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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

Élections municipales en TUNISIE : d’une FAUSSE DÉMOCRATIE vers un VRAI CALIFAT ?

Article de Giulio-Enrico Pisani, repris du quotidien communiste luxembourgeois, Zeitung vum Lëtzenbuerger Vollek, édition du 28 mai 2018

Élections municipales du 6 mai 2018: déception ou succès? Réussite ou déception? C’est selon... Primo, participation d’à peine 1/3 des inscrits pour un enjeu que le peuple a largement sous-estimé et que des politiciens très souvent nuls ou égotiques n’ont même pas tenté de lui faire comprendre. L’ont-ils seulement compris eux-mêmes? D’autre part – seul pays musulman dans ce cas – les Tunisiens y ont pratiquement respecté la parité hommes-femmes des candidat(e)s, en y plaçant 580 candidates en tête de liste et récoltant plus de 47% d’élues dont une mairesse de Tunis. De plus – désaveu cinglant des potiches politiciens – les listes indépendantes (hors tout parti) ont obtenu plus de la moitié du total des sièges municipaux. Bravo donc pour un système électoral qui est, avec une liberté d’expression dont plus personne ne se prive, l’un des rares aspects positifs d’une démocratie que personne ne renonce plus à proclamer politiquement bancale, économiquement désastreuse et en passe de retomber aux mains de religieux rétrogrades.

Il est vrai que, malgré les fleurs pleuvant de toute part sur le «miracle tunisien», c’était fort mal parti. Il avait même été question chez nous, en Europe, de «révolution de jasmin», sauf que les Tunisiens n’en savaient rien. Bref retour arrière: en janvier 2011 le peuple tunisien put espérer un moment trouver dans ce «printemps arabe», nom pompeux et collectif dont l‘affublèrent ensuite les Français, une démocratie qu’il n’avait jamais connue. Il n’avait cependant pas la moindre idée, combien le chemin serait laborieux et les dés pipés. Mais ne le sont-ils pas toujours? Peu ignorent que les premières démocraties, comme celles qui virent le jour dans l’antiquité à Athènes, Carthage ou Rome, ne le furent qu’en théorie, démocratiques. Excluant une grande partie de la population de l’expression de sa volonté et, a fortiori, de l’accession au pouvoir, ou en limitant l’exercice, elles étaient en pratique des oligarchies, où le pouvoir n’est accessible qu’à une minorité de citoyens constituant une classe dominante. Quoique basant le plus souvent sa légitimité, ou/et l’officialisant, par l’indigénat, la naissance (aristocratie) ou la race, cette classe s’affirmait le plus souvent par la fortune de ses membres. Ceux-ci avaient en fait seuls les moyens de conclure des alliances d’intérêt, de s’assurer des appuis chez leurs pairs, de jouir et profiter d’une large notoriété, voire de pratiquer la pression morale et l’achat de votes. L’oligarchie dérive donc souvent vers la ploutocratie, système de gouvernement où la richesse constitue l’élément essentiel du pouvoir politique.

Superficiellement, les choses ont certes changé. Aujourd’hui la démocratie est instaurée théoriquement dans une majorité de pays du globe. Mais la réalité est tout autre. Sans même considérer les franches dictatures, ou même les démocratures, ces grotesques jeux de rôles, nous devons constater que même nos «exemplaires» démocraties occidentales ne sont que des oligarchies ploutocratiques habilement déguisées. Mais contrairement à l’antiquité, où les très riches accédaient volontiers au pouvoir et s’en flattaient ouvertement, nos multimilliardaires contemporains restent généralement en retrait et naviguent souvent hors toute juridiction. Craignant par conséquent les dangers de la médiatisation du politique, ils préfèrent exercer leur pouvoir via les ténors de leurs multinationales par lobbying auprès des gouvernements et des institutions, qui ne sont dès lors plus ni décideurs ni défenseurs des peuples qu’ils représentant, mais les marionnettes de ces puissances. Heureusement, ces pressions se voient parfois combattues et même bornées par des associations et groupements d’intérêt civils. Il est cependant trop rare que la société civile fasse reculer les multinationales qu’elle renforce elle-même par sa manière de vivre, ses exigences et ses habitudes de consommation.

