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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel El Diablo

CUBA: Normalisation des relations Cuba -USA: les Etats-Unis ont-ils appris la leçon?

par Nelson P Valdés

Traduction Françoise Lopez

Avant 1898, Cuba était une nation sans Etat. Elle était une colonie mais aussi elle avait aussi une culture et une identité nationale en évolution, un sentiment de cubanité qui émergeait et une histoire propre. Le gouvernement était exercé par l'Espagne à travers son système impérial. Le pays n'était pas encore socialement constitué. L'esclavage s'était maintenu jusqu'en 1886. En même temps, la lutte pour l'indépendance nationale a coïncidé avec la lutte contre l'esclavage. D'autre part, tous les Cubains étaient des Cubains de première génération avec un sentiment d'identité national unique et avec des symboles propres qui étaient nés en opposition avec le statut impérial et les pouvoirs assignés par le régime colonial espagnol.

Entre 1898 et 1934, les institutions juridiques et les pratiques politiques et administratives de Cuba, furet déterminées en dernier ressort par le Gouvernement des Etats-Unis. Sous ce système néo-colonial, les Etats-Unis ont acquis des bases militaires et d'autres concessions par l'insertion forcée de l'Amendement Platt dans la Constitution cubaine alors que l'île était sous occupation militaire, dans les années 1898-1902.

Cuba possédait alors un territoire bien défini, un état et un gouvernement cubains. Mais l'Etat n'avait pas le pouvoir de prendre ses propres décisions à cause de l'Amendement Platt et du contrôle économique, politique et culturel exercé par les Etats-Unis. C'était un contrôle différent de celui que Cuba avait expérimenté sous le mandat de l'Espagne parce qu'il y avait maintenant quelque chose qui ressemblait à une autonomie, un situation semblable à celui d'un Etat Libre Associé que Porto Rico a encore aujourd'hui. En résumé, celui qui ressemblait le plus à Cuba à un agent souverain était l'ambassadeur des Etats-Unis.

Entre 1934 et 1959, Cuba fut un état-nation à souveraineté limitée. Pendant les années de gouvernement de Franklin Delano Roosevelt, la seconde République cubaine abolit l'Amendement Platt avec le consentement des Etats-Unis, mettant ainsi fin à l'ère de contrôle officiel états-unien. Ces changements ont transformé Cuba en une république moderne semi-indépendante mais les Etats-Unis exerçaient un contrôle direct sur la classe politique et sur l'Armée cubaines. L'influence indirecte est entrée à Cuba avec la présence des corporations états-uniennes, des écoles, des clubs sociaux, du rattachement militaire et des techniques de la publicité moderne et, bien entendu, par la science, la technologie, les produits culturels et le mercantilisme.

Les Etats-Unis ont freiné l'autodétermination de Cuba jusqu'aux limites de l'admissible (une situation identique à celle de la République Dominicaine). Pour étrange que cela paraisse, pendant cette période qui a coïncidé à l'origine avec l'adoption du New Deal de l'économie keynésienne, l'Etat cubain intervint ouvertement dans le fonctionnement du marché intérieur de Cuba, pas tellement libre. Le contrôle économique était exercé par le gouvernement des Etats-Unis par un système de quotas sucriers, possibles grâce à la Loi Jones Costigan de 1934, ainsi que par les accords commerciaux, les investissements étrangers et les "conseillers" politiques et économiques. tout cela était soutenu sur place par un appareil politique et militaire que préservaient les accords néo-coloniaux, essentiellement par la diplomatie des canonnières que les "marins" états-uniens avaient garantie auparavant.

Depuis 1959, la nation cubaine a un Etat souverain et un gouvernement sans contrôle étranger. Mais obtenir cette souveraineté a impliqué des coûts énormes pour l'indépendance nationale car les Etats-Unis ont organisé des actes coordonnés et à facettes multiples d’interférence comprenant un blocus économique, une propagande de masse, la promotion d'une opposition intérieure ("dissidents") et d'une opposition extérieure concentrée à Miami. Par conséquent, Cuba est un Etat-nation souverain mais qui subit des pressions permanentes et a des relations anormales avec son grand voisin. Le Gouvernement des Etats-Unis a imposé cette situation comme prix à payer pour un petit pays qui souhaite vraiment être indépendant.

La souveraineté nationale cubaine a signifié l'autodétermination dans les domaines de la politique, de l'économie, de la société, de la culture et de la politique étrangère. Les politiques choisies par la nation impliquent une rupture avec les schémas traditionnels et une révolution sociale, économique, politique et culturels ainsi que l'indépendance dans les relations extérieures.

Dans le gouvernement des Etats-Unis et dans de larges secteurs de la société états-unienne, l'autodétermination nationale fut assimilé avec de l'anti-américanisme. Cependant, le mouvement révolutionnaire n'a jamais été anti-états-unien mas il est ocntre le contrôle néo-colonial imposé par les Etats-Unis. En se comportant comme une puissance colonialiste, les Etats-Unis ont interprété le droit à la libre détermination comme une menace pour leurs propres intérêts à Cuba.

La Révolution cubaine a essayé de construire un Etat-nation avec des institutions gouvernementales et d'Etat unifiées et centralisées qui sont soutenues par une idéologie nationale unique découlant des concepts de solidarité et de défense des pas et des peuples les moins développés du monde.

