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Publié par El Diablo

Quand "France Télévisions" ne peut cacher l'aversion de la bourgeoisie française, du pouvoir PS en premier, vis-à-vis de Donald Trump...Pourquoi ? [Par Jean Lévy]

La journée d'investiture du nouveau président des Etats-Unis a donné une nouvelle occasion aux chaînes publiques d'information d'exprimer l'hostilité de notre bourgeoisie, du pouvoir PS en premier, envers la nouvelle administration américaine.

Durant le message présidentiel retransmis en direct, la traduction au fil du discours traduisait la rage de voir à la tête des Etats-Unis un dirigeant, qui ne se voulait plus être le "commandant en chef du monde libre". Pire, Donald Trump prônait avec son slogan "America first" une politique isolationniste pour son pays, dénonçant l'interventionnisme en territoire étranger de ses prédécesseurs.

C'en était trop pour le commentateur français.

Aussi, le qualificatif de "populiste" a visé très vite le nouveau président, celui-ci se permettant de rester fidèle aux engagements pris par lui pendant la campagne électorale, sans la moindre concession vis-à-vis de l'"establishment «de Washington, ce qui pour le moins semblait une 'faute de goût" pour le commentateur.

L'hostilité vis-à-vis de Donald Trump était telle, que le journaliste du JT de 20h sur France2 en est venu à prendre parti pour quelques dizaines de casseurs cagoulés en train de briser à des vitrines proches du Capitole, qualifiés avec sympathie de "manifestants" au nouveau président...

Mais que cache cette attitude de "mauvais perdant" ?

C'est vrai, l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, après le Brexit, exprime un nouvel rapport de force dans le monde dérégulé, ouvert à tous les vents du libre-échange.

Une fraction de l'oligarchie - qui s'est exprimée d'abord en Grande-Bretagne avec le "Brexit" - mesure les dégâts, fruits du « tout financier" qui a mené à la destruction des industries, au délabrement des infrastructures, à la crise généralisée, avec l'austérité imposée à des centaines de millions de consommateurs dans le monde, facteur de moindres profits pour le capital. D'où la césure de celui-ci.

Donald Trump comme Theresa May en Grande-Bretagne se sont faits les héros d'une politique alternative. Bien sûr, ils se heurtent à la résistance de ceux pour qui le libre-échange, la libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises, faisaient la fortune. En premier lieu, les fanatiques de l'Union européenne, de l'Europe sans frontières, les financiers et leurs fondés de pouvoir politique. Nous en avons l'écho en France où les tenants du capital spéculatif, pour qui les salles de marchés remplacent avantageusement les usines, hurlent à la mort par leurs médias interposés, face à ceux qui veulent s’en prendre à leur os...

Le monde du travail n'a pas à choisir parmi ceux qui l'exploitent. Mais il ne peut rester indifférent aux choix qu'on lui impose : des usines contre des fonds de pension, un cadre national, une nation souveraine ou un monde déréglé sans lois qui protègent. La bourgeoisie française, la social-démocratie en premier, a fait son choix, celui du " renard libre dans un poulailler libre" et pleure l'Oncle Sam, le protecteur perdu.

Nul doute qu'elle en cherche un autre, de l'autre côté du Rhin.

Ce ne serait pas la première fois.

J.L.

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