Ajoutez à cela, que dans la plupart de nos pseudo-démocraties les parlements n’ont commencé que peu à peu au cours du 20ème siècle à donner la parole et le droit de vote à la majorité de leur population, c’est à dire aux femmes, qui restent d’ailleurs le plus souvent sous-représentées! Le tableau est par conséquent tout sauf brillant. Et c’est ce «merveilleux» modèle d’oligarchie ploutocratique macho, ultralibérale et profondément inégalitaire, que les occidentaux, mais surtout les USA, érigent en exemple absolu, en nec-plus-ultra, en modèle de tous les modèles et dont ils font prétexte pour imposer tous azimuts leur politique hégémonique? Car en réalité, les démocrates de Washington n’ont rien contre une bonne petite dictature dans ce qu’on appelle le tiers-monde. Ils la favorisent même, pourvu qu’elle joue la petite fille sage du capitalisme USA et de ses multinationales, qui exploitent au maximum sa population et ses ressources, sans cure de son écosystème, tout en semant quelques milliards de corruption parmi les dirigeants locaux.

À Tunis, peu ignorent désormais le but final de l’islamiste Ghannouchi et de son parti, Nahdha, division officieuse des Frères Musulmans qui, honnis dans la majorité des pays arabes à cause de leurs visées hégémoniques religieuses, bernèrent en 2011, grâce à leur «protecteur» B.O., le sénat USA, qui les avait mis sur liste noire. Et ce but est l’instauration d’un califat gouverné par la charia. Renvoyé fin janvier 2011 en Tunisie (grâce à la CIA?), après 20 années d’exil, récupérer in extremis pour les islamistes «modérés» le mouvement populaire qui avait chassé Ben Ali, Rached Ghannouchi se servit lors de son arrivée à Tunis d’un discours façon Obama, qui lui permit de gagner les législatives de 2011. Je le cite : «Notre rôle sera de participer à la réalisation des objectifs de cette révolution: ancrer un système démocratique, la justice sociale et lutter contre les discriminations...».

Mais débordé par nombre de ses adhérents qui, suite à leur victoire aux législatives de 2011 crurent naïvement l’heure du califat venue et se mirent à vouloir imposer la charia, à assassiner des opposants, à incendier part de l’ambassade USA et à harceler civils et étudiants, Ghannouchi trébucha. En lâchant la bride à ses bandes, il avait failli commettre la faute d’impatience qui causa la défaite et l’éviction de Morsi en Égypte l’année suivante. Aussi, désavoué par la société civile et lâché par les USA outrés par ces dérives, Ghannouchi fit marche-arrière, laissa partir ses jeunes salafistes-takfiristes en Syrie et, se sachant perdant aux législatives 2014, conclut probablement un accord secret de partage du pouvoir avec le leader des «laïcs», Beji Caïd Essebsi. Après avoir ainsi sauvé les meubles, il déclara pro-forma la séparation de l’islam politique du religieux, s’habilla à l’occidentale et profita d’un État sombrant dans ses contradictions pour lancer ses troupes dans une opération de «frères-musulmanisation» à l’échelle nationale.

Résultat concret? À court terme, politiquement, nul, car engoncé dans un gouvernement d’union nationale paralysé et aussi impotent au social qu’au sociétal ou à l’économique, Tout en devenant le premier parti, grâce à la débâcle de Nidaa, Nahda perdit beaucoup de plumes à ces dernières élections municipales.

Moins toutefois que Nidaa, le parti de B.C.E. qui, miné par ses dissensions internes, est en chute libre et «domine» un gouvernement sans autorité, tenu par une oligarchie corrompue et corrompante, laissant les islamistes continuer à salafiser la société et à Ghannouchi, devenu patient, de viser les présidentielles de 2019. Quant aux élections municipales, les politiciens, qui firent de la démocratie souhaitée par le peuple une triste farce, ils ont été massivement désavoués. Malgré leur renommée et tout l’argent dépensé en propagande par les partis, plus de la moitié des votes allèrent en effet à des indépendants et il en résulte une situation fort bien résumée dans le journal Mondarfrique. Nous y lisons en fin d’article: «Rached Ghannouchi milite ouvertement en faveur de la poursuite de l’expérience gouvernementale où il soutient Youssef Chahed, comme la corde soutient le pendu. A ses yeux, ce dernier possède l’immense mérite d’être un Premier ministre sans troupes et donc faible... (...) Mais pourquoi changer une équipe qui perd?». Aussi, le fait que Ghannouchi désire le statuquo n’a-t-il rien d’étonnant. C’est ce qui lui permettra d’apparaître, le moment venu, comme une sorte de messie avec sa caricature de démocratie religieuse pré-califale comme seule alternative possible à une oligarchie ploutocratique, où le petit peuple n’a plus que la parole pour protester. Mais à quoi bon? Pour l’heure peu l’entendent, ses plaintes, sauf les partisans du califat, où on le priverait de toute façon même de cela.

Giulio-Enrico Pisani

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