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1 Mon blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non-commercial et totalement amateur. Les images (photos , dessins, vidéos), les textes dont je ne suis pas l'auteur ainsi que les musiques et chants seront supprimés de mon blog sur simple demande par courriel.

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Salut et fraternité

El Diablo

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« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

Bertolt Brecht

Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.

Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

TRIBUNE LIBRE : un GILET ROUGE CGT à ses CAMARADES GILETS JAUNES

Seule la lutte paye est une formule que vous, gilets jaunes, êtes en train d'expérimenter. Le silence cynique du mépris présidentiel et gouvernemental se mue en annonces de "moratoires", de "suspension", "d'annulation" de la taxe sur le carburant.

Jusqu'ici échec et mat des intox médiatiques selon lesquelles "on ne bougera pas d'un pouce", "c'est un mouvement poujadiste d'extrême-droite", "attention à la récupération", "les modérés qui veulent discuter sont menacés de mort", "on ne sait pas avec qui discuter", " les casseurs se sont emparés du mouvement", "les touristes fuient Paris", "des millions d'euros de perte", "l'économie du pays est en danger", les terroristes vont en profiter", "quand est-ce que ça va s'arrêter".

En 1936 et 1968 c'est la lutte qui a permis d'obtenir des hausses de salaires et du SMIC respectivement de 40 % en plus des 8 heures de travail par jour et les congés payés et de 12 % et 30 % du SMIG. Cette redistribution salariale a été gagnée malgré le fait qu'elle avait été déclarée avec hystérie par les patrons et les gouvernements comme « impossible parce que cela ruine l'économie, l'emploi et favorise la fuite des capitaux ».

La peur change de camp et gagne les classes riches engraissées et leurs affidés de la presse à leur botte. Tant que nos luttes étaient isolées et que la majorité était soumise ou passive, l'élite bourgeoise se croyait tout permis. C'est lorsque la bête sauvage est blessée qu'elle devient capable de tout et du pire. La bête ici, c'est le Medef et ses alliés capitalistes de l'UE tapis derrière Macron.

La "violence" est une stratégie du gouvernement libéral eurocratique

C'est une des stratégies patronale et gouvernementale déroulée entre l'acte III et IV des week-ends de rendez- vous de luttes que vous avez institués. Le pouvoir eurocrate macronien a combiné, avec l'aide des médias aux ordres, sa dénonciation de la "violence antirépublicaine" et les annonces de "moratoires", "suspension", "annulation" en faisant même parler le président qui se cachait honteusement quelque part.

Ce ciblage voulu sur la "violence, les casseurs" avait pour objectif les "arrestations préventives", l'envoi de "chars" de la gendarmerie, les arrestations massives précédées comme on l'a vu par cette rafle de centaines d'élèves à Mantes la Jolie menottés et la main sur la tête. Apparaître comme étant plus "fort" que les "casseurs" pour ensuite permettre au président qui se cache d'apparaître au grand jour pour faire des annonces dans le but de diviser, décourager et démobiliser.

La "violence" est à chaque fois le prétexte pour piétiner les droits constitutionnels de grève, de manifester et de s'exprimer. Leur tactique consiste à focaliser sur une des formes d'expression de la colère, pour amalgamer cela avec l'inévitable greffe de "groupes radicaux" ou, ce qui est camouflée, l'infiltration d'éléments provocateurs de la police sans tenue pour décrédibiliser la lutte sociale.

Entre le 5 et le 8 décembre, nous avons vu à l’œuvre cette stratégie de criminalisation, prétexte à la répression liberticide enrobée "d'annonces et d'invitation au dialogue" pour faire passer au second plan les justes revendications.

Comme l'enseigne un des dirigeants du mouvement ouvrier, Friedrich Engels dans le "rôle de la violence dans l'histoire'', prétendre que "la violence est « l’élément historique fondamental », prouve que la violence n’est que le moyen, tandis que l’avantage économique est le but. Et dans la mesure où le but est « plus fondamental » que le moyen employé pour y parvenir, dans la même mesure le côté économique du rapport est plus fondamental dans l’histoire que le côté politique".

