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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

source :Fakir

source :Fakir

PAR FRANÇOIS RUFFIN 29 janvier 2019 PARU DANS LE FAKIR N°(85) DATE DE PARUTION :JUILLET AOÛT

 

« Mais vous êtes l’homme de la séparation des pouvoirs, bon sang ! Et ils vous mettent ici, les enfoirés ! » On a fait une drôle de rencontre, dans les jardins de l’Assemblée. Et on est revenus causer démocratie et Constitution, dérive monarchique de Macron...

« Alors, on la rentre, cette chemise dans le pantalon ? 
— Ah non ! Pas vous ! Pas vous aussi ! 
— Hi ! hi ! hi ! »

Ça lui secoue sa perruque, à Montesquieu, ce rire contenu.
Il est taquin.
Très taquin.
C’était l’été dernier. Entre deux séances, je me reposais dans ce coin de jardin du Palais Bourbon. C’est moins bondé que la buvette. Entre l’hôtel de Lassay et l’entrée de l’Hémicycle, tout est taillé au poil, pas un brin d’herbe qui dépasse, et je lisais à l’ombre des taillis, sous le regard d’une statue.
C’est qui, ce mec‑là ? je m’étais demandé. Un aristo, c’est sûr, vu les fringues, la moumoute, et puis il se la pète un peu, le doigt sur la tempe, genre grand penseur, une pile de bouquins sous le coude, les jambes croisées. Je me suis approché, un nom serait peut‑être inscrit sur le piédestal. Non, rien, aucun blase d’indiqué. Bon, qu’importe, sapé comme ça, ça devait être un lèche‑bottes quelconques à Louis XIV...
« Montesquieu. »
Hein ?
« Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu. »
« Putain de bordel de merde ! », j’ai bondi, et mon cœur pareil. C’était... c’était la statue qui me causait !
La voix, déjà caverneuse, m’a grondé : « Si vous souhaitez que nous entretenions une conversation, cher ami, il va vous falloir châtier votre langage. Et ne plus me traiter de ‘‘lèche‑bottes quelconque’’. »

Je l’avais vexé.
C’est à cause de ça, peut‑être, qu’il était sorti de son
silence.
« Ah non, pardon, vous, je vous respecte... » Je me suis assis dans le fauteuil en bois, pour me remettre. Puis j’ai éclaté de rire : « Ah l’ironie ! Ah ils sont forts, les salopiots ! »
Mon fou rire ne s’arrêtait plus.
J’étais secoué de spasmes.

[...]

 

 

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