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Publié par El Diablo

photo : el diablo

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49 ans. Fidel Castro aura dirigé Cuba pendant près d’un demi-siècle, avant de passer le flambeau à son frère Raoul en 2008. Son décès, le 25 novembre dernier, a provoqué des réactions à la mesure du rôle qu’il a joué non seulement à la tête de son pays, mais dans l’histoire du XXème siècle.

Une chronique publiée par Le Figaro rendit immédiatement hommage au « boucher de La Havane ». Quand elles viennent d’un certain côté, la rage et l’outrance valent compliments. Au demeurant, c’est d’abord au peuple cubain de juger. Lors d’un reportage diffusé par France 2 (qui ne passe pas pour un repaire de pro-castristes échevelés) sur le trajet effectué par les cendres du Commandante, une villageoise confiait, les larmes aux yeux : « j’ai confiance dans l’avenir de mon pays ». Une phrase toute simple, qu’on peine pourtant à imaginer prononcée dans un des « riches » pays occidentaux.

Même parmi les critiques les plus acerbes, beaucoup reconnaissent les remarquables résultats obtenus par exemple dans le domaine de l’éducation, ou bien de la santé (Cuba était même à la pointe de la recherche mondiale pour le traitement de certains cancers). Et si le niveau de vie n’égalait évidemment pas celui de la Norvège, il convient de rappeler le point de départ de l’île lorsque les Barbudos chassèrent la marionnette de Washington, Fulgencio Batista. La comparaison avec le malheureux voisin haïtien d’aujourd’hui, en proie à la misère la plus noire, aux épidémies ravageuses et au dénuement lié à l’absence d’Etat, est édifiante.

Certes, Cuba n’est pas sorti des difficultés auxquels le pays est depuis longtemps confronté. Et le système n’y est exempt ni d’erreurs, ni de pesanteurs paralysantes. Encore faut-il comprendre celles-ci dans le contexte du brutal embargo décrété par Washington en 1962, et dont le principe n’a été remis en cause que récemment – et encore, avec quelle timidité ! Pour la seule année 2014 par exemple, le blocus a coûté au peuple cubain la bagatelle de 116 milliards de dollars… L’Union européenne vient pour sa part de signer un accord d’association avec La Havane, après avoir, des années durant, imposé son propre système de sanctions.

Au demeurant, les dirigeants cubains n’ont pas la prétention d’ériger leur pays en modèle. Il n’est en revanche pas interdit de tirer quelques leçons « à l’ère de la mondialisation » selon l’expression consacrée. Le mantra idéologique le plus rabâché est que désormais « plus aucun pays ne peut espérer s’en sortir seul ». Et que le plus grand péril qui menace les Etats serait de sombrer dans l’isolement. La France, en particulier, n’y survivrait pas… alors que l’île des Caraïbes, quasiment sans matière première ni énergie, et dans un sous-développement absolu il y a quelques décennies encore, a eu le courage de faire face !

Cuba n’a pas choisi l’isolement. Il lui a été imposé, avec son cortège de sacrifices cruels dans la vie de tous les jours. Il lui a été imposé parce que ses dirigeants ont refusé de se soumettre à la loi de son voisin impérial. Auraient-ils souscrit à cette tutelle, la vie (d’une partie) des Cubains en aurait peut-être été (un peu) plus douce. Dans un tout autre contexte, le régime de Vichy justifiait déjà la collaboration avec l’Occupant par l’adoucissement des conditions de la défaite, et les avantages économiques que la France pourrait tirer de sa soumission.

Comparaison n’est pas raison, mais comment ne pas faire un certain parallèle avec les plaidoyers pour une « gouvernance mondiale », le libre échange, l’intégration européenne ? Pour le dire vite : pour peu que les citoyens abandonnent leur souveraineté nationale – plus poliment : la « partagent » – et les avantages de la globalisation seront notables pour les consommateurs : tablettes, tee-shirts ou vols « low cost » à prix cassés…

Ce marché, cette logique, les dirigeants cubains ne les ont pas acceptés. Au vu des millions de femmes et d’hommes qui ont tenu à saluer le passage de l’urne funéraire, ce courage était approuvé. Cela s’appelle la dignité. Cela s’appelle l’indépendance.

