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Publié par El Diablo

source affiche : initiative communiste prcf

source affiche : initiative communiste prcf

A deux mois de l'élection présidentielle, les grandes manœuvres de l'oligarchie vont-elles priver notre peuple de s'exprimer en toute liberté ? [Par Jean Lévy]

Le Piège

Ainsi, ce matin, les infos nous apprennent que Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, à défaut de s'entendre sur une candidature commune, ont décidé, durant la campagne, de ne" pas s'attaquer l'un l'autre" et d'observer entre eux une sorte de neutralité.

Cette prise de position, de la part du leader de "La France Insoumise", nous interroge et nous inquiète. Benoît Hamon est bien le candidat du Parti socialiste. Celui-ci a détenu tous les lieux de pouvoir pendant ces cinq dernières années : la présidence de la République, les divers gouvernements qui se sont succédés, la grande majorité des députés et des sénateurs. Les socialistes détenaient, au début de la législature, l'exécutif de la quasi-totalité, des départements et des municipalités.

Ils avaient donc tous les moyens d'appliquer la politique sur laquelle, Président en tête, ils avaient été élus. Ils ont tourné le dos à tous leurs engagements. De la "Finance", soi-disant leur ennemie, ils ont - sans état d'âme - légiférer en sa faveur, obéit aux consignes du Medef, privé le monde du travail des filets de protection que Code et conventions collectives, ils ont livré aux patrons la main-d’œuvre salariée.

En cela, François Hollande, ses ministres et ses élus n'ont fait qu'appliquer les directives de Bruxelles, la loi d'airain de l'Union européenne imposant comme loi fondamentale la libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises dans le cadre de la loi du libre marché.

Cette politique, contraire aux engagements pris devant les électeurs, a suscité une immense colère populaire. Les mouvements sociaux du printemps ont illustré le climat du rejet du pouvoir dit "socialiste". C'était l'époque où fleurissait le slogan : "Le peuple déteste le PS !"

Face à cette situation, François Hollande a jeté l'éponge : il a décidé de ne pas se représenter, une première pour un Président de la République. Puis l'électorat socialiste a éliminé Manuel Valls, jugé co-responsable du discrédit touchant le parti qui était aux manettes durant cette législature. De même, à droite, lors de sa primaire, les électeurs ont éliminé Sarkozy et Juppé, considérés également responsables de la politique rejetée en 2012, ont changé de cheval avec François Fillon.

Confrontées à un tel désaveu, les forces de l'argent se sont inquiétées : il fallait mettre en place un dispositif nouveau pour, non seulement poursuivre la politique condamnée, mais aller plus loin dans la mise en cause de ce qui subsistait encore de la protection et des droits sociaux, considérés par le Medef comme des entraves à la libre exploitation des couches laborieuses et de l'ensemble de la population.

D’où la sortie du chapeau du lapin Macron.

Il fallait de faire de cet ancien associé-gérant de la banque Rothschild, un homme "neuf" en politique. Choisi d'abord comme conseiller économique de François Hollande, il est promu ministre de l'Economie en 2014. C'est lui le promoteur, entre autres, de la loi travail Myriam Khomri qui vise à démanteler le Code du Travail afin de livrer sans défense les salariés au bon vouloir de leurs employeurs. C'est encore Macron qui participe au saccage de la SNCF en lançant sur le marché les fameux cars privés. C'est toujours Macron qui créé les emplois Uber, transformant les salariés en soi-disant autoentrepreneurs, nouveaux esclaves privés de protection sociale, de la Sécu, de congés et de retraites.

Emmanuel Macron est promu par la classe dirigeante le futur sauveur.

Fallait-il encore l'introniser parmi les larges masses.

Patronat et politiciens à sa dévotion ont donc conçu une stratégie pour y parvenir.

Il fallait à Macron prendre du champ pour sortir de l'opprobre visant le PS : il démissionne du gouvernement Valls en juillet et commence un grand show télévisé à outrance. Les médias aux mains des puissances d'argent font la UNE de leurs 'news', au profit du grand homme qui lancent sur le marché comme une eau de toilette. Et la campagne de 'pub' s'étend au long de l'automne. Ainsi sponsorisé, il se déclare candidat au milieu de ses 'fans', dûment chapeautés et rémunérés.

Faut-il, maintenant qu'il est le champ libre vers l'Elysée.

La droite traditionnellement extrême se choisit, elle aussi, un candidat qui a le soutien remarqué des Assurances privées. François Fillon ne cache pas sa relation avec l'ancien PDG d'AXA et de son Institut Montaigne. De ce côté, sa candidature peut faire de l'ombre à celle d'Emmanuel Macron, tout en concurrençant Marine Le Pen, dans son électorat le plus réactionnaire. Malgré cet aspect, "Le Canard Enchaîné" sort providentiellement un dossier accablant sur la moralité du candidat des Républicains. Ce qui perturbe la campagne de celui-ci et sert les intérêts d'Emmanuel Macron.

Car l'enjeu est simple : la place parmi les deux premiers candidats au premier tour, ce qui qualifie automatiquement celui-ci au second, face à Marine Le Pen favorite de tous les sondages.

Comment dans ces conditions faire gagner Emmanuel Macron ?

