "On était reçu au CAP le vendredi, le lundi on avait un boulot." Ce temps est révolu. Ce qu'il reproche le plus à François Hollande? "L'austérité. On est en train de tout démolir." Bertrand a son idée : "Il a fait beaucoup de promesses. Les chômeurs, il devait y en avoir de moins en moins, il y en a de plus en plus". Leur frangin Laurent : "Ce qui me choque? Toutes ces usines qui ferment, qui s'en vont. On va faire quoi en France? Du tourisme. Tout augmente." Sylvie est sur la même ligne : "Maintenant on paie des impôts sur les heures supplémentaires, ça nous a fait une augmentation énorme." Le FN rode. Dans leurs usines, leurs collègues se laissent tenter. "Des camarades de travail, ouvriers comme moi, votent FN parce qu'ils pensent que les étrangers leur prennent leur travail ou celui de leurs enfants. Ils ne comprennent pas que c'est totalement faux. Ils en ont ras le bol", se désole Grégory. Hollande et Valls auront beau agiter la menace d'un FN aux portes du pouvoir, avec les Pickeu, cela ne marchera pas. Revoter Hollande en 2017? Autour de la table, les 12 visages se ferment. Aucun électeur de 2012 n'est prêt à se laisser tenter. "Je m'abstiendrai", glisse Grégory. "François, il va sauter, la droite va revenir", ajoute son frère Bertrand. "Quand même, il doit bien savoir qu'il va y avoir un problème, après ce qu'il a dit sur nous!", conclut leur mère. Les "rouges" ont de la mémoire. Et de la fierté.

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Édouard, 78 ans : "je serai obligé de voter pour lui"

Il a adhéré au PC en 1973, à l'époque où "il était le grand défenseur de la classe ouvrière". Édouard Leclercq était ouvrier chez Alstom à Marly-les- Valenciennes dans le Nord, et il a rejoint le Parti "pour ses grands-parents communistes". Ces années 1970 étaient, pour lui, celles "du programme commun, de l'espoir". Aujourd'hui retraité, à bientôt 78 ans, il y croit toujours : "Il faut faire l'union de toutes les gauches. C'est dur, mais il faut le faire", dit-il de sa voix gouailleuse mâtinée d'accent ch'ti. La sortie de Hollande sur Canal+, dimanche dernier, l'a ulcéré. "Il nous compare avec Le Pen. Après, il s'étonne de descendre, mais il a gagné avec nos voix. Hollande, c'est nous qui l'avons amené là. Il ne nous respecte pas", accuse celui qui a fini sa carrière chef de groupe gestion à Alstom. Il a voté pour lui en 2012. Et il est déçu : "Il a truandé tout le monde avec le mot de la finance." Il lui en veut "de ne pas s'être attaqué aux banques". Il se souvient que le 10 mai 1981, en sortant du dépouillement, il avait salué un vieux mineur assis sur un banc : "Ça y est, Mitterrand a gagné." "Écoute, t'en reviendras", lui avait répondu le mineur. Il en est revenu. Si en 2017, Hollande se représente? "Je serai obligé de voter pour lui." L'éternel recommencement. C.A.

 

 

Dimanche 26 avril 2015

 

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