Les coopérations internationales sont légitimes et nécessaires. Mais pas la soumission. Il faut choisir entre la liberté de décider de son avenir et la baisse du prix des télécoms, estiment en substance les chantres de la « mondialisation heureuse » à la Alain Minc. « Patria o muerte » (la patrie ou la mort) répond comme en écho la devise nationale cubaine.

Il serait mieux d’éviter le stade ultime de cette dernière alternative. Pendant qu’il en est encore temps.

 

P.L.

Éditorial de RUPTURES du 20 décembre 2016

SOURCE:

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Jean-Louis BOUVET 29/12/2016 22:38

Commentaires reçus sur la messagerie du blog :
Quelques réactions au sujet de votre article sur CUBA
j'y suis allé il y a quelques années (2012) je crois
j'entends évidemment ce que la presse de chez nous dit
je suis très fidèle auditeur de France inter Arte deux stations ou les propos sont divers et ou diverses informations peuvent filtrer, suffit d'écouter.
Pour votre information je suis un ancien responsable d'un syndicat d'infirmiers libéraux (ou le vilain mot !!!) je préfère dire que j'ai travaillé avec le statut de travailleur indépendant. A la retraite le 31 en attendant je m'entraine
Les prisonniers politiques à CUBA ??? d'après l'ONU ce serait 500, on ne sait pas si GUATANAMO est inclus puisque ces gens-là n'ont aucun statut
J'ai été surpris par la quasi absence de propagande pro castriste, en dehors de vieux murs peints avec de vieilles peintures, surtout pour le CHE. Je m'en fous : ni dieu ni maitre ni sauveur suprême.
Ce qui m'a surpris c'est la propreté de l'ile, y compris à la campagne. Nous avons pu nous balader dans l'ile en voiture de location en toute quiétude, pas de sous-marin en vue. Flics sympas, même en cramant un sens interdit.
sensation de grande cité ouvrière des années 60, les gens sympas, sourires, pas d'impression d'être dérangeant
Dans La Havane l'éclairage public était déjà en basse consommation. Mais l'habitat en mauvais état. Là il y a du boulot mais difficile d'avoir un super service de santé ; une éducation digne de ce nom et une culture du même tonneau et de faire le reste d'après ce qu'on m'a dit les gens depuis deux ou trois ans commencent à se méfier les uns des autres : la libéralisation est en marche
Quant à la mondialisation évidemment elle est ultra libérale mais elle se transformera. Les peuples commencent à réfléchir et c'est le sens de l'histoire. Le repli sur soi n'est pas une solution. Donc je suis profondément surpris d'entendre des thèses de ce tonneau chez des gens de gauche. PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS qu'il disait le vieux
dernière chose : la SECU personne n'a rendu hommage à cette œuvre démocratique je dirai même démocratiste, hors de l'état si ce n'est qu'il était partenaire. L'élection présidentielle arrive, elle est menacée et FILLON a réussi à nous donner l'impression que JUPPE était un gauchiste. A quand remontent les dernières élections des administrateurs ? Vous rappelez vous que les étrangers cotisants y avaient le droit de vote ? IL FAUT SE BATTRE pour que ce régime devienne réellement universel : une seule cotisation un seul remboursement, un seul régime mais démocratique, paritaire
qui se rappelle des camarades FRACHON, CROIZAT et LAPIERRE ? passez de bonnes fêtes de fin d'année
salutations républicaines et sociales
Jean-Louis BOUVET

COTTY Jean-Louis 28/12/2016 10:04

Honneur et gloire pour le peuple Cubain contre l'embargo et sa résistance lors de l'effondrement du système socialiste en 1989 lors de la période spéciale!!!
Il sut vaincre les difficultés gigantesques accumulés sur son développement à cette époque terrible pour tous les peuples de notre planète Terre..

COTTY Jean-Louis 28/12/2016 10:00

Merci Pierre Levy de mettre en valeur la spécificité et le travail fantastique effectué par le peuple Cubain dans bien des domaines celui de la santé en particulier....
Immense respect envers le parti communiste Cubain.
Salutations fraternelles communistes.