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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

 

Publié par El Diablo

CORSE : comme ailleurs, la référence à la gauche n'est plus efficiente [par Martine Billard]

Les résultats de l'élection territoriale Corse montrent un raz de marée de la liste autonomiste conduite par Gilles Siméoni.

 

Quelques petits rappels de l'histoire politique Corse pour comprendre

 

La scène politique corse a longtemps été dominée par un partage entre les clans liés au PRG au nord et ceux liés à la droite au sud.

 

La Corse du sud a vu la domination du clan Rocca Serra avec Camille de Rocca Serra, maire de Porto-Vecchio, président du conseil général puis député de 1928 à 1940. Puis c'est son fils Jean-Paul qui a pris le relais, sénateur de 1955 à 1962 et député de 1962 à 1998, maire de Porto-Vecchio pendant 47 ans, président de l'assemblée de Corse de 1984 à 1998. Pour ensuite passer la main à son fils Camille de Rocca Serra, d'abord conseiller général en 1988 puis maire lui aussi de Porto-Vecchio de 1997 à 2004, président de l'assemblée de Corse de 2004 à 2010 et député de 2002 à 2017. En résumé la famille Rocca Serra domine la vie politique Corse depuis 1909 soit plus d'un siècle !

 

Au nord on a le même schéma avec cette fois-ci la domination du PRG. D'abord la famille Giacobbi originaire de Venaco. Il y a eu un maire nommé Giacobbi pendant 120 ans dans cette commune, de père en fils depuis 1878 avec un intermède entre 1919 et 1922. Le premier Giacobbi, Marius, est aussi parlementaire à partir de 1898, son fils Jean-Paul Joseph le sera de 1922 à 1951 ainsi que ministre, son petit-fils François de 1956 à 1997 et son arrière-petit-fils Paul de 2002 à 2017.

 

On a aussi la famille Zuccarelli avec Jean maire de Bastia de 1968 à 1989, député de 1962 à 1986, 18 ans avec des intermèdes en tant que ministre. Puis son fils Emile maire de Bastia de 1989 à 2014 et député de 1986 à 2007 là aussi avec des intermèdes de ministre. Mais là la succession va mal se passer et Emile Zuccarelli n'arrivera pas à passer la main à son fils Jean qui a été battu en 2014 aux municipales de Bastia par une liste emmenée par Gilles Simeoni.

 

Il faut savoir aussi que Paul Giacobbi a été rattrapé par des affaires. Il finit par être renvoyé en correctionnelle en septembre 2016 pour détournement de fonds public dans l'affaire dite des gîtes ruraux lorsqu'il présidait le conseil général de Haute-Corse. Il est condamné en janvier 2017 à 3 ans de prison ferme et 5 ans d'inéligibilité et a été mis de nouveau en examen en juin toujours pour détournement de fonds public, notamment pour emplois fictifs, mais cette fois dans le cadre de son mandat de président de l'assemblée de Corse entre 2010 et 2015.

 

Le PS n'a pas d’existence autonome, il est lié au PRG corse. Aux territoriales de 2015 une liste PS n'avait obtenu que 3,25%. Conjugué à sa crise nationale sous le boutoir de En Marche, il n'a pas été en capacité de présenter des candidats aux dernières législatives ni lors de ces territoriales.

 

En résumé donc pendant un siècle la gauche, en dehors du PCF, a été représentée par le PRG, dont le dernier dirigeant finit condamné. De quoi comprendre que la référence à la gauche en Corse est plus que dévalorisée.

 

Le PCF a une histoire héroïque liée à la Résistance en Corse. Dominique Bucchini, maire de Sartène ayant résisté aux pressions spéculatives sur sa commune et président de l'assemblée de Corse de à 2015 est une personnalité respectée. Mais en Corse comme ailleurs, le PCF est en perte de vitesse. Ainsi il n'a obtenu que 3,95 % des voix aux dernières législatives.

 

Le dégagisme spécifique de la Corse

 

La vague de dégagisme a commencé en 2014 avec la perte de la mairie de Bastia au profit de la liste autonomiste conduite par Gilles Simeoni.

 

Aux élections territoriales de 2015, les électeurs ont clairement choisi de rompre avec ce système des clans, du clientélisme et de la corruption.

 

Deuxième tour :

Liste conduite par : Nuances - Voix % Inscrits -% Exprimés -Nb Sièges:

M. Gilles SIMEONI LREG 52 840 -22,99% -35,34% -24 sièges

 

M. Paul GIACOBBI LDVG 42 607 -18,54% -28,49% -12 sièges

 

M. José ROSSI LUD 40 480 -17,61%-27,07% -11sièges

 

M. Christophe CANIONI LFN 13 599 -5,92% -9,09% -4sièges

 

La liste de Gilles Simeoni (autonomiste) 17,62% et 23 603 voix avait fusionné avec la liste de Jean-Guy Talamoni (indépendantiste) 7,73% et 10 353 voix pour le second tour engrangeant 19 000 voix de plus que la somme des voix du premier tour et 10 points de plus.

