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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par Michel El Diablo

BRÉSIL: quel avenir pour Dilma Rousseff et pour le Parti des Travailleurs ?
BRÉSIL: quel avenir pour Dilma Rousseff et pour le Parti des Travailleurs ?

Brésil : Le gouvernement respire ; mais veut-il ressusciter ?

La politisation des choix de développement signifie d’impliquer concrètement la société dans la démarche de ne pas en rester au vote mais de s’engager dans la construction effective du destin validé par les urnes.

 

Le sentiment que le gouvernement de Dilma retrouve enfin quelque respiration et un peu d’aise depuis sa prise de fonctions ne relève pas du mirage mais ne saurait pour autant être à mettre au crédit d’un contexte économique plus favorable. À l’orée de boucler les cent jours de ce nouveau mandat, le pays continue à devoir lutter sur ce front contre les flammes du doute et de la régression. 
La stagnation du PIB en 2014 n’en constitue même pas le pire des symptômes à en juger par le panorama mondial aussi anémique qu’instable.

 

Le plus grave réside dans le matraquage permanent d’un scénario annoncé comme inéluctable et douloureux. Dans une partition bien orchestrée, la chorale des conservateurs amène le troupeau à l’abattoir en lui serinant : il n’y a pas d’autre issue pour rester en vie que l’euthanasie. Et le Ministre de l’Économie est une des voix les plus enthousiastes du chœur des Parques.

 

‘Le plus vite sera le mieux’, assure-t-il aux manades réticentes.

Les entreprises, les familles, les investisseurs sont sommés ainsi de se résigner à pactiser avec le Diable quel qu’en soit le prix à payer. Le sauve qui peut et le chacun pour soi font partie du programme imposé qui néanmoins préserve des intérêts bien particuliers.

 

L’augmentation intempestive des tarifs publics (notamment de l’énergie, NdT), se base sur une inflation de 8% à l’année et légitime l’exigence des marchés financiers d’un renchérissement des taux de crédit.

 

Le chômage, –ou sa menace mise en avant- met en sourdine la revendication d’une augmentation réelle des salaires.

 

La dépréciation monétaire (par rapport au dollar, ndt) peut être positive en soi pour l’industrie manufacturière, mais couplée à un contexte de réduction des investissements privés et publics – dans lequel le scandale de Lava Jato (affaire de corruption liée à l’entreprise nationale des pétroles Petrobrás, NdT) joue un rôle éminent – elle ne fait qu’attirer des capitaux étrangers qui ne contribuent en aucune façon à la croissance de la capacité productive du pays. Ils ne font que nourrir la prédation financière sur les activités productives existantes.

 

Ce processus est déjà en cours. Sans que la majeure partie des mesures élaborées par le centurion Joaquim Levy (actuel Ministre des Finances, issu du monde de la finance, NdT) aient été mises en œuvre.

 

C’est ainsi que le marché prend en main une nation quand le contrepouvoir de l’État fait défaut.

 

Joaquim Levy monopolise la parole d’un gouvernement qui assiste passivement à sa mise en pièces. Le poids des taux d’intérêt obère toute perspective d’avenir. Et le rouleau compresseur médiatique martèle que le pire reste à venir. La puissance matérielle des attentes fait le reste.

 

Qui va se risquer à investir le moindre kopeck dans le Brésil actuel ?

C’est cette logique qui alimente le sentiment de désarroi dans la vie d’une nation. D’où cet apparent paradoxe d’un gouvernement qui, pour la première fois depuis sa prise de fonctions, semble respirer avec plus d’aisance.

 

En réalité, il n’y a pas de contradiction.

Ce qui en fait saute aux yeux, c’est que le monologue conservateur -tant dans la politique que dans l’économie- est devenu dominant sans que le gouvernement n’ait fait d’effort particulier pour cela. Il faudrait un travail d’orfèvre pour démystifier l’enfumage permanent et délibéré de l’oligarchie médiatique mais les signaux se multiplient.

 

Les dépositions des deux principaux délateurs de l’affaire “Lava Jato” –Alberto Yousseff e Paulo Roberto Costa— montrent que le gouffre de la corruption est bien plus profond que ne le suggère le couplet bien rôdé des refrains conservateurs.

