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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

Henri Curiel

Henri Curiel

Il y a quarante ans, le 4 mai 1978, Henri Curiel était assassiné à Paris. Suite à la délibération adoptée le 16 novembre 2018 par le Conseil de Paris, une plaque qui ne dit rien des auteurs de ce crime va être apposée non loin du lieu de son assassinat. La question de la recherche des responsables n’y est même pas posée. Pourtant, pour la journaliste Sylvie Braibant, nous savons de quel côté chercher les assassins. Mais, au nom du secret défense qui empêche la justice de regarder du côté du général Aussaresses et du président Giscard d’Estaing, les exécutants et les décideurs ne sont toujours pas désignés.

 

Le Conseil de Paris a adopté le 16 novembre 2018, sur le rapport de Mme Catherine Vieu-Charier, la délibération suivante :

Article 1 : Est approuvée la proposition de Mme la Maire de Paris tendant à l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Henri Curiel au niveau de l’escalier qui dans la rue Rollin donne accès à la place Benjamin Fondane (5e).

Article 2 : Le texte de la plaque est : « A la mémoire de Henri Curiel, né le 13 septembre 1914 au Caire (Egypte), assassiné à Paris, 4 rue Rollin, le 4 mai 1978, victime de son engagement anticolonialiste et de ses idéaux de paix ». 
 

Rien sur la qualification de ce crime comme crime d’Etat, ni sur les responsables de cet assassinat. Pourtant, dans son article, « Assassinat de l’anticolonialiste Henri Curiel : la justice rouvre l’enquête », publié le 18 janvier 2018, sur francetvinfo, Michel Lachkar, de la rédaction Afrique de France Télévisions, a rapporté les propos de l’avocat William Bourdon le 16 janvier 2018 : « Tous les indices nous poussent à croire que nous avons affaire à un crime d’Etat ». Un crime où les autorités françaises de l’époque et celles de l’Afrique du Sud de l’apartheid sont impliquées. Quarante ans après cet assassinat, l’identification des auteurs et des donneurs d’ordre serait possible. Un juge d’instruction a été désigné le 9 janvier 2018, suite à l’information judiciaire ouverte le 27 décembre 2017. Aura-t-il les moyens d’y travailler ou en sera-t-il empêché ? 
 

Pour Sylvie Braibant, fille de Guy Braibant, cousin germain d’Henri Curiel, qui évoque ses propres souvenirs de la réaction de son père en apprenant ce crime, nous savons de quel côté chercher les assassins. Mais, au nom du secret défense, la justice reste empêchée de le faire, par un fil rouge menant du général Aussaresses au président Giscard d’Estaing.

 

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Assassinat d’Henri Curiel : vérités évidentes, justice empêchée

par Sylvie Braibant

Publié par Mediapart le 24 avril 2018

Il faisait chaud ce week-end de juin 1976. La sécheresse grignotait petit à petit toute la France. Paris était gagné par la torpeur. Dans la voiture de mon père, je m’étais à moitié endormie. Jusqu’à ce que je l’entende dire de sa voix douce "mais qu’est-ce que c’est que ça ?". Au feu rouge du croisement des boulevards Saint Michel et Saint Germain, il restait en arrêt devant un kiosque à journaux dont l’immense affiche apposée à son dos, proclamait fièrement le dernier scoop du Point : "Henri Curiel, le patron des réseaux d’aide aux terroristes". Et de son ton toujours aussi calme, mais angoissé cette fois, il me dit : "Henri va être assassiné."

 

[…]

LA SUITE EN LIEN CI-DESSOUS :

 

 

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