 

De son côté la liste de Paul Giacobbi PRG-PS fusionnait avec celle de Dominique Bucchini PCF 5,56% (7448 voix). Rappel en 2010 Dominique Bucchini avait obtenu 10,02 % au premier tour avec 13 107 voix.

 

Le FN avait baissé entre les deux tours passant de 10,58% avec 14 176 voix au premier tour à 13 599 voix au second tour avec 9,09 %.

 

Le résultat de ce week-end ne fait finalement que prolonger et amplifier la tendance qui a commencé à se dessiner avec les municipales de 2014 et la victoire de Simeoni à Bastia, s'est élargie à l'ensemble de la Corse avec les régionales de 2015 et s'est confirmée avec les législatives qui ont vu pour la première fois trois élus nationalistes entrer à l'assemblée nationale.

 

En effet ces élections ont, si on peut dire, sceller la fin du règne des clans avec la défaite des proches de Giacobbi dans les deux circonscriptions de Haute-Corse au bénéfice très net (60,81% et 63,16%) de 2 députés de la liste de la majorité territoriale autonomiste et dans le sud la défaite de Camille de Rocca Serra dans la 2ème circonscription battu là aussi clairement par 55,22% contre 44,78%.

 

Si l'effet Macron n'a pas fonctionné en Corse, cela s'explique par le recyclage dans En marche de nombre de proches de Giacobbi. Ainsi Jean-Charles Orsucci choisi comme tête de liste En Marche pour l'élection territoriale était précédemment président à l'assemblée territoriale du groupe de la majorité de Giacobbi jusqu'en 2015. 

 

Cette fois-ci le FN ne siègera pas à l'assemblée de Corse.

 

L'éclatement des forces politiques historiques produites par l'offensive Macron en achevant le PRG et en déstabilisant totalement la droite, jointe à l'atmosphère de décomposition propre à la scène politique corse a ouvert un boulevard aux autonomistes. 

Avec ce paysage politique qu'était-il possible de faire pour les territoriales ?

 

La FI s'est construite sur l'analyse de la perte d’efficacité du clivage droite/gauche et sur l'existence d'une vague dégagiste. Dans ces conditions la situation en Corse avec sa spécificité de la non efficience de l'étiquette En Marche nous amenait, comme beaucoup, à penser que le vote pour la liste conduite par Gilles Simeoni serait élevé. 

 

J'ai été amenée à rencontrer en Haute Corse fin juin de manière informelle, les camarades de Manca Alternativa qui avaient porté la campagne de la France Insoumise lors de la présidentielle et des législatives. J'ai bien précisé à cette occasion que je n'avais pas de mandat et que je me contentais d'écouter et ensuite de rendre compte au niveau national.

 

Lors de cette rencontre amicale à laquelle n'a pas pu participer Jacques Casamarta retenu à Ajaccio, les présents m'ont fait part de leur volonté d'aller à l'élection et de la nécessité de dépasser les 7% pour pouvoir se maintenir au second tour et avoir des élus. Ils pensaient que cela était impossible en tant que FI seule et qu'il fallait tisser des alliances. Ils avaient donc commencé des contacts avec le PCF et EELV. Pour ces derniers je leur ai dit que je n'y croyais pas vu les liens historiques des Verts avec Gilles Simeoni ce qui m'a été confirmé quelques jours plus tard, après avoir rencontré à l'improviste sur place un responsable national. Une réunion a cependant eu lieu entre Manca Alternativa et EELV à Vizzavona le 5 août 2017 qui n'a débouché sur rien.

 

Je tiens à faire remarquer qu’à ce moment-là il n'a jamais été question de ligne stratégique d'union avec le PCF pour représenter la « vrai gauche » comme cela a ensuite été développé mais d'une nécessité tactique. La recherche d'une alliance avec EELV démontre d'ailleurs bien que ce n'était pas le sujet. 

 

Pour ma part, j'ai insisté sur le fait que si une liste était présentée, ce devait être une liste ouverte avec une tête de liste symbolique des combats environnementaux menés en Corse, que le programme devait être clair et intégrer très nettement cette dimension. J'ai aussi posé la question des conséquences en termes de vote de la participation du PCF à la majorité présidentielle de Giacobbi à l'assemblée de Corse entre 2010 et 2015. 

