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El Diablo

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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

 

Publié par El Diablo

Les neuf erreurs de MÉLENCHON qui lui ont barré la route de la présidence, et ses quelques grands mérites

Par Gilles Questiaux (GQ), animateur de « Réveil communiste »

Texte du 15 mai 2017 [avec des notes ultérieures du 28 juin et du 4 janvier 2018]

 

Ces critiques sont à entendre dans un esprit constructif. Si Mélenchon avait suivi ce genre de conseil, il aurait peut-être fait moins bien. Mais il aurait peut-être fait bien mieux. Et perdre à 15 ou à 19%, quelle différence quand on voulait vraiment gagner ?

 

Mélenchon et la France Insoumise ont d'ailleurs encore une carte à jouer avec les législatives, et ils pourraient bien décrocher de nombreux élus, vu la décomposition générale du paysage politique, et le peu de crédibilité du machin macronien censé le remplir intégralement [là par contre c'est plutôt manqué : 2 500 000 voix seulement, au lieu des 7 000 000 du 23 avril, la désunion a couté cher et la victimisation n'a pas convaincu].

 

On ne peut pas vraiment leur reprocher comme le fait le PCF d'être uniquement une stratégie marketing, comme l'est "En Marche", d'ailleurs si le marketing ça marche il ne faut pas hésiter à en faire pour la bonne cause, et le PCF quand il était encore communiste n'a jamais manqué d'esprit pratique pour retourner contre elle les techniques de propagande de la bourgeoisie (en plus de Pif le chien, il avait même sorti un journal de jeunesse destiné à concurrencer "Salut les Copains" : "Nous les garçons et les filles"!).

 

Mais le grand coup d'audace de Mélenchon et de son commando pour se saisir du pouvoir politique, la surprise stratégique, a manqué, de peu. 19,6% finalement ce n'était pas assez.

 

Je croyais quant à moi que 17 ou 18% suffirait pour le second tour, mais mes calculs ont été déjoué par la manœuvre Hamon, lequel d'ailleurs contrairement à ce qu'on pourrait croire a terminé trop bas, voir ci-dessous. [Tous les défauts réels ou imaginaires de Mélenchon pâlissaient devant un simple fait : pour la première fois un candidat incarnant un programme largement incompatible avec les exigences de l'oligarchie pouvait gagner. Le refus d'envisager cette possibilité évidente dénonçait les révolutionnaires de salon et les "communistes de la phrase" !]

 

Mélenchon a fait une campagne remarquable, mais il n'a pas gagné. Quand s'est-il trompé ?

 

Il n'aurait pas dû :

 

1) Prendre de haut le PCF et ses militants après qu'il avait obtenu leur soutien, de justesse, en octobre 2016. Les quelques centaines de milliers voix qui lui ont manqué, c'étaient peut-être celles-là, et il ne fallait pas les mettre tous dans le même sac, ni imposer un ralliement complet et unilatéral. On peut très bien soutenir Mélenchon sans approuver la sortie du nucléaire ou le projet constitutionnel [et la désunion entre la FI et le PCF est largement responsable de l'échec relatif, en tout cas de la grande déception, aux législatives].

 

2) Placer en chapitre prioritaire du programme la réforme institutionnelle, aux dépens des aspects sociaux, et avoir insuffisamment étayés ces derniers sur le plan économique. "Chiffrer le programme ", ça ne suffit pas. Et, franchement, le vote blanc, le droit de vote à 16 ans, la proportionnelle, et même la révocabilité, ça ne m'intéresse pas, et ça intéresse qui dans le prolétariat ? C'est faire joujou avec la politique bourgeoise.

 

3) Participer à la curée médiatique organisée contre Fillon, menée par des gens bien plus malhonnêtes que Fillon lui-même, sans comprendre que la meute pouvait se tourner contre lui instantanément. Et ça n'a pas raté [et maintenant ça ne va plus cesser].

 

4) Faire des compromis dans les médias. Leur indignation envers lui étant sa meilleure publicité et leur soudaine amabilité, à partir du mois de mars n'était pas très bon signe.

 

5) Hésiter à défendre la révolution latino-américaine contre les caricatures. Qu'est-ce que ça lui coûtait de dire, "le Venezuela n'est pas une dictature » ? Marchais n'avait jamais hésité à défendre l'URSS face à ce genre d'attaque, pourtant plus difficiles à démonter en l'absence de pluralisme politique là-bas, et ça ne lui avait jamais coûté une voix. Les médias ont senti la faille et ont martelé efficacement pendant la dernière semaine de campagne.

 

6) Rétropédaler sur l'Europe la dernière semaine avant le premier tour : "ne les croyez pas quand ils disent que je veux quitter l'Europe". Ah bon ? C'est bien dommage. Je me suis senti tout con quand j'ai entendu ça [et grommeler sur la présence du drapeau européen à l'assemblée, ça ne compense pas].

 

7) Terminer sa campagne par une visite organisée en péniche dans le bobo-land de l'Est parisien, ce qui ne servait strictement à rien. Il aurait dû aller à Belfort, pour démasquer l'arnaque Macron avec les travailleurs d'Alstom.

