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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Dans les kiosques cette semaine

 

Publié par El Diablo

Remarques sur les MÉDIAS du 14 juillet 2018  [ Par Philippe Arnaud - AMD Tours ]

Je m'aperçois, en consultant le relevé de ces remarques, que c'est la troisième fois (les fois précédentes en 2003 et en 2017) que je m'arrête sur cette date-anniversaire. L'occasion m'en a été donnée par la republication, sur le site du Diplo, d'un article de Daniel Bensaïd paru dans le Manière de voir d'août-septembre 2005.

Que dire, à la lumière des propos de Daniel Bensaïd, que je n'ai dit précédemment ? Et que je rappelle brièvement :

 

1. La célébration du 14-Juillet, en 2018 (et depuis des années), c'est l'ordre, la hiérarchie, l'obéissance, le respect de la tradition, la sacralisation de l'armée et du pouvoir, à l'encontre du 14 juillet fondateur (celui de 1789), qui fut le bouleversement, le désordre, la désobéissance, la mutinerie (des Gardes françaises), la contestation victorieuse du pouvoir du roi et de l'organisation de la société et des institutions.

 

2. La célébration du 14-Juillet a pour cadre l'ouest de Paris, c'est-à-dire les quartiers des riches, des installés, alors que la prise de la Bastille eut lieu à l'est de Paris, dans une zone populaire, encore parcourue par un lacis de ruelles étroites, d'où les insurgés pouvaient venir à bout de la troupe, dispersée et comprimée dans ces ruelles, exposée presque sans défense aux jets de pierres, de tuiles, et de projectiles divers. Alors que le défilé a lieu sur une avenue rectiligne, dégagée, d'où on peut aisément tirer au canon, à la mitrailleuse, à la roquette d'avion ou d'hélicoptère contre tout soulèvement de civils et où les insurgés ont toujours le dessous. [La dernière "victoire", en la matière, eut lieu en août 1944 contre l'occupant allemand, mais les circonstances étaient autres.].

 

Ce que souligne Daniel Bensaïd, c'est que, par cette manière de célébrer le 14-Juillet, on substitue la République à la Révolution (en identifiant frauduleusement l'une à l'autre), et qu'on fait triompher l'ordre établi sur l'élan insurgé. Plutôt que de réprimer, les classes dominantes préfèrent subvertir, inverser, adultérer les processus de l'événement, gommer les insurgés en sabots au profit des bourgeois en escarpins. [Car la Révolution, ce n'est pas la République, et ce n'est surtout pas celle d'Emmanuel Macron].

 

3. Il est révélateur (et symbolique) que les troupes qui défilent viennent de l'ouest, de la même direction que les troupes versaillaises d'Adolphe Thiers qui, depuis Versailles (avec l'assentiment de Bismarck) pénétrèrent dans la capitale pour écraser la Commune. Et les corps de l'armée qui défilent (Infanterie, Marine, Aviation, Gendarmerie, Légionnaires, Spahis, Saint-Cyriens, élèves de Polytechnique, Chasseurs alpins, Pompiers...) sont comme la société française en réduction, la même société française qui, en 1871, délégua de tout le pays des provinciaux  dûment chapitrés par leurs curés, leurs châtelains et leurs notables, noyer dans le sang le soulèvement des "partageux" parisiens.

 

4. Il est tout aussi révélateur (et symbolique) qu'aient défilé sur les Champs-Élysées des troupes étrangères, et pas n'importe lesquelles : un petit peloton singapourien, un petit peloton japonais et un plus gros détachement de la Garde civile espagnole (qui a des fonctions proches de celles de la Gendarmerie nationale). Ce ne sont pas n'importe quelles troupes, mais des troupes du camp dit "occidental" (des alliés - ou des supplétifs - des États-Unis), qui manifestent ainsi leur ancrage idéologique dans le même camp que celui de la France (ou, pour être plus précis, des gouvernants actuels de la France). Il est symbolique que l'on fasse parader des troupes étrangères pour l'anniversaire de la prise de la Bastille alors que le roi de France fut défendu, en 1789, par des soldats étrangers (le Royal-Allemand cavalerie, qui, le 14 juillet 1789, affronta les insurgés, et les Suisses - qui, en petit nombre, défendirent la Bastille ce même jour et, en plus grand nombre, les Tuileries, le 10 août 1792). Il y a là comme un retour d'une "internationale de l'ordre" face aux soulèvements nationaux.

 

5. Ce qui est enfin symbolique, c'est que le défilé incorpore un passage d'aéronefs (avions de chasse, de transport, de ravitaillement, hélicoptères) au-dessus des Champs-Élysées. Ces aéronefs rappellent (de façon subliminale, par leur situation "au-dessus"), le rôle déterminant de l'aviation lors de plusieurs conflits : celui de l'aviation israélienne en 1967, celui de l'aviation de la coalition lors des guerres du Golfe de 1991 et 2003, celui de l'aviation occidentale lors des guerres de Yougoslavie, celui de l'aviation russe lors de la présente guerre de Syrie, etc. Ces avions remplissent la même fonction que les forteresses édifiées par les monarques à proximité de certaines villes frondeuses : manifester la puissance du prince par la hauteur des murailles du fort, la présence d'une garnison, l'installation d'une prison et, par leur position dominante, intimider la population, l'inciter au respect et à la soumission...

 

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

 

Bien à vous

Philippe Arnaud

Amis du Monde Diplomatique Tours

 

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