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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par Michel El Diablo

ALLEMAGNE:  Après le Nouvel An à COLOGNE et ses suites : « Non au racisme ! Non à la violence sexuelle »

Klaus Stein, secrétaire de la section du Parti communiste allemand (DKP) du district de Cologne, fait le point sur les suites et les instrumentalisations politiques, les manifestations et contre-manifestations à Cologne et dans toute l’Allemagne depuis les agressions du Nouvel An, traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf »,  le 14 janvier 2016

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« Bilan de la police : atmosphère décontractée, les festivités se poursuivent pacifiquement » : voilà ce qu’on lit dans le premier communiqué de la presse à propos de la nuit de la Saint-Sylvestre. Un peu plus tard, selon la police de Cologne elle-même, elle a dû intervenir principalement pour des blessures corporelles (80 interventions), du tapage (76) et des dégradations de biens (20) : des chiffres qui se situent à peu près au niveau de l’année précédente. Mais, dès le 1er janvier, le site internet du journal « Kölnische Rundschau » fait état « d’exceptions dramatiques ». On apprend progressivement qu’il a eu de nombreuses agressions sexuelles et deux viols caractérisés à l’intérieur et aux abords de la gare centrale de Cologne. A cause de leur trop grand nombre, toutes les plaintes n’ont pas pu être enregistrées la nuit des faits par les deux fonctionnaires en service. Comme agresseurs possibles, la police envisage de jeunes hommes nord-africains, un groupe de pickpockets et de voleurs à la tire qu’elle a plus ou moins identifié. Mais bientôt, il est question de 1000 Nord-Africains ou Arabes.

Le ministre fédéral de la justice Heiko Maas soupçonne une action concertée des auteurs.

Rainer Wendt du syndicat allemand de la police met en garde contre une généralisation de la suspicion à l’encontre des réfugiés. Mais le même se demande comment il se fait qu’un tollé n’a pas (encore) éclaté. « Visiblement, les auteurs font de « mauvais » coupables. S’il s’était agi d’autres, par exemple de membres d’Hogesa [Hooligans contre les Salafistes], cela fait longtemps que l’on entendrait le tollé ». Dans le cas de musulmans, il y aurait manifestement une tendance à esquiver. Le ministre fédéral de l’intérieur s’écarte de la même façon de toute suspicion généralisée, du moins « à ce stade de l’enquête ». Mais il ajoute « qu’aucun tabou ne saurait être érigé ». L’état de droit dispose « déjà des moyens d’éloigner de tels délinquants. Les demandeurs d’asile déboutés sont soumis aux dispositions légales normales d’expulsion ». Le New York Times titre : les attaques contre des femmes allemandes enflamment le débat sur les migrants.

Le 5 janvier, 400 femmes ont manifesté contre le sexisme et le racisme sur le parvis de la cathédrale. Le lendemain, le Pro-NRW [parti d’extrême-droite régional « pour la Rhénanie du Nord – Westphalie »] voulait appeler publiquement à « un contrôle de la testostérone d’un millier de nouveaux habitants de la ville ayant l’air de venir de pays du sud au vu de leur chasse aux femmes autochtones ». Il en a cependant été empêché par l’action de 200 antifascistes qui ont recouvert sa voix. Le même jour, les « Rockers et videurs » [mouvance d’extrême-droite] annoncent, en compagnie d’hooligans, leur intention de nettoyer le centre-ville des étrangers. Pour le samedi 9 janvier, Pegida NRW [branche régionale du mouvement des « patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident »] appelle à une manifestation à Cologne.

La coordination « Cologne contre la droite » prend en charge la contre-manifestation. Le slogan : « Arrêter Pegida-NRW ! Non au racisme ! Non à la violence sexuelle ! ». Par ailleurs, les mouvements féminins mobilisent. Ils organisent sur le parvis de la cathédrale une « flashmob [mobilisation éclair] contre la violence masculine ». Les quelque 1000 participantes rejoignent ensuite la manifestation de « Cologne contre la droite ». Là aussi ont pris la parole exclusivement des femmes. Pour elles, la violence sexuelle des hommes appartient à la culture de tous les jours de la République fédérale, qu’elle se manifeste au carnaval de Cologne ou à la fête de la bière de Munich, et elle n’est pas liée à la nationalité, à l’origine ou à la religion. Pegida instrumentalise la colère face aux agressions sexuelles à des fins d’incitation au racisme.

Ce n’est pas 1300 personnes, comme les médias dominants l’ont compté, mais 4000 qui se sont rassemblées sur la place de Breslau dans la manifestation contre Pegida. En face d’eux, se trouvaient 1500 néonazis organisés et hooligans de la mouvance Hogesa soigneusement séparés par un cordon de police. Les nazis ont déversé pendant une demi-heure des cailloux, des bouteilles et des pétards sur les policiers jusqu’à ce que les canons à eau les arrêtent et dissolvent le groupe.

Le 11 janvier, le ministre régional de l’intérieur, Ralf Jäger, a parlé devant la commission aux affaires intérieures du parlement régional (Landtag). Il avait déjà suspendu le président de la police de Cologne, Albers. Entre temps, le nombre des plaintes s’est élevé à 516, dont, dans 237 cas, pour délit sexuel présumé seulement et, dans 107 autres cas, avec vol. A cela s’ajoutent 279 cas d’agressions corporelles ayant entraîné des blessures ou d’atteintes aux biens. Les motifs d’interpellation à l’encontre des 19 suspects déjà arrêtés à ce moment (dont 14 du Maroc et d’Algérie) sont d’abord sexuels, ce qui – pour le ministre – différencient ces actes des délits de vol à la tire [suivant la méthode de l’« Antanz-Maschen »] connus jusqu’à présent.

Le 10 janvier, plusieurs centaines de « Rockers » et de Hooligans se sont livrés à une chasse aux Africains et aux Pakistanais à travers la vielle ville de Cologne en blessant certains gravement. L’élu CDU Theo Kruse a mis en garde à la commission du Landtag devant le développement d’un sentiment d’impunité en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Après les affreux événements de Cologne, des citoyens pourraient se faire justice par eux-mêmes. Fait-il référence à des incendies de foyer de réfugiés ? Pense-t-il à la chasse aux Africains et aux Pakistanais ? Dès samedi, la présidence de la CDU a annoncé dans sa « déclaration de Mayence » sa décision de prévoir l’expulsion des réfugiés, même s’ils ne sont condamnés qu’à des peines de sursis.

Le sentiment d’impunité conduit à la dissolution du droit. Des derniers vestiges du droit d’asile ? De la Convention de Genève sur les réfugiés ?

Car pour mener la guerre contre le reste du monde, l’impérialisme a besoin de la forteresse Europe vis-à-vis de l’extérieur et de la terreur chez lui.

Klaus Stein, secrétaire de la section du DKP du district de Cologne, 12 janvier 2016

 

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