 

Des enregistrements divulgués seulement maintenant incriminent gravement Aécio Neves et sa famille (candidat de la droite battu par Dilma lors de la dernière présidentielle, NdT) pour avoir touché des commissions mensuelles à hauteur de 100 000 $ US de la part de Furnas (grande entreprise publique de centrales électriques, NdT), de 1997 à 2001 ; mais également le Président du PSDB (premier parti de droite au Brésil, NdT), le sénateur aujourd’hui décédé Sergio Guerra, pour avoir collecté 10 millions de reais auprès de la Petrobrás afin d’essayer de torpiller la Commission d’Enquête Parlementaire (CPI) chargée d’instruire les pratiques délictueuses de cette entreprise publique déjà en 2009.

 

Et ce n’est pas tout.

Dans les comptes bien remplis de la banque HSBC en Suisse, le Vice-Président du PSDB, Márcio Fortes, ex-trésorier des campagnes de Serra et FHC –Fernando Henrique Cardoso- (ex-candidats de la droite aux présidentielles, NdT), mis en examen pour des affaires de fausses factures lorsqu’il exerçait cette fonction, a mis de côté la bagatelle de 2,4 millions de $ US non déclarés au fisc. Non, il ne s’agit pas d’un moment d’égarement comme se plaît à le répéter Fernando Henrique Cardoso à propos des combines de Pedro Barusco (ancien dirigeant de la Petrobrás, NdT) et du « club des neuf » à la Petrobrás, depuis 1997 (Référence au système de corruption et de dessous de table lié à l’affaire Lava-Jacto, NdT). C’est bien plus que cela. Cela relève de la routine habituelle de la suprématie du marché sur les institutions et la démocratie.

 

Les plus grands établissements bancaires du pays —Safra, Bradesco etc— ainsi que d’autres entreprises parmi les plus célèbres, comme Gerdau (grand groupe sidérurgique, NdT), véritables icônes de l’efficacité privée, ont été pris la main dans le sac lors d’une nouvelle opération de la Police Fédérale à Zelotes. Entre dessous de table et fausses factures, les montants soustraits au fisc sont estimés aux alentours de 19 milliards de reais (environ 5,9 milliards d’€, NdT). Un montant équivalent à 1/3 de la recette fiscale annuelle et qui dépasse d’un milliard de reais (environ 300 millions d’€, NdT) la charge fiscale directement supportée par les travailleurs.

 

Ce n’est pas rien. Et l’importance des sommes ne se réfère pas simplement à l’argent ainsi soustrait aux politiques publiques.

 

Il s’agit là de la bataille pour l’hégémonie politique dans cette phase de transition du cycle de développement traversé par le pays – un élément que le gouvernement Dilma a manifestement oublié dans un tiroir après la campagne d’octobre 2014.

 

Le scandale de Zelotes lui offre l’opportunité de reprendre l’initiative sur ce terrain en assumant le choix de taxer réellement les grandes fortunes et le capital financier. C’est-à-dire de reprendre la main plutôt que de se rendre aux arguments de ceux qui ne cessent de fustiger le déficit public, exigent des coupes sombres dans les programmes sociaux et stigmatisent le « coût du Brésil » (l’équivalent de notre « coût du travail » matraqué par nos perroquets médiatiques, NdT) pendant qu’ils pillent le Trésor Public dans des affaires dignes de la Série Noire. La rédemption conservatrice – celle qui va guérir le Brésil de tous ses maux en détruisant le PT, le salaire minimum et la Petrobrás— se trouve confrontée ainsi à l’image que lui renvoie son miroir.

 

C’est l’occasion de redistribuer les cartes du jeu politique. Mais pour y parvenir, le gouvernement doit sortir de sa léthargie, redéfinir sa politique et l’interlocuteur qui est prêt à l’écouter : les mouvements sociaux, les familles de salariés et pas uniquement les marchés.

 

Qu’est-ce qui lui manque pour s’affranchir du monologue « levyano » (du nom du Ministre des Finances, NdT) avec les financiers ?

