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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

Nicolas Duvoux : « La tendance est à la sortie des compromis égalitaires mis en place après 1945 »

Par Alizé LACOSTE JEANSON 

Le 23 mai 2018

Nicolas Duvoux est professeur de sociologie à l’université Paris-VIII et écrit pour le site La vie des idées, dont Le Comptoir relaie régulièrement les publications. Il est également membre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Il a publié plusieurs ouvrages sur le sujet et porte un regard critique sur les politiques sociales menées en France depuis les années 1980 notamment. Des mesures qui, plutôt que de renforcer le système de Sécurité sociale, annulent le principe de solidarité qui présidait à sa mise en place et font s’accroître l’ostracisation des plus vulnérables.

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Le Comptoir : On entend souvent des éditorialistes ou des “experts” dire que les inégalités n’augmentent pas tant que ça en France. Pour appuyer leurs propos, ils se réfèrent au coefficient de Gini qui indique qu’elles auraient même baissé entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches. On assiste cependant à une remontée générale des inégalités dans les pays dits “développés” qui, pourtant, n’ont jamais été aussi riches. Que penser de cette ambivalence ?

 

Nicolas Duvoux : Elle renvoie assez directement aux problèmes de définition et de mesure des inégalités. Il y a plusieurs indicateurs (Gini, rapport entre plus riches et plus pauvres, taux de pauvreté). Il y a aussi plusieurs ressources : revenus mais aussi patrimoine (beaucoup plus inégalitaire que les revenus), ressources non monétaires (diplômes, santé, etc.) L’important est de saisir la dynamique et celle-ci est assez claire, quel que soit l’indicateur. Nous avons connu, dans la première phase d’industrialisation jusqu’à la fin du XIXe siècle, ou, pour aller au plus loin, jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, le développement d’inégalités de très grande ampleur : le patrimoine notamment était très concentré entre quelques mains [...]

 

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