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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

photo d'illustration (source: france info)
photo d'illustration (source: france info)

photo d'illustration (source: france info)

« Ce qui se passe n'est pas surprenant » : comment les « gilets jaunes » s'inscrivent dans l’histoire des révoltes populaires

 

Selon l'historien Gérard Noiriel, « la France, en tant qu'Etat, s'est construite autour de l'impôt », ce qui a suscité dès le début des révoltes des classes populaires.

 

Cela va-t-il suffire à éteindre la fronde ? Mercredi 5 décembre, Emmanuel Macron a annoncé que la hausse des taxes sur les carburants, prévue à partir du 1er janvier 2019, était "annulée", purement et simplement. Le gouvernement n'a finalement pas pu "tenir le cap" après trois semaines de blocages des "gilets jaunes" et de violences, notamment le 1er décembre à Paris. De quelle façon ce soulèvement s'inscrit-il dans l'histoire des révoltes populaires en France, alors que des manifestants dénoncent une dérive "monarchique" dans la présidence d'Emmanuel Macron ? Entretien avec l'historien Gérard Noiriel, auteur d'Une histoire populaire de la France.

Franceinfo : Le mouvement des "gilets jaunes" est né pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant. Ce mouvement antitaxes s'inscrit-il dans une longue tradition ?

Gérard Noiriel : Oui. Dans mon Histoire populaire de la France, j'ai montré que la France, en tant qu'Etat, s'est construite autour de l'impôt. Vous ne pouvez pas avoir d'Etat sans prélèvement d'impôts, ne serait-ce que pour payer les soldats ou la police. Dès que ce système se met en place, à l'époque de Jeanne d'Arc, on voit les paysans se révolter contre l'impôt royal. Ils se révoltent aussi contre ceux prélevés par les seigneurs ou par les curés qui prennent la dîme.

Sous l'Ancien régime, ces révoltes peuvent prendre de l'ampleur, mais elles restent localisées, parce qu'elles passent par le bouche-à-oreille, et qu'elles sont durement réprimées. On va changer de dimension en 1789. Le roi Louis XVI convoque les Etats généraux parce que les caisses sont vides, et les cahiers de doléances [recueillies et rédigées pour l'occasion] vont exprimer de fortes revendications fiscales contre un système inégal. Les nobles, qui étaient les plus riches, ne payaient pas d'impôts tandis que l'impôt pesait constamment sur les plus pauvres. 

[…]

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