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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

Les bases des USA et de l'OTAN en Italie

Les bases des USA et de l'OTAN en Italie

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’UE, avec environ 90 % de la population de l’Union, font partie de l’Otan, dont les « règles » permettent aux USA de garder, depuis 1949, la charge de Commandant suprême allié en Europe et tous les autres commandements clé ; elles permettent aux États-Unis de déterminer les choix politiques et stratégiques de l’Alliance, en les accordant, en sous-main, surtout avec l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, en les faisant ensuite approuver par le Conseil de l’Atlantique Nord, dans lequel selon les « règles » Otan il n’y a pas de vote ni de décision à la majorité, mais où les décisions sont toujours prises à l’unanimité.

Steve Bannon -ex stratège de Donald Trump, théoricien du national-populisme- a fait part de son enthousiaste soutien à l’alliance  Stelle pour “le gouvernement du changement”. Dans une interview (Sky TG24, 26 mai) il a déclaré : “La question fondamentale, en Italie en mars, a été la question de la souveraineté. Le résultat des élections a montré ces Italiens qui voulaient reprendre leur souveraineté, le contrôle sur leur pays. Ça suffit, ces règles qui arrivent de Bruxelles”. Mais il ne dit pas “Ça suffit, ces règles qui arrivent de Washington”.

Ce qui fait pression sur l’Italie pour en orienter les choix politiques, ce n’est pas seulement l’Union européenne, dominée par les puissants cercles économiques et financiers surtout allemands et français, qui redoutent une rupture des “règles” servant leurs intérêts. Une forte pression est exercée sur l’Italie, de façon moins évidente mais non moins invasive, par les Etats-Unis qui redoutent une rupture des “règles” subordonnant l’Italie à leurs intérêts économiques et stratégiques. Cela fait partie des politiques que Washington adopte à l’égard de l’Europe, à travers diverses administrations et avec des méthodes diverses, poursuivant le même objectif : garder l’Europe sous l’influence étasunienne.

L’outil fondamental de cette stratégie est l’Otan. Le Traité de Maastricht stipule, à l’Art. 42, que “l’Union respecte les obligations de certains Etats membres, lesquels considèrent que leur défense commune se réalise par l’intermédiaire de l’Otan”. Et le protocole n° 10 sur la coopération stipule que l’Otan “reste le fondement de la défense” de l’Union européenne.
 

Aujourd’hui 21 des 27 pays de l’Ue, avec environ 90% de la population de l’Union, font partie de l’Otan, dont les “règles” permettent aux USA de garder, depuis 1949, la charge de Commandant suprême alliéen Europe et tous les autres commandements clé ; elles permettent aux Etats-Unis de déterminer les choix politiques et stratégiques de l’Alliance, en les accordant, en sous-main, surtout avec l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, en les faisant ensuite approuver par le Conseil de l’Atlantique Nord, dans lequel selon les “règles” Otan il n’y a pas de vote ni de décision à la majorité, mais où les décisions sont toujours prises à l’unanimité.

L’entrée dans l’Otan des pays de l’Est -autrefois membres du Pacte de Varsovie, de la Fédération Yougoslave et même de l’URSS- a permis aux Etats-Unis de lier ces pays, auxquels s’ajoutent l’Ukraine et la Géorgie de fait déjà dans l’Otan, plus à Washington qu’à Bruxelles. Washington a pu ainsi pousser l’Europe dans une nouvelle guerre froide, en faisant d’elle la première ligne d’un affrontement de plus en plus dangereux avec la Russie, affrontement au service des intérêts politiques, économiques et stratégiques des Etats-Unis.

Emblématique est le fait que, exactement pendant la semaine où en Europe on débattait âprement de la “question italienne”, a débarqué à Anvers (Belgique), sans provoquer aucune réaction significative, la 1ère Brigade blindée de la 1ère Division étasunienne de cavalerie, provenant de Fort Hood au Texas. Ont débarqué 3.000 soldats, avec 87 chars d’assaut Abrams M-1, 125 véhicules de combat Bradley, 18 cannons autopropulsés Paladin, 976 véhicules militaires et autres équipements, qui seront déployés dans cinq bases en Pologne et de là envoyés au bord du territoire russe.
 

Ainsi continue-t-on à “améliorer la rapidité et la létalité des forces USA en Europe”, en dépensant, depuis 2015, 16,5 milliards de dollars. C’est justement pendant que débarquaient en Europe les chars d’assaut envoyés par Washington que Steve Bannon incitait les Italiens et les Européens à “reprendre leur souveraineté” vis à vis de Bruxelles.

 Manlio Dinucci

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