Franchement il n'y a que les idiots utiles opportunistes syndicaux et politiques pour tenter de faire croire "que les impôts ne sont dans l’État que « des effets de second ordre » ou que le groupement politique d’aujourd’hui constitué par la bourgeoisie dominante et le prolétariat dominé n’existe que « pour lui-même », et non pour « les fins alimentaires » des bourgeois régnants, c’est-à-dire pour le profit et l’accumulation du capital" (idem).

Et Engels d'ajouter que "si les bourgeois en appellent maintenant à la violence pour sauver de la catastrophe «l’état économique» qui s’écroule, ils prouvent seulement par là qu’ils sont victimes de l’illusion... selon laquelle « les conditions politiques sont la cause déterminante de l’état économique » ; qu’ils se figurent... capables de transformer, avec les « moyens primitifs », avec la «violence politique immédiate», ces «faits de second ordre», l’état économique et son évolution inéluctable...(idem).

Ne nous laissons donc ni divertir, ni intimider par ce stratagème liberticide qui confirme tout simplement que nous vivons sous le règne de la dictature de classe de la bourgeoisie parce que comme le dit Engels "là où dans un pays, — abstraction faite des cas de conquête, — la violence intérieure de l’État entre en opposition avec son évolution économique, comme cela s’est produit jusqu’ici à un certain stade pour presque tout pouvoir politique, la lutte s’est chaque fois terminée par le renversement du pouvoir politique".

TRAVAILLONS A MASSIFIER LA LUTTE ET LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS DES ACTES V ET SUIVANTS AUX CHAMPS ÉLYSÉES/PARIS ET PARTOUT DANS LE PAYS.

APPELONS A L'ENTREE EN LUTTE DES 80% QUI SOUTIENNENT PASSIVEMENT ET ADDITIONNONS DANS L'ACTION GILETS JAUNES, GILETS ROUGES, AVEC ET SANS GILETS SUR LES LIEUX DE TRAVAIL, LES RONDS POINTS, LES QUARTIERS POPULAIRES ET LES VILLAGES.

C'est la voie pour stopper la broyeuse libérale européiste macroniste et obtenir satisfaction de nos revendications, comme l'ont fait nos anciens en 36, 45, 68 et ensuite pour recommencer à mettre en œuvre le point suivant de la charte d'Amiens 1906 : "La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat... : Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière; Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique : Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc.; Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste".

1981 – 2018 : des décennies de violences subies...

Ces dernières années l'abandon de la lutte de classe a entraîné l'invisibilisation des souffrances subies par l'aggravation de la lutte des classes des patrons et de leur Etat contre nos intérêts de travailleurs.

L'intensification de l'exploitation des travailleurs par les patrons, soutenus par les gouvernants de "droite et de gauche" et relayée par les médias nous a fait subir des souffrances que le silence et l'inaction de la majorité d'entre-nous a laissé faire. Les souffrances sur lesquelles ces messieurs et dames repus étaient sourds et aveugles sont terribles pour notre camp des travailleurs.

Ainsi à chaque fermeture d'entreprises ou chaque charrette de licenciements ou chaque faillite d'agriculteurs, d'artisans, de petits commerçants, chaque dégradation des conditions de travail des Télécoms, de l'Électricité, de la Santé, de policiers, de fonctionnaires "chaque jour, une personne se suicide en France à cause de son travail. En France, près d’1 décès sur 50 est un suicide. Près de 10.000 personnes mettent fin à leurs jours chaque année, soit environ 25 par jour, selon le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide".

L'illusion semée par la propagande libérale patronale et gouvernementale tendant à faire croire que "l'avenir c'est la réussite individuelle en devenant chef d'entreprise" a eu aussi son lot de suicides avec les "63.000 faillites par an dont 53.000 micro-entreprises et 4.000 PME" et par le fait qu'en moyenne "30% des entreprises disparaissent après seulement trois ans d’existence".

