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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

 REMARQUES SUR LES MÉDIAS : en regardant le JT de France 2 du 21 mars 2018...[Par Philippe ARNAUD]

Par Philippe ARNAUD

J'ai écouté, ce jour [le 21 mars 2018], le journal télévisé de 13 h de France 2, qui s'ouvre sur la présentation de la journée d'action de demain (manifestations plus grèves). Je ne souhaite pas revoir tout le journal mais m'arrêter sur certains termes employés, termes certes peu nombreux mais ô combien révélateurs de l'idéologie sous-jacente des gouvernants et des journalistes.

 

1. Le présentateur, Nathanaël de Rincquesen, ouvre ainsi son journal : "Journée noire en perspective". L'adjectif "noir" est connoté très négativement au moins depuis l'Antiquité, païenne ou chrétienne, qui lui associe des idées blasphématoires et néfastes (messe noire, magie noire), des idées de méchanceté (bête noire), de mystère, de clandestinité, de tricherie, de malhonnêteté (liste noire, caisse noire, marché noir, travail au noir). Et également d'ivresse : celui qui est fin saoul est plus que "gris", il est "noir". Et la couleur du deuil, en Occident, est le noir. Et cette tradition se perpétue dans les plus récentes œuvres de fiction puisque que dans la saga de "La guerre des étoiles", le personnage qui représente le Mal (Dark Vador = paronyme de Dark Father = Sombre père) est vêtu de noir du casque aux pieds (de pied en cap) et représente le côté "obscur" de la Force.

 

- Cet adjectif "noire" est d'ailleurs répété un peu plus tard : "Une journée bien plus noire que ce qu'attendait la SNCF jusqu'à présent... et Hélène Hug parle de "jeudi noir", qui doit amener la réminiscence, chez l'auditeur, de la Grande crise d'octobre 1929 à Wall Street. 

 

- Dès le début, donc, le présentateur se place du point de vue exclusif des usagers des transports publics, auxquels les méchants syndicalistes vont pourrir la vie toute la journée. D'emblée, donc, rien n'est dit des raisons de la grève (la politique de dérèglementation sauvage d'Emmanuel Macron) rien de la raison d'une mobilisation qui s'annonce aussi large.

 

2. Après un sujet sur la neige dans les Bouches-du-Rhône, le présentateur reprend : "Je vous le disais dans les titres, c'est une journée de galère qui se dessine...". Pour la majorité des locuteurs de langue française, le terme de "galère" n'évoque que marginalement le navire de guerre de l'Antiquité, du Moyen âge et des Temps modernes, la trirème des Romains ou les navires de don Juan d'Autriche à Lépante. Il évoque plutôt la peine d'Ancien Régime, l'équivalent du bagne sur l'eau, qui précéda d'ailleurs le bagne. La connotation, qui suit celle de "noire", est donc fortement dépréciative, en ce qu'elle suppose que les gens vont "galérer" (verbe dérivé très fort, qui évoquait, jadis, non pas seulement les journées exténuantes passées à ramer, mais aussi la nourriture insuffisante, l'exposition au soleil et aux intempéries, les chaînes, l'hygiène épouvantable, les humiliations, etc.) En gros, ce à quoi les grévistes condamnent les usagers...

 

3. Hélène Hug, journaliste envoyée spéciale à l’Élysée, dit que le gouvernement "ne semble pas craindre la contagion". La grève, la manifestation, sont traitées au travers de la métaphore de la maladie, et de la maladie contagieuse, comme la variole, la rougeole, la peste, le typhus, la tuberculose, etc. La grève est ainsi naturalisée comme une maladie du corps social, une pathologie, une anomalie qu'il faut traiter et, d'abord, empêcher de se propager. 

 

4. Hélène Hug dit : "Si les contestations s'additionnent bel et bien, il [= le gouvernement] considère qu'elles ne sont pas de même nature entre fonction publique hospitalière, SNCF, RATP ou encore Éducation nationale, bref, à ce stade, pas question de reculer..."

 

- Où est l'idéologie, là-dedans ? Elle n'est pas de dire ce que pense le gouvernement ( à savoir que, selon lui, les contestations n'ont rien à voir entre elles) mais d'instiller cette idée dans l'esprit de la population - et peut-être même, derrière elle, des grévistes - à savoir que chaque contestataire se bat pour "sa petite chapelle", pour son "petit bout de privilège égoïste", pour ses "intérêts particuliers". Il ne faut surtout pas qu'il vienne à l'esprit des Français - pas seulement des grévistes et des manifestants - que les grévistes se battent contre un projet ultralibéral bien ficelé, bien cohérent, où tout se tient, et qui va vers les mêmes finalités au travers de la démolition des retraites, de la remise en cause du statut des fonctionnaires ou des cheminots, de la hausse de la CSG, des déremboursements de la Sécu, de la surveillance et de la punition des chômeurs, des cadeaux fiscaux faits aux riches et aux entreprises, etc. 

 

- Il ne faut surtout pas que les salariés, les étudiants, les avocats, les chômeurs, les personnels des EHPAD, les cheminots, les retraités, les fonctionnaires sentent qu'ils sont visés par la même chose, qu'ils se découvrent des intérêts communs, qu'ils ressentent entre eux une solidarité. Il faut brouiller, il faut diviser pour régner

 

5. Hélène Hug dit : "Le gouvernement parie sur la pédagogie". Le terme désigne, aujourd'hui, comme le dit le Robert historique de la langue française, "la science de l'éducation des jeunes[je souligne], l'ensemble des méthodes qu'elle met en œuvre et la qualité du bon pédagogue". Par exemple : "Tu n'as pas compris la méthode de résolution d'une équation du second degré - ou la règle d'accord des participes passés ?". Eh bien, dis-moi où tu bloques, dis-moi à quel moment tu ne comprends plus, et je vais te réexpliquer autrement". 

 

- Il faut bien voir ce que ce terme "pédagogie" (qui est employé systématiquement chaque fois qu'il faut faire avaler aux Français une purge ultralibérale) recèle de mépris. D'abord, les Français sont pris pour des enfants - et non pour des adultes. Et, de plus, ils sont pris pour des enfants demeurés, comme si la privatisation de la SNCF ou la baisse des retraites présentaient le même caractère d'évidence et d’innocuité que l'accord des noms composés ou la conjugaison des verbes irréguliers. Or, contrairement à ce que cherchent à faire croire le gouvernement (et peut-être aussi certains journalistes), les Français saisissent très bien ce que leurs gouvernants veulent leur administrer au travers de cette "pédagogie" : un rabotage de leurs droits, une détérioration de leurs statuts et de leurs garanties, une baisse drastiques de leurs revenus.

 

- Le gouvernement s'imagine qu'en disant "Je vais procéder, sur votre personne, à une énucléation", la réalité sera moins douloureuse qu'en disant : "Je vais t'arracher un œil". Comment mieux signifier : "Je vous prends pour des imbéciles ?"

 

Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, rectifications et critiques.

 

 

Philippe Arnaud,

AMD (Amis du Monde Diplomatique) Tours

 

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