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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

source : wikipédia

 

Chers tous,

Ce jour [le 12 mai 2020], au journal télévisé de 13 h de France 2, il la rubrique "Dans le rétro" traitait, comme les jours précédents, d'une date anniversaire : qu'était-il advenu un autre 12 mai, dans le passé ? Eh bien, le sujet était celui-ci : "Le 12 mai 1949, il y a 71 ans jour pour jour, le blocus de Berlin (Allemagne) prenait fin.

[Voix du journaliste] : "Pour beaucoup d'historiens, ces images [des vues d'avions de transport] marquent le début de la guerre froide. Des dizaines d'avions, américains et britanniques. Un incroyable pont aérien pour briser le blocus de Berlin, imposé par les Soviétiques."

[Voix du speaker de l'époque] : "Chargés de blé et de viande, les appareils se succèdent sur les pistes, à la cadence, jamais atteinte, d'un atterrissage toutes les deux minutes. Pour la première fois dans l'Histoire, une ville de deux millions d'habitants voit sa consommation de charbon assurée par les airs. Effort prodigieux qui permet de décharger chaque jour les 300 tonnes de combustible nécessaires à la vie de Berlin."

[Voix du journaliste] : "Un ravitaillement par les airs car en juin 1948, les Soviétiques coupent toutes les routes, toutes les voies ferrées, pour asphyxier Berlin-Ouest. Staline veut faire tomber toute la ville dans le bloc de l'Est. Impensable, pour les Occidentaux, qui vont faire de Berlin un symbole. Non seulement ils rétablissent l'électricité, apportent la nourriture, mais ils veulent aussi gagner la bataille des images. [Ici, photo d'enfants berlinois, hissés sur un amas d'objet, acclamant un avion qui passe à basse altitude.] Juste avant d'atterrir, les pilotes américains larguent donc des raisins secs et des bonbons aux enfants présents sur le bord des pistes, comme Eberhard Kirsch : il avait 12 ans à l'époque".

[Vue d'un vieux monsieur dans un musée, contemplant une grande photo]. Il décrit la photo : "C'est un tas de gravats sur lequel on allait, avec mes amis. Tout ça nous a donné du courage et grâce à ça, on a surmonté le blocus".


[Voix du journaliste] : "Au total, 277 000 vols sont assurés. Et au bout de 10 mois, les Soviétiques finissent par céder. Les postes-frontières sont ouverts, dans la liesse. Ambiance euphorique, racontent les Actualités de l'époque [Ici, images de foules en liesse].

[Voix du speaker de l'époque] : "Dans Berlin même, des milliers de personnes ont manifesté dans la rue leur joie à l'annonce officielle de la fin du blocus. Le problème de Berlin, véritable plaie européenne, est en passe d'être résolu, la paix en sortira fortifiée".


[Voix du journaliste] : "Mais en réalité, la guerre froide ne fait que commencer. 12 ans plus tard, les Soviétiques récidivent : ils construisent le Mur de Berlin, qui coupera la ville en deux pendant près de 30 ans. Aujourd'hui, l'aéroport de Tempelhof, où se posaient les avions ravitailleurs, est devenu un parc, au cœur de la ville. Mais les Berlinois n'ont pas oublié leurs héros. L'an dernier, un des derniers pilotes avait fait le déplacement pour marquer l'anniversaire de la fin du blocus. Un Américain presque centenaire, applaudi longuement par la nouvelle génération".

[Remarque liminaire. Les lignes ci-après doivent beaucoup aux conseils éclairés de mon ami D., qui se reconnaîtra...]

Remarque 1. Remettons d'abord les choses en perspective. Première remise en perspective : à Berlin, en 1948-49, les Américains n'ont pas défendu la liberté. Si les Américains défendaient la liberté, cela se saurait. S'ils la défendaient, les Espagnols, maintenus sous la férule de Franco après 1945 l'auraient su. Comme les Chiliens sous la dictature de Pinochet. Les dizaines de milliers de Taïwanais massacrés en 1947 par le régime de Tchang Kaï-chek l'auraient su. Les Coréens du Sud, massacrés par Syngman Rhee, torturés et emprisonnés par Park Chung Hee l'auraient su. Les sympathisants de gauche grecs, massacrés par l'armée royale et les Américains entre 1946 et 1949, puis opprimés entre 1967 et 1974, l'auraient su. Les 500 000 voire un million de communistes Indonésiens tués par Suharto en 1965 l'auraient su. Les 200 000 Philippins tués (au bas mot) entre 1898 et 1914, lors de la prise de possession de l'archipel par les États-Unis l'auraient su. Les Noirs et métis d'Afrique du Sud maintenus jusqu'en 1991 sous le régime ignoble de l'apartheid - soutenu par les États-Unis - l'auraient su. Les Iraniens, écrasés par la tyrannie du shah auraient bien voulu le savoir. Léonard Peltier, militant amérindien emprisonné depuis 1977 dans un pénitencier de Pennsylvanie, serait heureux de le savoir. Et ainsi de suite ad libitum...

Remarque 2. Deuxième remise en perspective, sur le statut de Berlin-Ouest. Berlin-Ouest n'était pas un îlot de liberté dans un océan de dictature communiste comme le claironnait la propagande - et comme elle le claironne encore aujourd'hui (à preuve, ce reportage). Berlin-Ouest, c'était une métastase occidentale en pays socialiste. Comme l'est Guantanamo jusqu'à aujourd’hui. Comme l'est l’atoll de Diego Garcia, dans l'océan Indien, dont les habitants furent déportés, en 1971, pour faire place à une immense base aérienne américaine. Comme l'est la base d'Okinawa, au Japon. Comme l'était la zone du canal de Panama jusqu'en 1999. Etc. Le rôle de Berlin-Ouest n'était pas de préserver une "enclave de liberté", c'était de maintenir un centre d'espionnage, de surveillance et, si possible, de déstabilisation du régime de la RDA. Et, au-delà, de l'ensemble du bloc socialiste, et, surtout, de l'URSS. Ce qui a réussi puisque c'est la chute du Mur de Berlin qui, symboliquement, a marqué le commencement de la fin de la RDA, et, peu après, de tous les régimes-frères.