Les statistiques de l'étude de l'Insee portant sur l'année 2012 indiquent que le nombre de SDF (sans domicile fixe) était de 141.500. L'Insee et l'Ined précisent dans leurs études de 2013 que "Parmi ces personnes, 81.000 adultes étaient sans domicile ; ils étaient accompagnés de 30.000 enfants. Plus de la moitié de ces adultes étaient de nationalité étrangère. En incluant les 8.000 sans-domiciles des communes rurales et des petites agglomérations et les 22.500 personnes en centres d’accueil pour demandeurs d’asile, 141.500 personnes étaient sans domicile en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50% depuis 2001".

Le rapport 2017 de la Fondation Abbé Pierre tire la sonnette d'alarme en écrivant que "quatre millions de personnes sont mal logées, (c'est-à-dire qu'elles sont soit privées de logement personnel, soit vivent dans des conditions de logement très difficiles) et plus de 12 millions sont "fragilisées par rapport au logement" (locataires en situations d'impayés, propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, etc.)".

Sans oublier que les personnes ayant un boulot sans pouvoir se loger en raison des salaires bas ne cessent d'augmenter. Le drame des effondrements d'immeubles du centre-ville de Marseille délibérément laissés sans entretien pour que les habitants quittent d'eux-mêmes pour faire ensuite de "bonnes affaires" immobilières illustrent parfaitement la stratégie patronale et gouvernementale de gentrification.

Ajoutons à cela tous les faits dont vous témoignez : fermeture d'hôpitaux de proximité, de bureaux de postes, classes surchargées, chômage de masse, embauches de précaires (travail clandestin, journalier, saisonnier, travail à la tâche, intérim, cdd, etc…), bas salaires et pensions, hausse incessante des prix surtout depuis l'euro en 2000, remboursements Sécu toujours en diminution, augmentation des taxes, impôts, les privatisations, etc…

D'explosion des profits et des cadeaux aux grands patrons...

Voilà ce qu'on peut lire dans le journal des milliardaires La Tribune : "Selon l’indice Janus Henderson, les dividendes mondiaux ont progressé de près de 13% à l’échelle internationale au deuxième trimestre, atteignant le montant record de 497,4 milliards de dollars, en hausse de 12,9% par rapport à la même période de l'année dernière. Dans l’Hexagone, ils ont même bondi de 23,6%, à 50,9 milliards de dollars. Les actionnaires du CAC40 recevront cette année plus de 47 milliards d’euros de dividendes, soit 52,6% des profits enregistrés en 2017 par les grands groupes français. À quoi il faut ajouter plus de 8 milliards de rachats d’actions. Au total, ce sont donc près des deux tiers des bénéfices générés par le CAC40 qui s’en vont directement dans les poches de leurs actionnaires : fonds financiers, familles fortunées et ... État français » (21/08/18).

L'ONG Oxfam d'ajouter : "La France est le pays au monde où les entreprises cotées en Bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires...Les groupes du CAC 40 ont ainsi redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices entre 2009 - année de la crise financière mondiale - et 2016, soit deux fois plus que dans les années 2000, selon la même source".

En 2018, la somme versée au CAC 40 est de 46,8 milliards d'euros, sans compter le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), censé être un cadeau de 40 milliards d'euros pour en contrepartie des embauches. Le Comité de suivi du CICE (2017) regroupant parlementaires, partenaires sociaux, administrations et experts écrit dans son rapport du 3 octobre 2017 que "les entreprises les plus bénéficiaires ont transmis une partie de leur CICE à leurs entreprises clientes ou donneuses d’ordre, en réduisant ou en limitant la hausse des prix des biens et services qu’elles leur vendent" et conclut " à l’absence d’impact de court terme du CICE, c’est-à-dire en 2013 et 2014, sur l’investissement, la recherche et développement et les exportations". En d'autres termes, les patrons ont empoché l'argent puis ont "oublié" de créer des emplois comme ils l'ont fait chaque fois que les salariés ont accepté des baisses de salaires, des hausses de cadences et/ou des licenciements pour "sauver" un temps l'entreprise qui finit toujours par délocaliser ailleurs au nom de la "compétitivité".