 

Il lui faut retisser le lien rompu entre la difficile victoire du 26 octobre (2ème tour des élections, NdT) obtenu dans une ambiance d’avancée progressiste et la nomination officielle du Ministre des Finances un mois plus tard le 27 novembre. Ce qui a pu se passer lors de ce trou noir de la transition reste un mystère mais le fait est que cette décision a paralysé le gouvernement et plongé sa base d’appui dans la sidération. Pire encore : Elle a instillé l’idée funeste politiquement parlant que, pour la mise en œuvre de l’agenda politique du nouveau mandat du PT, le soutien des mouvements sociaux était sans importance. Une direction politique qui nourrit de tels sentiments chez ses piliers historiques met sa survie à la merci de l’indulgence adverse.

 

Mais il n’y aura aucune mansuétude, comme on a pu le constater. Deux chemins se dessinent ainsi pour ouvrir un nouveau cycle de développement.

 

Le premier implique la redéfinition profonde des mesures susceptibles de construire une nouvelle perspective de croissance guidée par la justice sociale. Une nouvelle perspective qui n’est pas exempte pour autant de sacrifices, planifiés et négociés ; cela va sans dire.

 

Le second d’une certaine façon simplifie la tâche en la déléguant à la “rationalité” des marchés. À l’exemple de ce qui est infligé au prix du sang et des larmes en Europe, soumise depuis six ans à la purge néolibérale. Avec les résultats que l’on sait.

 

L’option conservatrice s’exonère de l’ardu travail de coordination politique de l’économie, alliée à la médiation des conflits inhérents aux choix de développement. En fin de compte, elle vide de tout sens le vœu d’une réforme politique en faisant l’impasse sur une plus grande participation sociale. Pour les mêmes raisons, elle renonce à toute régulation du système médiatique qui devrait pourtant rendre mieux compte de la diversité des intérêts sociaux en question.

 

Il doit bien y avoir une raison qui a amené, entre la victoire dans les urnes et la formation du gouvernement, la Présidente Dilma et la direction du PT à oublier tout cela pour sous-traiter la définition de cette perspective à un centurion des marchés (Joaquim Levy - Le Ministre des Finances, ancien président de Bradesco Asset Management (BRAM), une filiale de Bradesco, deuxième banque privée du pays, qui a travaillé auparavant au FMI et la BCE, NdT). Le répit actuel résulte non pas de la justesse des choix induit par cette nomination, mais des revers politiques subis par les intérêts qui s’en réjouissaient et en bénéficient.

 

D’une façon ou d’une autre, le Brésil va devoir passer par les douleurs d’un accouchement intrinsèques à la redéfinition de ses choix de développement. Une révision incontournable se profile à l’horizon. Le choix de la méthode induit l’objectif.

 

La ligne de fracture réside dans la nécessité de réaménager l’économie en négociation permanente avec les vastes pans de population qui ont intégré le marché et la citoyenneté ces douze dernières années. Ou contre eux ! Il n’y a pas de troisième voie.

 

En fonction de la méthode choisie, les conquêtes et les richesses prometteuses peuvent s’épanouir ou régresser ; devenir un patrimoine socialement réparti ou nourrir le brasier des inégalités et de l’exclusion.

 

Ce n’est pas de la rhétorique.

La politisation des choix de développement signifie d’impliquer concrètement la société dans la démarche de ne pas en rester au vote mais de s’engager dans la construction effective du destin validé par les urnes. Ou celui-ci ne s’accomplira pas.

 

C’est ce principe qui s’est égaré pendant les 30 jours qui se sont écoulés entre la victoire du 26 octobre et le choix de la méthode incarnée par Joaquim Levy le 27 novembre. Trois mois sont passés et le gouvernement a une bouffée d’air. Voilà l’occasion de réviser, non pas le besoin de quelques réajustements ou de certains d’entre eux, mais la méthode. C’est-à-dire sa cohérence avec les buts pour lesquels il a été mandaté par les urnes.

 

Saul Leblon

Traduit par Pedro da Nóbrega

Article original : O governo respira ; quer renascer ?

 

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