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Publié par El Diablo

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Analyse d’Andrea Catone, historien, militant communiste, repris du site de l’association italienne « Marx21 », traduction AC pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », le 5 décembre 2016

Une tâche immédiate : le maintien et le développement de la mobilisation de la lutte des comités pour la défense de la Constitution de la démocratie économique et sociale.

La victoire éclatante du NON au référendum constitutionnel (59% avec un fort taux de participation, 68%) revêt une énorme importance politique, nationale et internationale.
Ce résultat a été obtenu :
- Malgré l’appareil médiatique tout-puissant au service du gouvernement et de son «patron», omniprésent à la télévision, comme jamais dans un référendum constitutionnel;
- Malgré les principaux dirigeants des pays occidentaux, d’Obama à Merkel, accourus à la rescousse d'un gouvernement décidé à mettre en œuvre leurs orientations politiques;
- Malgré les grandes banques d'affaires et de leurs principaux journaux;
- Malgré la Confindustria [équivalent du Medef en Italie] et Marchionne [Sergio Marchionne, patron, entre autres de Chrisler-Fiat];
- Malgré les grands prêtres des médias pro-gouvernementaux, malgré les intellectuels toujours prêts à retourner leur veste, toujours enclins à suivre le pouvoir en place, toujours prompts à justifier, à l’aide d’une alchimie verbale et de pseudo-raisonnements tordus ses choix opportunistes;
- Malgré les menaces ouvertes d'attaques financières spéculatives sur le système bancaire national;
- Malgré la basse démagogie qui a proposé de vendre le système démocratique constitutionnel en échange d'économies de quatre sous;
- Malgré le discours trompeur du «démolisseur» [« rottamatore », surnom du président du conseil Renzi] qui invite à accepter quoi que ce soit, même quand c’est mauvais, tant que c’est nouveau.
- Malgré les 40 millions de lettres appel
ant à voter OUI, envoyées, aux frais des contribuables, à chaque électeur.
Le front du NON était composite et très divers. Certaines forces politiques, qui ont appelé à voter NON, ne défendent pas la Constitution de 48, mais sont pour le présidentialisme, pour une stabilité gouvernementale au détriment de la représentation nationale, pour le renforcement du pouvoir exécutif et la réduction du rôle du Parlement, contre la proportionnelle et pour le scrutin majoritaire. Ils sont opposés à la Constitution quant à la démocratie économique et sociale et au gouvernement parlementaire. Ils voudraient en supprimer l'article 1 (« L’Italie est une république démocratique, fondée sur le travail ») et tous les autres articles qui s’en inspirent. Plusieurs forces ont appelé à voter NON par calcul politique, pour revenir dans le jeu, peut-être de renégocier avec Renzi une participation à un gouvernement de grande coalition ...
Mais la contribution qualitativement décisive est celle qu'ont apportée ces forces vives qui ont animé la bataille référendaire, qui ont formé, non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les petites communes, des comités mixtes, fondés sur la défense des principes et de l’esprit de la Constitution de 48, qui ont  porté dans toute l'Italie des milliers d'initiatives, conférences, rassemblements, manifestations, avec un militantisme volontaire, autofinancé, provenant de milliers de personnes qui se sont éveillées à la politique au nom de notre Charte constitutionnelle.

Pendant ces mois de bataille référendaire, on a assisté à un réveil, à un sursaut démocratique, à une participation accrue, à un engagement unitaire, au niveau politique le plus élevé, celui d'une lutte de principe, à l'accumulation de forces, au déploiement d'une énergie nouvelle, qui a vu combattre côte-à-côte l’ANPI [association des partisans – issue de la résistance au fascisme] et les organisations d’étudiants, les comités du NO TRIV [activistes contre la prospection pétrolière] et ceux qui s’opposent à  la «bonne école» de  Renzi, les « professeurs » de droit constitutionalistes et les travailleurs en lutte contre le « Jobs Act »…
L’acquis que représente la campagne unitaire sur le front  politique fondamental de la lutte pour la défense de la Constitution de 1948 ne doit pas être dilapidé. Nous devons maintenir et consolider les comités du NON, développer le réseau qui a été construit, renforcer la coordination nationale.

Nous devons travailler politiquement à transformer les comités du NON en comités pour la défense et la mise en œuvre de la Constitution, suivant les principes et l'architecture définie - dans l'un des points les plus forts et les plus unitaires de l'histoire de l'Italie – par les pères fondateurs.
Ceci pour des raisons évidentes, majeures:
L'attaque contre la Constitution, contre ses fondements parlementaires et la démocratie économique et sociale, stoppée aujourd'hui avec le NON, reprendra dès demain, comme c’est arrivé après référendum de 2006, quand a été rejetée la réforme constitutionnelle du gouvernement Berlusconi, Napolitano et Cie qui avait lancé l'attaque contre le bicamérisme, invoquant sa lenteur et la stabilité gouvernementale.
Toute la question est dans la loi électorale hyper-majoritaire, « l'Italicum » [loi électorale de Renzi assurant 55% des sièges au parti arrivé en tête]. Elle a encore plus accentué les vices d'inconstitutionnalité du « porcellum » [loi électorale déjà à prime majoritaire, votée sous Berlusconi]. Contre elle, les comités pour la défense de la constitution, dans de nombreuses villes italiennes, en ont appelé aux tribunaux, sur la base du jugement de la Cour constitutionnelle. La loi électorale - souvenons-nous en - est fondamentale pour traduire la représentation effective des citoyens au sein du parlement de la République.
Les conditions existent aujourd’hui, comme c’est arrivé après 1993, de retrouver l'esprit et la substance du système électoral proportionnel pur, sans entrave, contenu implicitement dans l’application de la Constitution de 1948.
La lutte pour la défense et la mise en œuvre de la Constitution peut constituer le terrain commun pour l'unité d'action et de lutte des forces de gauche, démocratiques et antifascistes, sur le front politique et constitutionnel et sur le plan économique et social, dans le domaine intérieur et international, pour affirmer la souveraineté du peuple

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