C'est ainsi que "Le projet de loi de finance 2018... budgétaire comptabilise les sommes effectivement dépensées par l’Etat (et qui) sont de 6,6 milliards d’euros en 2014, 12,5 milliards en 2015, 12,9 en 2016, 16,5 en 2017, puis culminent à 21 milliards d’euros en 2018. L’impact du CICE se traduira bien après son extinction, puisqu’il pèsera encore pour 19,6 milliards d’euros en 2020. Il aura donc coûté au total 99,3 milliards d’euros. Pire, en 2019, les allègements de cotisations sociales qui prendront la suite du crédit d’impôt s’ajouteront aux montants astronomiques du CICE, puisque les entreprises le perçoivent en décalé". A tout cela il faut ajouter les fraudes fiscales patronales estimées entre 80 à 100 milliards d'euros.

Tel est le vécu concret socialement dramatique des 40 dernières années du monde du travail que la base Cégétiste n'a cessé de combattre, même quand ses dirigeants confédéraux s'empêtraient dans les scandales honteux qui ont éclaboussé le syndicalisme.

Et d'illusion sur leur victoire idéologique "durable"

Les libéraux de "droite et de gauche" serviteurs des grands patrons sont devenus sourds et aveugles devant nos souffrances parce qu'ils considéraient que seraient "éternelles" l'individualisme des "classes moyennes", l'adoption de "la société de consommation" à crédit, la croyance aux mensonges de "l'actionnariat populaire", de "l'entreprise copropriété actionnaires-salariés", de la "pensée unique libérale", de "la fin de la classe ouvrière", de "la fin de l'histoire, de l'anticapitalisme".

Cette chimère a été ainsi louée à la "droite, à la gauche et à l'extrême droite" de l'échiquier politique, mais aussi dans le "syndicalisme rassemblé" incarné par la servilité volontaire au patronat et au gouvernement des dirigeants de la CFDT/UNSA/FO/CGC, maladie opportuniste qui n'épargne malheureusement pas notre direction CGT.

Les grandes batailles que nous avons menées à la CGT n'ont pas suffi pour empêcher les mauvais coups : Novembre/Décembre 95, CPE avec la jeunesse rebelle, Retraites en 2010 soldée par une lourde défaite suite à un refus de notre direction d'appeler à bloquer l'économie du pays par la grève, plus récente Loi travail, Ordonnances Macron où nous nous sommes battus souvent seuls comme des lions. Une preuve irréfutable est le nombre de judiciarisations répressives visant nos camarades CGT, y compris contre des camarades qui ont viré de nos manifestations, sans aucune violence, un élu fasciste d'extrême droite, qui a déclaré "Cégétistes au four crématoire".

Ces résistances sociales combatives ont été souvent marquées par ce que certains ont appelé "grèves par procuration", c'est-à-dire que les non-grévistes, les abstentionnistes de la grève exprimaient leur soutien, leur sympathie sans entrer dans la lutte. Votre révolte sociale et citoyenne rencontre aussi cette réalité objective, même si nous savons tous que le nombre déclaré en lutte par le pouvoir politique est toujours largement sous-estimé.

Votre surgissement inattendu sur le terrain de la mobilisation populaire et sociale est un formidable pas en avant vers l'effondrement de 40 ans de conditionnement idéologique libéral sur le mode attrape-nigaud "serrez la ceinture, vous verrez que le ruissellement de la charité patronale va vous enrichir", "assurez la compétitivité de votre entreprise, vous bénéficierez de la participation", "plus les riches sont riches, plus ils vous feront des cadeaux".

C'est 40 ans de croyance, que le capitalisme est réformable par "l'entente cordiale des patrons et des ouvriers", qui s'écroulent dans les têtes grâce à vos cahiers de doléances, partis de l'annulation de la "taxe de trop" pour mettre progressivement au grand jour les revendications contre la vie chère pour l'augmentation des salaires, des pensions et du Smic.

C'est 40 ans de foi imposée, que les institutions de la république bourgeoise sont là pour assurer les droits démocratiques et la volonté populaire, alors qu'elles font la preuve que comme le dit le président de la commission européenne "il ne peut y avoir de démocratie contre les traités" de l'UE en bafouant le vote NON du peuple contre le traité constitutionnel européen (TCE) en 2005.