 

8) Ménager Hamon avec un pseudo "pacte de non-agression". Lorsque la primaire socialiste le lui a mis dans les pattes, il a joué la montre et minimisé les divergences fondamentales entre les deux projets en espérant récupérer un vote utile de gauche. Il y est parvenu, mais au prix d'une modération malvenue sur la politique internationale, en fin de campagne, et au prix de laisser une ouverture aux tentatives de sabotage venues des rangs du PCF estampillées "Union de la Gauche".

 

9) Se tromper d'adversaire : il a tiré sur l'ambulance Fillon, pourtant son meilleur adversaire en cas de second tour, et il a ménagé Macron pour prendre Hamon en tenaille. Ce dernier coup a trop bien marché, et Macron a trop monté. S'il avait laissé plus d'espace politique à Hamon, il aurait moins gagné de voix de ce côté, certes, mais il aurait pu réellement pilonner l'UE et l'OTAN pour attaquer du coté où se trouvait sa vraie réserve de voix pour les deux tours : absention, FN, et vote de la classe ouvrière, tout en diminuant la fuite vers Macron de la "gauche de droite" pro européenne, de manière à empêcher la percée de ce dernier.

 

Simple calcul de politique fiction : si on transfère 5% de Macron vers Hamon, 5% de Mélenchon vers Hamon, et 5% de Le Pen vers Mélenchon, on trouve : Fillon, 20%, Mélenchon : 19.5%, Macron 19%, le Pen 16.5% et Hamon 16.5% et Mélenchon gagnait le second tour. C'était là le "trou de souris par où il pouvait passer", et non par la manœuvre de faire voter toute la "gauche" pour lui alors qu'elle n'a jamais été aussi discréditée dans le pays (à 28% en comptant les Poutou). Dans ce cas de figure, il n'avait plus de réserves pour le second tour face au candidat de la presse et de l'argent [un examen attentif des résultats du scrutin montre qu'un second tour contre Macron n'était pas gagnable].

 

On ne peut s'empêcher de penser que le candidat de la "France Insoumise" a payé le prix d'un certain flottement dans ses convictions en fin de campagne. Un peu d'esprit bolchevique lui a sans doute manqué. Contre les préjugés de son propre camp, Lénine a dissous la Constituante, signé la paix séparée avec l'Allemagne à Brest Litovsk, et Staline a signé le pacte germano-soviétique, des transgressions qui étaient absolument nécessaires en leur temps, mais à leur place Mélenchon aurait-il été de taille pour les assumer ?

 

Rappelons aussi ses mérites qui ne sont pas à oublier dans la déception :

 

Avoir réuni 20% des voix, sur un programme de gauche incompatible avec l'UE et l’OTAN, du jamais vu depuis 1981.

 

Avoir dynamité le PS, véritable malédiction qui plane sur les forces populaires en France depuis sa création en 1920.

 

Avoir contribué à la repolitisation de la jeunesse et des classes populaires à un moment où la bourgeoisie joue à fond la carte de l'occultation du politique [mais pour les perdre presque immédiatement aux législatives].

 

Avoir construit une campagne qui malgré ses contradictions jouait la carte de la conscience, et la politique de la conscience à la phase suivante mène à la révolution.

 

[Avoir obtenu le soutien massif du prolétariat d'immigration récente sur un discours rempli de fierté patriotique, tout le contraire de la démagogie communautariste de Hamon.]

 

Avoir refusé malgré les pressions d'appeler au soi-disant "Front-Républicain" en faveur du produit de marketing Macron, contre l'épouvantail Marine Le Pen. Cet acte de courage politique permet d'envisager une réunification prochaine du prolétariat, par-dessus la frontière ethnique manigancée par la bourgeoisie entre "gaulois" et "immigrés" [mais François Ruffin à l'air de mieux comprendre cette priorité que l'équipe dirigeante de la France insoumise].

 

GQ, 15 mai 2017

 

PS :  La FI doit viser l'échéance de 2022 (sauf survenue d'imprévu ce qui est d'ailleurs assez prévisible), mais dans cet esprit elle n'atteint véritablement son objectif de mettre le PS au rancart qu'en unité avec le PCF : ensemble, 13,7% aux législatives et 28 députés, c'est honorable et ça laisse le parti historique de la trahison de la classe ouvrière loin derrière. Cette unité stratégique reste nécessaire, puisque Hamon est toujours là pour mystifier et diviser la "gauche de la gauche" dont le manque de discernement politique est proverbial.

 

L'attitude de la FI envers le PCF dépend bien entendu aussi du PCF lui-même, qui ne veut pas prendre le pouvoir, et qui ne s'est pas privé de saboter la campagne, mais il faut savoir ce que l'on veut : des alliés ou des ennemis supplémentaires ? Si elle veut l'étrangler, elle doit attendre de n'en avoir plus besoin, et en attendant elle doit le prendre tel qu'il est.

 

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