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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

 

Publié par El Diablo

 

Alors que le gouvernement se félicite des chiffres annoncés par Pôle emploi aujourd’hui, un décryptage s’impose. A première vue, ces chiffres sont encourageants: toutes catégories confondues, le chômage est en baisse de 1,7 % sur le trimestre et 2,2 % sur l’année.

 

Ces chiffres doivent être relativisés : ils ne traduisent pas uniquement des créations d’emploi mais surtout l’exclusion de demandeurs d’emploi de l’assurance chômage. A titre d’exemple, les radiations n’ont cessé d’augmenté (6 % sur l’année pour les catégories A, B et C).

 

En parallèle, on constate une hausse exceptionnelle de la pauvreté, comme l’attestent les derniers chiffres de l’INSEE. Cela nous montre bien que notre système de solidarité ne joue plus son rôle : non seulement, ceux qui sont exclus de l’assurance chômage sont de plus en plus nombreux, mais en plus seulement une minorité d’inscrits à Pôle emploi est indemnisée (moins d’1 personne sur 2).

 

Il est à parier que cette hausse de la pauvreté se prolongera en 2020, quand les premières mesures de la réforme de l’assurance chômage commenceront à montrer leurs effets. Pour rappel, cette mesure fait 50 % de perdants parmi les 2,6 millions d’indemnisés. C’est autant de personnes potentiellement précipitées dans la précarité.

 

Ces chiffres doivent également être mis en parallèle avec les dizaines de milliards de cadeaux fiscaux accordés par l’Etat, chaque année, dans le cadre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). En 2014, le président du Medef, Pierre Gattaz, promettait 1 million d’emploi en échange du CICE. Aujourd’hui, on constate une légère baisse du chômage, un nombre de privés d’emploi indemnisés en baisse, une hausse de la pauvreté, etc. A quoi bon offrir des milliards pour un tel résultat ?

 

Malgré la baisse apparente des chiffres du chômage, il n’y a pas de quoi se réjouir.

 

La bataille pour l’emploi et contre le chômage ne se résoudra pas par des opérations de communication du gouvernement mais par l’augmentation significative du taux d’activité pour les jeunes, les salariés de plus de 50 ans, les travailleurs les moins qualifiés, les femmes.

 

Créer des emplois stables et correctement rémunérés, c’est bon pour le financement des retraites actuelles et futures et leurs montants.

 

Montreuil, le  27 janvier 2020.

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