C'est 40 ans d'avilissement de la pensée rationnelle, selon laquelle le compromis social historique qui a donné les conquêtes sociales et démocratiques entre 1945 et 1981 sous l'impulsion du Conseil National de la Résistance (CNR) ne résultait pas du rapport des forces créé par la lutte de classe du monde du travail contre la classe des capitalistes, à l'intérieur du pays et à l'échelle internationale.

C'est 40 ans, au cours desquels l'instrumentalisation électoraliste de l'extrême droite fasciste a désigné l'immigration comme bouc émissaire et a imposé le racisme anti-immigré multiforme et protéiforme comme une arme patronale de destruction massive de l'unité des travailleurs et du peuple.

En vous soulevant clairement contre la présidence de l'arrogant et cynique Macron, de ses mesures libérales européistes d'accélération de la pauvreté et de la misère du peuple, vous prenez à contre-pied tous les plans, notamment celui de faire du parti fasciste d'extrême-droite eurocratique le seul vrai faux adversaire politique et syndical des eurocrates libéraux au pouvoir.

Vos cahiers de doléances s'opposent aux diktats libéraux de l'Union Européenne

En effet ils permettent de construire le rapport des forces nécessaire dans la lutte des classes dans la perspective de changer la société. On peut les classer en deux catégories :

- les revendications économiques : annulation des taxes (carburants, CSG, etc.), augmentation substantielle des salaires et pensions, du Smic, des minimas sociaux, rétablissement et hausse de l'ISF, maintien et développement des services publics, service public de l'eau, de l'électricité même si le mot "nationalisation" n'y figure pas, réindustrialisation, notamment la proposition CGT de l'hydrogène, etc.

- les revendications démocratiques citoyennes pas directement syndicales, mais qui ne laissent aucun syndicaliste progressiste indifférent : - respect du droit d'asile, démocratie participative à la base, référendum d'initiative populaire, dissolution du parlement, constitutionnalisation du social, etc.

Ces revendications remettent de fait en cause des décennies de détricotage des conquis sociaux et démocratiques gagnés de haute lutte par nos anciens sous l'impulsion du Conseil National de la Résistance (CNR) en 1945 que Denis Kessler, ex-vice-président du MEDEF expliquait ainsi sans complexe dans « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance (CNR), un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité Sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! » (Challenges, 4 octobre 2007).

En finir avec le programme du CNR, c'est justement la condition patronale pour construire l'Union des capitalistes à l'échelle européenne qu'est l'UE. La réussite de ce projet dévastateur n'est possible que par l'appauvrissement forcé de la majorité des travailleurs, de la population et la guerre à l'extérieur contre les peuples qui charrie son lot inévitable de migrants/réfugiés/sans papiers.

C'est l'UE et son programme unique libéral qui ont effacé toutes les différences politiques entre partis « de la droite et de la gauche » du capital.

