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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel El Diablo

David Cameron, Premier ministre britannique - © Dylan MartinezSource: Reuters

David Cameron, Premier ministre britannique - © Dylan MartinezSource: Reuters

«Les référendums sont dangereux, spécialement pour l’Europe», ces propos de Pierre Moscovici reflètent quelque chose qui, d'après le spécialiste des questions européennes Pierre Lévy, hante les politiciens européens.

Personne ne connaissait à l’avance le détail des péripéties. Mais l’issue ne faisait aucun doute : le 19 février, le Conseil européen a scellé un « accord » entre le Premier ministre britannique et ses vingt-sept partenaires dessinant un « statut spécial » pour le Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

Le « bras de fer » mis en scène depuis quelques semaines n’avait qu’un seul but, confiaient les eurocrates eux-mêmes : aider David Cameron à faire valoir auprès de ses électeurs qu’il s’est « battu comme un lion ». A peine le compromis scellé, celui-ci a indiqué – ce dont personne ne doutait – qu’il ferait campagne « avec toute son âme et tout son cœur » pour que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne – une question qui sera tranchée lors du référendum finalement prévu dès le 23 juin prochain.

A Bruxelles, on s’estime perdant dans tous les cas

Si la réponse à cette consultation devait être négative, ce serait un « scénario catastrophe », le début de la « désintégration » européenne, s’alarment des diplomates et dirigeants européens. Le Monde – parmi tant d’autres – a consacré deux éditoriaux à montrer la « gravité du péril ». Le Forum économique mondial (les organisateurs de Davos) a été l’un des premiers à s’alarmer dans ce cas d’un effet domino sur des pays comme les Pays-Bas, la France, et bien d’autres.

Sauf qu’à Bruxelles, on s’estime perdant dans tous les cas. Car même si les électeurs anglais devaient finalement refuser la sortie de l’Union (« Brexit »), les concessions symboliquement accordées à Londres ne manqueraient pas de faire des émules : le groupe socialiste à l’europarlement considère ainsi que le Conseil s’est soldé par une « victoire à la Pyrrhus » ouvrant la voie à une « détricotage » via la multiplication de « chantages au référendum » à prévoir dans de nombreux pays.

Il est par ailleurs prévu que le compromis sera caduc si le peuple anglais décide finalement de sortir. Une hypothèse de moins en moins improbable. Ainsi, l’aile des Conservateurs favorables au Brexit a reçu le soutien de pas moins de six ministres.

Pire encore : le lendemain du Conseil, le maire de Londres, le conservateur Boris Johnson, a indiqué qu’il ferait également campagne dans ce sens, allant jusqu’à évoquer « un processus légal de colonisation » par l’UE. « Personne ne peut prétendre que (cet accord) est une réforme fondamentale de l'UE ou de la relation de la Grande-Bretagne avec l'UE » a déclaré celui-ci, insistant sur une « perte de souveraineté » qui interdit de renvoyer par une élection les vrais responsables qui prennent les décisions essentielles.

Déjà M. Cameron a donné le ton de la campagne pour le Oui, qui n’hésitera pas à agiter la peur du chaos économique ... et de périls géopolitiques face à la Russie ou à Daech

Non seulement une telle prise de position risque peser lourd, car l’édile est très populaire, mais elle traduit une dynamique. On prête en effet à M. Johnson l’ambition de devenir Premier ministre ; on peut donc penser que ce fin politique voit dans la popularité du « Brexit » un atout pour son propre avenir.

Mais le camp du Oui compte des soutiens de poids, à commencer par la grande majorité du patronat d’outre-Manche, et, plus encore, la City, mais aussi… le président américain, qui ne manque jamais une occasion de rappeler l’importance, pour les USA, d’une Angleterre dans l’Union (et ce, pour des raisons qui remontent à l’origine même de l’intégration européenne, comme l’a excellemment montré ici John Laughland).

Déjà M. Cameron a donné le ton de la campagne pour le Oui, qui n’hésitera pas à agiter la peur du chaos économique – les agences de notation viennent de lui prêter main forte – et de périls géopolitiques face à la Russie ou à Daech. « Ce n’est pas le moment de diviser l’Occident », a-t-il ainsi cru bon d’asséner dans son discours aux Communes. En précisant que le président Poutine serait « le seul gagnant » d’un vote Non. C’est tout juste si le locataire de Downing Street n’a pas menacé de voir la Grande-Bretagne devenir une deuxième Crimée.

Reste que l’inquiétude à Bruxelles grandit. Pierre Moscovici, commissaire chargé de l’Economie, a martelé, le 21 février sur France 5, que la seule option raisonnable étant que la Grande-Bretagne reste « dans une Europe unie ». Pour confier, quelques instants plus tard : « les référendums sont dangereux, spécialement pour l’Europe ».

Un spectre hante décidément l’Europe : celui de la démocratie…

 

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