 

Par ailleurs nous avons rencontré lors des Amphis d'été à Marseille d'autres militants de la France Insoumise, qui elles et eux étaient en désaccord avec une telle liste partidaire et qui d'ailleurs n'étaient pas associés aux discussions. L'erreur est peut-être de ne pas avoir organisé un vote en ligne de tous les Insoumis inscrits en Corse car tel que cela s'est fait nous ne saurons jamais quel était vraiment le sentiment majoritaire puisqu'il y a désaccord sur qui a été convoqué au moment des votes physiques. En tous les cas la fameuse pétition des 90 adressée à Jean-Luc Mélenchon plus la trentaine de celles et ceux qui se sont publiquement exprimés contre cette liste, montre qu'il y aurait eu le nombre nécessaire pour déposer une liste FI si tel avait été le choix.

 

Or au final, on arrive à une liste de répartition de postes entre deux forces politiques, Manca Alternativa et PCF, sans programme spécifique pour l'élection, avec une dimension écologique très faible et peu de propositions concrètes pour la Corse ce qui semble paradoxal après avoir affirmé que c'était aux Corses de décider pour la Corse. La liste conduite par Jacques Casamarta obtient 5,68% contre 5,56 pour la liste strictement PCF de Dominique Bucchini en 2015. 

 

Le leitmotiv principal de toute la campagne aura été de voter pour la seule liste de gauche. Ce slogan n'aura donc pas suffi à convaincre les électeurs qui ne se retrouvaient ni dans la liste autonomiste ni dans la liste En Marche. C'est ne rien avoir compris au moment politique que nous vivons et encore moins à sa traduction en Corse que d'avoir tout centré autour de ce thème. De même la mise en cause des votes des députés nationalistes à l'assemblée nationale (en général abstention sauf un vote contre le budget) aura eu peu d'impact dans une élection locale.

 

Il faudra étudier comment se répartit l'abstention (est-ce dans les communes habituées à voter PRG ?) ainsi que les fluctuations du vote FN.

 

Maintenant il est évidemment facile de rejeter la responsabilité de l'échec sur Jean-Luc Mélenchon alors que les mêmes nous expliquaient que les décisions venues de Paris n'avaient pas d'importance. Je pense qu'il serait bien plus utile de faire un bilan lucide de ce qui s'est passé. Ainsi à la lecture des résultats, il est aussi significatif qu'entre les deux listes de droite, celle qui arrive en premier se réclamait de la droite régionaliste. Voilà pourquoi il faut se réinterroger sur les clivages pertinents en Corse faute de quoi toute idée d'alternative aux politiques libérales et productivistes s'appuyant sur les spécificités locales mais dans le cadre d'un pays commun, la France, sera balayée.

 

Martine BILLARD

Ancienne députée de Paris 
Secrétaire nationale à l'écologie 
Parti de Gauche

 

SOURCE :

 

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Cancel 06/12/2017 18:28

Bohjour,
Lorsque trop de monde met son nez dans les affaires des autres c'est le bordel !
Je ne pense pas voir un jour la GAUCHE au pouvoir !
Cordialement, Cancel.

DIONISI 05/12/2017 10:50

Mais Martine Billard oublie ou omet (ce qui peut s'assimiler à un mensonge par omission) de préciser que la déclaration publique et tonitruante de Mélenchon, quelques jours avant le 1er tour de cette élection territoriale, condamnant la liste Pc de Corse/Corse Insoumise (sans aucun argument politique mais avec beaucoup de propos politiciens) fut un gros cadeau fait, entre autres, aux médias régionaux (Fr3/Via Stella, RCFM/Radio France, Corse-Matin-propriété de Tapie) qui, dès lors n'ont pas manqué de relayer avec force cet acte politicard. Mélenchon est, pour une très grande part, responsable de la situation par laquelle le 10 décembre prochain, les électeurs corses auront le choix entre la droite et...la droite. Tout ça, fort probablement, pour que ses 3 servants locaux, aient le temps, d'ici les prochaines élections municipales, de rallier les "natios" et obtenir quelques sièges dans certains conseils municipaux. Ce qui s'appelle "aller à la gamelle". En Corse, cela se dit "a pulitighella".Ce qui se traduit, en français par "cuisine électorale". Une tradition que les Rocca-Serra (3 générations), les Giacobbi (4 générations) et les Zuccarelli (3 générations), tous tant décriés par M. Billard, ont pratiqué depuis des décennies. Martine Billard a simplement oublié de citer les Simeoni qui en sont déjà à la 2ème génération. Mélenchon et ses servants locaux ont choisi de laisser le champ libre aux Droites plutôt que se placer aux côtés des victimes du capitalisme et du clientélisme. La population vivant en Corse mettra peut-être du temps, trop de temps malheureusement, à se rendre compte qu'elle a été trahie mais ça finira par arriver. Et, alors, on verra ....