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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par diablo

Ce sont toutes les organisations syndicales de l'Education Nationale, de la Maternelle à l'Université, qui appellent à la grève ce jeudi 20 novembre. Après la réussite de la manifestation du 19 octobre, les personnels de l'Education Nationale vont à nouveau faire entendre leur profond mécontentement et leur refus de la casse du service public d'éducation.

Celui-ci est en effet la victime en série des destructions d'emplois publics organisées, sous pilotage européen, par les gouvernements successifs et accélérées par Sarkozy. Après les dizaines de milliers de postes d'enseignants supprimés ces dernières années, ce sont 13500 postes qui vont disparaître en 2009 puis à nouveau 80000 d'ici 2012 ! Les conséquences sur l'Ecole de ces saignées à répétition sont terribles : fermetures de classes, augmentation du nombre d'élèves par classe, extinction des dispositifs d'enseignement adapté, diminution des heures de cours et des offres de formation. Et les différentes réformes engagées (refonte des programmes, suppression de deux heures d'enseignement hebdomadaires et casse des RASED dans le Primaire ; « socle commun de compétences » minimales au collège ; réforme des Lycées professionnels avec la perte d'une année de formation pour le Bac Pro et la quasi-disparition des BEP ; réforme des lycées alignant le lycée français sur le mode de fonctionnement anglo-saxon, caractérisé par la faiblesse des contenus, l'inégalité devant la formation et l'exploitation sans limite des enseignants) visent, par-delà les discours de la propagande officielle, à accompagner cette réduction drastique du nombre d'enseignants et à construire une école publique « à minima » dans le droit fil des injonctions de la stratégie européenne de Lisbonne. Quant à l'enseignement supérieur, après la loi LRU (de privatisation de fait des universités sous couvert d'autonomie) et le début de démantèlement des organismes de recherche publique (notamment le CNRS), le gouvernement franchit une nouvelle étape en s'attaquant au statut des enseignants-chercheurs et aux concours de recrutement des enseignants du second degré appelés à obtenir un « permis d'enseigner » et à aller se « vendre » auprès des chefs d'établissement pour trouver un emploi.

Au final, c'est l'ensemble du service public d'éducation qui est désossé pendant que l'enseignement privé se développe rapidement grâce à de généreux financements étatiques et que la disparition de la carte scolaire associée à la mise en concurrence des établissements renforce les inégalités par la création de véritables « ghettos » scolaires, avec des riches d'un côté et des pauvres de l'autre.

On se demande bien dans ces conditions pourquoi nombre d'états-majors syndicaux, au lieu de s'opposer frontalement à cette casse délibérée du système public d'éducation, se sont engagés si longtemps dans la fiction de « négociations » et d'un pseudo-« dialogue social »  avec le gouvernement. Mais la situation est suffisamment grave et la colère suffisamment grande (notamment face à l'argument des déficits publics alors que le gouvernement et les institutions européennes trouvent des centaines de milliards pour sauver les profits des banquiers et exonérer les grandes entreprises de « charges sociales ») pour que, sous la pression de la base, les directions syndicales organisent une journée de grève unitaire.

Nul doute que la mobilisation sera forte dans les AG et dans les cortèges. Reste maintenant à éviter ce que les enseignants connaissent depuis des années et qu'ils dénoncent de plus en plus fortement, à savoir l'organisation de grandes journées d'action laissées sans suite et, de plus, isolées des autres mobilisations populaires.

Or, deux jours plus tard, le 22 novembre, les postiers et les usagers défileront contre la privatisation de la Poste et le 26 novembre, la CGT appelle à une journée d'action dans le pays. Pendant ce temps, les ouvriers du Livre et les agents de l'ONF sont en lutte contre la casse de leurs statuts et de leurs missions, les cheminots se battent contre la dérèglement de leur horaires de travail préparant la « concurrence libre et non faussée» avec le privé, les personnels d'Air France contre la retraite à 65 et 70 ans, les salariés de l'automobile contre la casse de l'outil industriel et les licenciements (alors que les dividendes versés aux grands actionnaires n'ont jamais été aussi élevés)... De même, les personnels hospitaliers se mobilisent progressivement contre le « plan Bachelot » avec un premier appel à la grève des médecins urgentistes au début du mois de décembre ; les personnels de la justice continuent à protester contre la réforme de la carte judiciaire et les pratiques liberticides du gouvernement...

Chacun de ces secteurs porte ses revendications propres mais tous combattent un même pouvoir euro-formaté qui détruit les services publics et et les acquis sociaux et démocratiques du peuple afin de servir au mieux les intérêts de ses parrains les grands actionnaires, les Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault, Rothschild et autres Lagardère. Dans cette terrible guerre de classe, les salariés ne pourront gagner sur leurs revendications particulières et générales qu'en créant un rapport de forces de haut niveau et en construisant, à partir des nécessaires luttes à la base, la seule perspective gagnante du « tous ensemble en même temps » contre Sarkozy, le MEDEF et l'UE du capital.

le 18 novembre 2008

source : « prcf »


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