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El Diablo

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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

source : Humanité Dimanche du 5 septembre 2013

source : Humanité Dimanche du 5 septembre 2013

Alors que le projet de loi contre le code du travail passe en Conseil des ministres et que ce jeudi est aussi une journée d’action contre ce texte, les reportages de « Cash investigation »  mardi soir sur France 2 nous ont donné une idée  de l’usage  que le patronat ferait de cette loi  pour amplifier la précarisation de l’emploi en France via  le recours massif à cette forme d’exploitation esclavagiste

Mardi soir (22 mars 2016) sur France 2, à une heure de grande écoute, l’émission d’Elise Lucet  « Cash Investigation » nous a montré comment fonctionnait en Europe cette spirale de la régression sociale via l’utilisation de plus en plus massive des travailleurs détachés. Qu’il s’agisse des gros chantiers pilotés par Bouygues  et EDF où des transports de Géodis, filiale de la SNCF,  la sous-traitance  et l’intervention des cabinets de recrutement   ouvrent la porte à tous les abus,  à de l’escroquerie et à  de l’esclavage  en France. On imagine que la situation est encore pire dans d’autres pays d’Europe, à commence par l’Allemagne  qui est le plus gros utilisateur européen de travailleurs détachés.

Depuis  1996, une directive européenne  permet ainsi de recourir à des « travailleurs détachés » de leur pays  pour travailler dans un autre pays. Mais le phénomène  n’a pris son plein essor qu’après l’adhésion des pays  d’Europe centrale à l’Union européenne  en 2004,  puis en 2007 pour la  Roumanie et la Bulgarie.  Cette directive prévoit  que ces travailleurs  doivent, à qualification identique,  percevoir les mêmes salaires que les salariés du pays dans lequel ils travaillent tandis que les cotisations sociales, versées  dans le pays d’origine  sont  celles de ce même pays d’origine. Ce qui constitue d’une part un manque à gagner pour notre protection sociale  et qui ouvre d’autre part  la porte à de nombreuses tricheries comme la montré l’émission de mardi soir.

Dans le transport routier, le reportage de France 2 a bien montré comment les chauffeurs de poids lourds de nationalité française perdent leur travail du fait des délocalisations que les employeurs effectuent dans les pays de l’Est via leurs filiales. Malgré  des salaires nets très bas, les chauffeurs roumains  gagnent plus d’argent en France que chez eux via les primes journalières  économisées en dormant dans la cabine de son camion. Sur les chantiers français, la présence de plus en plus massive  de travailleurs détachés et sous payés crée des distorsions de concurrence  qui à leur tour  alimentent un recours  toujours accru à ce type de recrutement  au point que cela devient  un problème de survie pour les PME du bâtiment comme la montré un petit entrepreneur de Haute Loire  qui n’utilise pas encore ces travailleurs détachés.

Il convient à ce stade de se poser la question suivante : la loi El Khomri  via la casse du code du travail et  la facilitation des licenciements  que le gouvernement et le président de la République veulent mettre en place ne va-t-elle pas servir  à amplifier considérablement le recours aux travailleurs  détachés en France ? Avec la mise en place de cette loi, il est prévu de faciliter les licenciements   en période de baisse d’activité  dans toutes les entreprises  pour, nous dit-on, embaucher  ensuite,  dès que l’augmentation des commandes  le permet. C’est le contrat de travail «agile» souhaité par Pierre Gattaz, président du MEDEF. Voilà pour la théorie.

En pratique,  on peut penser que bien des entreprises  sauront filialiser des activités pour créer, dans tel établissement ou sur tel chantier,  des réductions d’activités avec des productions provisoirement transférées ailleurs afin, par exemple,  de licencier des salariés de plus de 50 ans usés par le travail . Et quand l’activité reprendra sur des sites ainsi « nettoyés »  des hommes et des femmes auxquels il  aurait été  légitime de proposer des postes de travail allégés, on oubliera ces travailleurs mis définitivement au rebut  en recourant, si de besoin, à  toujours plus aux travailleurs détachés à la fois plus performants  et moins payés. Puisque la facilitation des licenciements facilite aussi le tri sélectif à la débauche comme à l’embauche,  la loi El Khomri,  si elle est votée, traitera les humains comme des déchets ménagers  via ce tri sélectif. Certains seront recyclés, d’autres iront à la décharge. Ce tri  se fera au détriment des salariés diminués par des décennies d’exploitation, français ou immigrés en situation régulière ; mais aussi  des jeunes insuffisamment formés.

Voilà ce que n’ont pas voulu voir des gens comme Philippe Aghion , Agnès Bénassy-Quéré, Olivier Blanchard , Pierre Cahuc , Elie Cohen , Marc Ferracci, Augustin Landier  Jean Tirole et quelques autres  dans leur tribune du Monde le 5 mars. Selon ces gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine,  le projet de loi El Khomri  « représente  une  avancée  pour les plus fragiles. En réduisant  fortement l’incertitude attachée à la rupture des contrats de travail, il incite les entreprises à revenir  vers des embauches en CDI. C’est  un moyen de lutter efficacement  contre les inégalités et la précarité », écrivent  ces personnalités.  De quoi tirent-ils cette certitude purement verbale ?  Disons qu’ils savent  nourrir leurs ordinateurs de données qui, à l’issue de calculs savants,  leur donnent les résultats qu’ils attendent  en termes d’études prospectives pour le plus grand bonheur du pouvoir politique et du MEDEF. Notons d’ailleurs au passage que les trois principales personnalités qui portent cette loi -  Myriam El Khomri,  Manuel  Valls et François  Hollande - n’ont jamais véritablement  travaillé en entreprise,  absorbés très tôt  comme  salariés dans l’appareil du PS ou dans les cabinets ministériels. Voilà  qui ne prépare guère pour faire preuve de lucidité sur les prétendues vertus  d’une loi  rédigée sous la dictée  du MEDEF. Mais François Hollande veut cette loi pour tenter de faire diversion par rapport à une promesse non tenue  et désormais intenable pour lui d’inverser  la courbe du chômage durant son quinquennat.

Concernant les  retombées de cette loi sur le recul du chômage en France, rappelons  ici ce que disait Augustin Landier dans le Monde du   17 mars : « la principale vertu de ce texte, ce n’est pas de faire baisser le taux de chômage global a court terme, mais d’augmenter la probabilité  pour chacun d’obtenir en un temps raisonnable un emploi stable (…) On peut avoir 10% de chômeurs, si les gens retrouvent un emploi en trois mois , il n’y a pas de sujet grave!» , ajoutait-il.

Sachant  que la durée moyenne d’inscription  à Pôle emploi  est de 590 jours pour chaque  inscrit, permettre à tout un chacun de retrouver un emploi en 90 jours suppose pour chaque chômeur une division par sept du temps passé  pour retrouver cet  emploi. A supposer que monsieur Augustin Landier ait raison sur ce point, cela suppose aussi,  qu’avec un taux de chômage qui reste autour de 10%de la population active selon le même Landier,  que  la loi El Khomri  aboutira  aussi à  multiplier par sept les licenciements économiques  tous les mois par rapport à ce qui se passe aujourd’hui.

Et ce sont ces licenciements massifs qui permettront d’accélérer un tri sélectif  qui deviendra permanent et dans lequel  le recours aux travailleurs détachés  pourrait jouer un rôle majeur pour généraliser les bas salaires et la précarité.

 

 

GÉRARD LE PUILL

JEUDI, 24 MARS, 2016

 

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