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Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

François Hollande à Bratislava, le 16 septembre 2016 (Leonhard FoegerSource: Reuters)

François Hollande à Bratislava, le 16 septembre 2016 (Leonhard FoegerSource: Reuters)

Le Conseil européen qui s’est tenu le 16 septembre a traduit le désarroi et les divisions au sein des vingt-sept après le séisme du référendum britannique. Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy décrypte les enjeux cachés du sommet.

Bratislava, 16 septembre. La capitale slovaque est paralysée, du fait des mesures de sécurité. En cause : le Conseil européen (informel, car le Royaume-Uni n’a pas été convié), dont la réunion avait été décidée dans la foulée du vote britannique, le 23 juin dernier. La victoire du Brexit avait littéralement paniqué les dirigeants européens.

Trois mois plus tard, ces derniers ne se portent guère mieux. Ils mesurent l’ampleur du séisme, qui pourrait provoquer rien de moins que la mort de l’UE.

Le premier vice-président de la Commission, le Néerlandais Frans Timmermans, notait ainsi récemment : «C’est la première fois, dans mon expérience européenne, que je pense que le projet pourrait réellement échouer.» Pour Enrico Letta, prédécesseur de Matteo Renzi à la tête du gouvernement italien, «l’Europe(est) menacée… ou pire encore», car le Brexit est «un désastre qui a mis à mal l’idée même du projet» européen.

Dès lors, l’ordre du jour implicite du Conseil pouvait s’énoncer simplement : peut-on éviter la «dislocation» de l’Union ? D’autant que les symboles ont joué des tours aux organisateurs : la croisière sur la Danube a dû être écourtée, tant le niveau du fleuve était bas. Avec un certain sens de l’autodérision sur ces basses-eaux européennes, le Premier ministre maltais a commenté : «nous sommes tous sur le même bateau». Cerise sur le bateau, le palace flottant affrété battait pavillon… allemand.

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