Ces morceaux choisis des leaders euro-constructeurs qui nous ont gouvernés et continuent de gouverner avec Macron jettent une lumière crue sur leur unité et leurs mensonges de classe : - « L’Europe sera sociale ou ne sera pas » (François Mitterrand, 1982) ; - « L’Histoire retiendra (…) que ce sont les institutions européennes (…) qui, en 1982 et 1983, ont empêché la rupture avec le capitalisme et le changement de société. Loin de favoriser le socialisme, l’Europe nous en protège » (Patrick Devedjian, RPR, août 1992) ; - « Avec Maastricht, on va enfin pouvoir se soigner mieux » (Bernard Kouchner, septembre 1992) ; - « [avec l’Europe] non seulement nous pourrons préserver notre système de protection sociale, mais nous pourrons l’exporter », « le traité de Maastricht est le premier traité européen qui comporte un grand volet social (…) l’essentiel, c’est de commencer » (Michel Rocard, septembre 92) ; - « Pour la France, la monnaie unique c’est la voie royale pour lutter contre le chômage » (Michel Sapin, septembre 1992) ; - « Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui. Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale, moins d’exclusion » (Martine Aubry, septembre 92) ; - « Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels. Pour une fois, qu’on leur fasse confiance ! » (Elisabeth Badinter, écrivain, septembre 92) ; - « Créer un Etat européen unique sur la base d’une seule constitution européenne, cela constitue la tâche décisive de notre époque » (J. Fisher, ministre allemand Verts des affaires étrangères, décembre 1998); « En œuvrant de concert, l’Union Européenne et les Etats-Unis peuvent constituer une formidable force au service du bien dans le monde » (Javier Solana, Haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, juin 2003); « Faire l’empire européen, tout le monde le veut » (Dominique Strauss-Kahn, juin 2004) ; - « Cette Europe permettra de lutter plus efficacement contre les délocalisations qu’une Europe réduite à un marché et à la libre concurrence » (N. Sarkozy, mars 2005);- « L’Europe est le plus grand chantier politique jamais engagé par l’humanité », « Faire aimer l’Europe aux françaises et aux français, tel est l’objectif que s’assigne la droite » (Juppé, Bayrou et Sarkozy) ; - « Il y a eu le marché commun, le grand marché intérieur, puis la monnaie unique. Que nous manque- t-il ? Des institutions politiques (…) La Constitution européenne n’est ni socialiste, ni libérale » (François Hollande, Secrétaire National du PS) ; Le même avait pour slogan lors de l’élection européenne « Et maintenant l’Europe sociale ».

Voilà pourquoi faire plier Macron, c'est faire plier l'UE. C'est cela le défi à relever par la lutte unie à construire dans la durée des gilets jaunes, des gilets rouges, des immigrés avec ou sans papiers, des avec ou sans gilets des quartiers populaires et des villages de France.

Diagne Roland,

Membre des Commissions Exécutives de la CGT Educ'Action Nord, de la Ferc-CGT, de l'UD CGT Nord et de l'UL CGT Tourcoing.

Le 8 décembre 2018

 

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55résistance 13/01/2019 22:50

Voilà comment ce gouvernement traite son peuple : dites-le autour de vous, faites passer le message, y compris hors de l’hexagone, le monde doit savoir.Ce gouvernement et ce depuis une certain Sarkozy traite le peuple français comme un ramassis d’inférieurs alcooliques,fainéants voire de « racailles ».Pourtant les gouvernements successifs depuis 2005 (résultat du référendum bafoué)sont évidemment responsables de la situation actuelle de la France :comptes publics dégradés,dette abyssale,chômage explosif,balance du commerce extérieur lourdement déficitaire,services publics en souffrance,conditions de vie d’une majorité de Français dégradées,inégalités sociales ne cessant de s’accroître…etc.

En guise de réponse à de légitimes préoccupations et à de non moins légitimes revendications le gouvernement tempête,pérore et cogne :des hommes,des femmes et même des enfants,des adolescents de tous âges et de toutes conditions ont été victimes d’une répression policière et judiciaire d’une rare violence,d’une répression aveugle et inédite,ordonnée par un pouvoir exécutif en panique.Certains de nos concitoyens ont été jetés en prison pour avoir lancé un fumigène ou avoir organisé une réunion sans autorisation dans un lycée !

Comble de l’incohérence et de la bêtise : le gouvernement appelle les Français à « débattre »en prenant soin d’indiquer par avance que leurs doléances n’entraineront aucun changement de politique.Le dialogue est donc de pure forme, il doit être un simulacre, une mascarade pour ne pas répondre aux exigences d’un peuple ainsi tenu dans la minorité.

C’est pourquoi nous devons amplifier la protestation afin que ce gouvernement cesse de multiplier les mesures répressives et rétrogrades (notamment à l’égard des plus vulnérables)et engage de véritables négociations sur la base des revendications des Gilets Jaunes.Les syndicats et organisations professionnelles et au-delà l’ensemble des corps intermédiaires,au nom de l’intérêt supérieur de notre pays,ne peuvent plus rester dans l’expectative :ils doivent clairement apporter leur appui,leur soutien à un mouvement pacifique,citoyen et représentatif d’une majorité de Français(es) !

Vive la France, vive le génie du peuple français, peuple des droits de l’homme !