La construction de la nation a été comprise par les Cubains comme un processus social, politique, économique et culturel dans lesquels une population active et des groupes et des institutions organisés prennent les décisions. Cela implique un processus de décolonisation qui prend le contrôle de ses systèmes vitaux, loin des intérêts étrangers. Au contraire, les Etats-Unis ont assimilé la décolonisation ou la nationalisation des institutions cubaines au communisme.

Le nationalisme cubain en termes économiques signifie la création d'une économie dans laquelle les principales ressources sont sous le contrôle des Cubains et de leur Etat. Cela signifie la nationalisation des moyens de production. La nationalisation a affecté les investissements étrangers sur l'île. Cela a été vu par les Etats-Unis comme une attaque contre le capitalisme même quand les moyens deproduction ont été transférés à des capitalistes cubains.

Le nationalisme cubain en termes politiques signifie que les révolutionnaires cubains ont soutenu le droit à la souveraineté et même le droit à la non-ingérence dans les affaires intérieures de l'île. "Cuba aux Cubains" semblait très semblable à la réaction sudiste contre les “Carpetbaggers” du Nord après la guerre civile aux Etats-Unis. Les Cubains ont souligné le fait que la souveraineté impliquait l'égalité des nations. Mais le gouvernement des Etats-Unis réclamait le droit de dire aux Cubains comment ils devaient organiser leur propre pays. Pour étrange que cela paraisse, le mouvement en faveur des droits de l'Etat dans le Sud profond (malgré la différence substantielle en matière de justice et d'égalité ) ressembalit fortement aux arguments de Cuba pour son autodétermination.

Le nationalisme culturel entraîna, en outre, au quotidien, les révolutionnaires à proclamer que les produits cubains étaient aussi bons que les produits états-uniens (l'offre de Coppelia contre celle de Baskin Robbins), "ce qui est cubain est beau" devint un sentiment lié à l'indépendance culturelle. En 1959, les capitalistes cubains déclaraient: "Consommez des produits cubains".

Evidemment, ces politiques provoquèrent un conflit avec les Etats-Unis qui considéraient les Caraïbes comme leur arrière-cour. La Doctrina Monroe, proclamée unilatéralement par les Etats-Unis en 1823 établissait le droit des Etats-Unis de dire à l'Amérique Latine ce qui était le mieux pour la région.

Ce que les Cubains considéraient comme un droit à la libre détermination, pour les Etats-Unis, était "subversion communiste" et pénétration soviétique dans leur sphère d’influence. Implicitement, dans cette politique envers l'Amérique Latine, perçait le pré-supposé que les intérêts régionaux devaient coïncider avec les intérêts des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont trouvé à l'intérieur de Cuba des alliés qui se sont identifiés avec les intérêts états-uniens mais ils venaient surtout des hautes classes qui avaient bénéficié dans le passé des relations avec les Etats-Unis. Les Etats-Unis et leurs alliés en Amérique Latine ont parlé de pan-américanisme mais au sud de leurs frontières, il y avait eu dès les années 1820, un latino-américanisme basé sur un concept différent de l'unité hémisphérique - un latino-américanisme entre égaux et sans la domination des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont vu toute tentative d'indépendance nationale, de libération nationale ou de révolution sociale aussi bien à Cuba qu'en Amérique Latine, comme un anti-capitalisme (qui signifie communisme) et un défi à son hégémonie dans l'hémisphère et tout gouvernement qui défiait cet état de choses était qualifié de "dictatorial" et de "pro-soviétique. Les Etats-Unis ont tenté d'occulter leurs pour récupérer leur contrôle sur Cuba sous le manteau de la lutte contre le communisme et la défense de la "démocratie" et se sont alliés avec ces classes et ces secteurs de la haute classe cubaine opposés à la révolution socio-économique et politique.

Les révolutionnaires cubains ont réagi en identifiant le statut néo-colonial antérieur avec le contrôle états-unien et le capitalisme états-unien et par conséquent ont opté pour une position anti-capitaliste qui s'est identifiée comme socialisme.

L'indépendance nationale et le socialisme ont fini par signifier la même chose. Les révolutionnaires cubains ont attaché leur destin aux basses classes, aux travailleurs et aux pauvres qui ont bénéficié au maximum du changement drastique dans les relations de pouvoir.

Aujourd'hui, Cuba et une partie importante de l'Amérique Latine construisent de nombreuses alliances, des institutions et des programmes qui éventuellement pourraient convertir la région en cette grande nation du Sud, alors que les Etats-Unis semblent incapables de comprendre ce qui arrive dans d'autres parties de l'hémisphère. Par conséquent, les erreurs quio nt été commises contre Cuba continuent à se répéter en d'autres endroits.

Le gouvernement des Etats-Unis a décidé à nouveau d'avoir des relations diplomatiques officielles avec Cuba, qui seront rétablies ce 14 août. Cependant, la plupart des restrictions économiques et commerciales imposées depuis les années 60 du siècle dernier n'ont pas pris fin. Nous espérons que cela change dans l'avenir immédiat. Alors, il faudra attendre et voir si l'intervention nord-américaine dans les affaires intérieures de Cuba prendra également fin. Si cela arrive, alors commencera réellement une nouvelle période dans l'histoire de l'Hémisphère.

(Cet article a été écrit avec l'aide de Robert Sandels et publié à l'origine en anglais sur Counterpunch. Il a été traduit par Raúl Fergo pour Cubadebate)

Source en espagnol:

http://www.cubadebate.cu/?p=616071#.Vc2ZLHg4YRE

 

SOURCE:

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