Remarque 3. La présence des Occidentaux à Berlin-Ouest n'allait nullement de soi. Berlin fut pris par la seule armée soviétique à l'issue d'une bataille de plus de deux semaines (du 16 avril au 2 mai 1945), et cette bataille ne fut pas une formalité. Les Soviétiques y engagèrent 2,5 millions de soldats, plus de 6000 chars et près de 42 000 canons. Et, pour conquérir la capitale allemande, ils laissèrent 81 000 morts. [Pour mémoire, les Américains, en 3 ans et 9 mois de guerre, eurent, eux, 418 000 morts sur tous les fronts.] Donc, pour résumer, pour prendre Berlin, sacrifices des Soviétiques : 81 000 morts ; sacrifices des Américains : aucun mort... Et, dans d'autres régions, les Américains n'avaient d'ailleurs pas plus de titres à occuper militairement Vienne que la Corée du Sud, n'ayant pas davantage pris part à la libération de l'une que de l'autre.

Remarque 4. Pour comprendre l'état d'esprit des Soviétiques en 1948, au début de la guerre froide, il faut se rappeler que, depuis 1914, ils avaient vu trois fois la guerre portée sur leur sol. En effet, en 1914, à part une brève incursion en territoire allemand au début de la guerre, celle-ci s'était pour l'essentiel déroulée en Russie. Ensuite, lors de la guerre civile, ils avaient été envahis par des armées étrangères venant à la rescousse des Blancs. Enfin, ils avaient, de 1941 à 1944, vu les armées de l'Axe les attaquer chez eux. Avec des pertes de 25 à 30 millions de morts et toute la Russie d'Europe ravagée. Sans oublier l'hostilité anticommuniste et antisoviétique des pays d'Europe de 1918 à 1939. Les Soviétiques n'avaient pas envie d'être attaqués une quatrième fois, surtout par une coalition dont l'Allemagne aurait été partie prenante. Et ils ne souhaitaient pas que l'Europe centrale serve encore une fois de point de départ d'une nouvelle offensive à leur encontre.

Remarque 5. Dans l'esprit des Soviétiques, le statut de l'Allemagne devait être défini progressivement lors de rencontres au sommet, puisque, sur l'Allemagne, plusieurs projets de division et de statuts avaient été envisagés. En tout cas, pour l'URSS, l'Allemagne ne devait plus représenter un danger, que ce fût du point de vue politique ou militaire - voire économique, pour que sa puissante industrie ne soit pas en mesure de fabriquer chars, canons et avions. Le problème, c'est que si, pendant la guerre, les rencontres entre dirigeants occidentaux et soviétiques se succédèrent - conférence de Moscou (19 au 30 octobre 1943), de Téhéran (28 novembre au 1er décembre 1943), de Yalta (4 au 11 février 1945), de Potsdam (17 juillet-2 août 1945) -, les conférences de Moscou et de Londres, en 1947 échouèrent toutes les deux.

Remarque 6. Il semble bien, en effet, que les Occidentaux - et en premier lieu les Américains - avaient des projets tout différents pour l'Allemagne. Pour des raisons économiques (les liens entre milieux d'affaires américains et allemands, entre banques, entre grandes firmes des deux côtés de l'Atlantique, les nécessités d'écouler la production, de consolider l'Europe occidentale face à une URSS perçue - bien à tort ! - comme menaçante) et politiques (éviter un appauvrissement de l'Allemagne qui aurait favorisé les idées communistes), les Américains avaient décidé de "remonter" l'Allemagne. Cette "renaissance" de l'Allemagne - dans la zone d'occupation de l'Ouest, bien entendu - passa par les phases de fusion de la Trizone (zones américaine, britannique et française) le 3 juin 1948, et de création du Deutschemark, le 21 juin 1948. Le 23 juin débuta le blocus de Berlin. Ce dernier fut donc une riposte à une décision unilatérale des Occidentaux et non le caprice d'un despote oriental voulant affamer de "pauvres Berlinois".

Remarque 7. La phrase : "12 ans après les Soviétiques récidivent" est déplacée et méprisante. Elle est d'abord déplacée en ce que le journaliste emploie un vocabulaire de droit pénal ("récidiver") au sujet des dirigeants d'un État, considérant ces dirigeants comme des voyous, des délinquants, des hors la loi. Ces propos participent du même esprit que celui des Américains mettant à prix la tête de Nicolas Maduro, président d'un pays reconnu par la majorité des Etats de la planète. Ensuite, le propos est insultant pour les dirigeants de la RDA, car ce sont eux - et non les Soviétiques - qui prirent la décision d'édifier le Mur. En disant "les Soviétiques récidivent", le journaliste considère la RDA comme une simple division administrative de l'URSS, même pas une République fédérée. Comment se justifier d'un tel mépris, de la part d'un pays qui, face aux États-Unis, prétend se montrer indépendant mais qui rentre dans le rang quand Washington décide l'embargo total sur l'Iran, ou qui reconnaît le putschiste Guaido à un claquement de doigts du maître ?

Je vous saurais gré de vos remarques, compléments, précisions et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud,

Amis du Monde Diplomatique

Tours

COURRIEL

 

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