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Publié par El Diablo

Wil van der Klift, secrétaire général du Nouveau Parti communiste des Pays-Bas

Wil van der Klift, secrétaire général du Nouveau Parti communiste des Pays-Bas

Interview réalisée par Arnold Schnözel pour le quotidien allemand « Junge Welt », traduction et introduction par MlN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 13 mars 2017

Les élections législatives se sont tenues aux Pays-Bas le 14 mars 2017. Les médias européens en ont retenu que la poussée du parti d’extrême-droite, raciste et xénophobe, le PVV de Geert Wilders a été contenue (de 10 à 13%). Pendant des mois, les sondeurs l’avaient pourtant placé gagnant.

Le parti du premier ministre libéral-conservateur, Mark Rutte (VVD) est arrivé en tête, malgré un recul (de 26 à 21%), et semble pouvoir rester aux affaires avec le parti chrétien-démocrate et un parti de centre gauche (les deux progressent de 16 à 24%). Le parti du travail (social-démocrate) s’effondre après une législature de coalition avec la droite (de 25 à 6%), notamment au profit du parti vaguement écologiste et de gauche « Groenlinks » (qui passe de 2 à 9%), dont le jeune leader, très mis en avant pendant la campagne, se réclame à la fois du président Kennedy et de l’Union européenne. Le « Parti socialiste », qui se place à gauche du Parti du Travail, a légèrement reculé (10 à 9%). La participation a été très élevée, 80%.

Faut-il voir quelques correspondances avec la situation française ? L’extrême-droite néerlandaise a bien joué son rôle de repoussoir. Les tenants de la politique antisociale finissent par être confortés, malgré le mécontentement populaire. Elle risque d’être droitisée encore. L’interdiction des meetings en présence de ministres turcs (pour le référendum en Turquie), juste à la veille du scrutin, a ainsi attisé encore la concurrence entre droite et extrême-droite sur le sujet de l’immigration. Une figure jeune, médiatique, consensuelle et ambiguë, sauf dans son adhésion forcenée à l’UE du capital, occupe une part de l’espace du renouvellement politique et du barrage supposé à l’extrême-droite.

Le quotidien progressiste allemand Junge Welt interviewait le secrétaire général du Nouveau Parti communiste des Pays-Bas, Wil van der Klift, dans son édition du 13 mars. Pour la première fois, le NPC-PB n’a donné aucune consigne de vote.

« Ici, les choses ne changent pas d’un coup »

Junge Welt : Lundi soir, le premier ministre néerlandais Mark Rutte, du Parti libéral VVD et Geert Wilders du parti PVV, qui eut interdire l’islam et renvoyer les Musulmans, ont débattu à la télévision. Qu’en est-il ressorti ?

Wil van der Klift : Ils n’avaient pas grand-chose à se dire. C’est resté calme. Cela correspond à la situation politique. 70% des électeurs, selon les sondages, sont indécis. Malgré le battage des médias, le parti de Wilders n’arrivera pas en tête et ne parviendra pas au gouvernement. Wilders voudrait avoir la majorité absolue au parlement – 76 sièges – mais il ne l’atteindra pas et il s’en faudra de beaucoup. Les autres partis non plus d’ailleurs. Les Libéraux et les Chrétiens-Démocrates devraient faire à peu près jeu égal. Les Socio-démocrates devraient vivre une défaite cuisante. Autrefois, ils obtenaient peu ou prou presque 50% à chaque scrutin.

JW : Wilders a-t-il imposé son programme au gouvernement de Rutte ?

WvdK : Les deux étaient ensemble, avant, au VVD et les hommes de Wilders ont souvent voté avec les Libéraux ces dernières années. Ils ont beaucoup de points communs. Il n’y a que sur le thème des demandeurs d’asile que Wilders a réussi à entraîner Rutte plus extrêmement à droite.

JW : Des phénomènes tels que le parti de Wilders, il en existe dans beaucoup d’Etats de l’UE. Quelles sont les spécificités dans votre pays ?

WvdK : Ces dernières années, les coupes dans les prestations sociales ont atteint un montant de l’ordre de 50 milliards d’euros. Beaucoup de gens ressentent combien leur situation s’est aggravée. Juste à l’approche des élections, à partir de septembre 2016, on a essayé de corriger un peu le tir, de la même façon que maintenant en Allemagne. Mais le peu d’argent qui a été distribué ne change rien. Pour beaucoup, c’est de la faute de l’UE, même s’ils ne sont pas contre l’UE mais contre ses dirigeants. Il n’y a jamais eu qu’une petite minorité à militer pour la sortie de l’UE, et il n’y aura pas de « Nexit ».

JW : Votre parti ne présente pas de candidats. A-t-il donné une consigne de vote ?

WvdK : Pour la première fois, nous ne l’avons pas fait. Les années précédentes, nous avions appelé à voter pour le Parti socialiste, le SP. Ceux qui s’intéressent à la vie politique aux Pays-Bas savent que nous partageons les mêmes vues sur beaucoup de questions et que nous travaillons ensemble. Mais le SP est rentré dans le rang, est devenu moins combatif, soutient parfois le gouvernement. Beaucoup de militants du SP voudraient revenir au travail à la base qui a permis au parti de devenir fort. On constate aussi une tendance nouvelle chez beaucoup : ils recommencent à étudier Marx. Mais il y a un grand écart entre la classe ouvrière, les socialistes et les communistes. Qui est du côté ou non des travailleurs reste peu clair pour beaucoup.

JW : En Allemagne, la question de la paix, concrètement de la participation aux soi-disant « opérations extérieures », joue un rôle important dans la campagne électorale. Qu’en est-il aux Pays-Bas ?

WvdK : Ce n’est pas un sujet dans la population et notre parti est trop petit pour mettre sur pied quelque chose. Nous allons essayer d’impulser un mouvement anti-OTAN, mais nous devons pratiquement repartir de zéro. Car nos partenaires, qui étaient avec nous avant dans le mouvement pour la paix, sont partis au SP et y ont fait carrière. Ils ne participent plus aux actions et s’expriment sur l’OTAN quasiment avec indifférence.

JW : Le scrutin va-t-il être marqué par un coup de barre de la droite ?

WvdK : Aux Pays-Bas, les choses ne changent pas d’un coup. Les partis traditionnels, socio-démocrates, chrétiens-démocrates jusqu’aux libéraux, vont continuer leur politique, qui est déjà très à droite.

JW : Quelle tâche se fixe le NPCdPB par-delà les élections ?

WvdK : Le travail idéologique. Le fossé entre nos conceptions et la réflexion et l’état d’esprit de la majorité de la population est trop grand et les solutions que nous proposons sont trop théoriques. Wilders a trouvé une méthode pour s’adresser directement aux gens. Nous devons parvenir à parler davantage du quotidien, de la vie réelle des gens. Nous essayons d’être plus visibles dans les entreprises et les quartiers. Je pense que nous avons de bonnes chances d’y arriver car il y a, ces derniers temps, pas mal de jeunes qui s’intéressent à nos positions.

 

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