Faire en sorte qu'aucun candidat exprimant la volonté de changement souhaitée par la population en lutte au printemps, n'accède au second tour face à la candidate du Front national. Car, si celle-ci fait en sorte d'apparaître comme hostile à Bruxelles - sans s'engager frontalement contre l'Union européenne -, elle devient pourtant une cible pour les Croisés de l'Europe, dont les plans visent à réduire à zéro le peu de souveraineté dont la France dispose encore. D'où la campagne forcenée menée contre la candidate frontiste, désignée comme l'ennemi à abattre.

Cette situation n'est rendue possible dans l'hypothèse où l'opposition populaire n'aurait pas de candidat au second tour. Et tout est fait pour éviter une telle confrontation.

Il était possible d'envisager une déferlante de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon au premier tour avec le rassemblement populaire de la France Insoumise, dont il est l'initiateur.

Faisant le bilan implacable de la gouvernance PS depuis cinq ans, Mélenchon était en mesure de mobiliser, les couches victimes de la politique suivie par Hollande, Valls et Macron.

Le PS et le CAC 40 s'en sont inquiétés. Ils ont cherché le moyen de circonscrire le danger. Ils l'ont trouvé à travers la primaire du PS en janvier avec la victoire de Benoît Hamon, baptisé par les médias, leader d'une "gauche" nouvelle, en rupture avec la politique suivie ces cinq dernières années. A l'égal de "Mon ennemi, c'est la finance" en 2012. En fait, le rôle de 'frondeur' joué par Hamon est utilisé pour faire de lui un "opposant" aux ministres PS. Aujourd'hui, cette attitude lui permet d'accéder au rôle leader de la "gauche" aux yeux de l'opinion... Et de concurrencer la candidature de Jean-Luc Mélenchon...

Ainsi, aucun des deux ne pourra accéder au second tour, permettant ainsi au scénario de l'oligarchie de se réaliser : Macron, sauveur de la démocratie face à Marine Le Pen...avec le soutien de Benoît Hamon !

Jean-Luc Mélenchon devrait dénoncer cette triste mise en scène.

Or, selon les infos de ce jour, le leader de la France Insoumise et le candidat su PS ont "convenu d’un code de respect mutuel dans la campagne".

Dans ces conditions, la dénonciation de la politique menée par le Parti socialiste dont, aujourd'hui, Hamon est le candidat officiel, pourra-t-elle être menée clairement ? Et cela au moment, où celui-ci, sur les ondes de France Inter, se dit le plus dévoué à la cause européenne !

Comment, dans ces conditions, mobiliser le peuple français, celui qui a voté NON à l'Europe en 2005, celui qui défilait de la Bastille à la Nation ce printemps ?

Serons-nous les spectateurs impuissants d'un "Tous contre Marine Le Pen », permettant au candidat de l'oligarchie, Emmanuel Macron, de prendre le pouvoir en France au nom du CAC 40, en mai prochain ?

Il est encore grand temps d'unir le peuple de France pour la défense de sa souveraineté, contre la politique d'abandon national des candidats de l'oligarchie, quelle que soit leur étiquette. C'est la seule façon de rassembler massivement pour imposer une politique de progrès social toutes les forces populaires, aujourd'hui dominées par les forces de l'argent.

J.L.

SOURCE :

 

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REINKINGEN Christian 28/02/2017 12:15

On peut toujours penser qu' "Il est encore grand temps d'unir le peuple de France pour la défense de sa souveraineté, contre la politique d'abandon national des candidats de l'oligarchie, quelle que soit leur étiquette." MAIS, avec quel programme et avec qui ? Des candidats (re)connus peu ou prou par les médias, aucun n'a ce profil et encore moins le programme. In fine ton voeu camarade n’est-il pas pieux ?
Aux législatives une cinquante de candidat-e-s du PARDEM (Parti de la démondialisation) sont en passe d'être présents, avec un programme politique, économique, social signifiant sans conteste une rupture de société car réellement antisystème, car radicalement opposé au néolibéralisme. Jacques Nikonoff candidat du PARDEM à la présidentielle, n'aura pas les 500 signatures nécessaires. Les aurait-il eu si les différentes « chapelles » communistes, au lieu de ce regarder chacune son nombril depuis tant d’années, en le trouvant plus beau que celui des autres, donc aucun en outre n’a de programme ( au mieux des grandes lignes certes fondamentales mais relevant plus du type mots d’ordre), avait fait l’effort de comprendre, qu’accompagner ledit programme qui s’avance vers un socialisme du XXI siècle aurait été une stratégie efficace pour favoriser la reconstruction du « PCF de classe et de masse » qui hante chaque jour leur esprit (J’en fus de ceux-ci il y a plus d’une décennie) Il ne peut y avoir de réponse à la question. Par contre, la qualité du résultat électoral nous le savons dépend du développement des luttes sociales – offensives - émanant d’un peuple plus et mieux citoyen, puisque adossé à un programme politique d’avenir. Encore une occasion manquée ? Sans doute. Il y a besoin de partis politiques défendant l’indépendance nationale de la France et la souveraineté citoyenne. La construction d’un nouveau « Bloc historique » n’est-elle pas en définitive la question à se poser ?
Vive la Révolution !