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« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par Michel LeDiablo

Europa-Die-Linke

« Die Linke » adopte son programme européen :

 union sacrée pour la défense de l'Union européenne et de l'euro !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

14-15 février 2014 , les « Journées européennes » de Linke à Hambourg devaient décider de la ligne du parti pour les européennes : 100 ans après 1914, une véritable « union sacrée » pour l'Union européenne et l'Euro, que le « Parti de gauche » désire sauver contre tous.

 


La mise en scène médiatique de ces dernières semaines entre aile « radicale » favorable à la sortie de l'euro, la rupture de l'UE et aile « réformatrice » pro-européenne a volé en éclats à Hambourg : Die Linke est unie pour la défense de l'Union européenne des monopoles, plus que jamais.

 

Le « Parti de gauche » allemand, partenaire du Front de gauche dans le PGE, a mis la barre à droite adoptant comme manifeste européen, un texte de 36 pages intitulé : « Une autre Europe est possible : sociale, pacifique, démocratique – pour une réorientation de l'Union européenne ».

 


Pour Die Linke, non l'UE n'est pas un bloc « militariste, non-démocratique, néo-libéral » !

 

La guerre de Hambourg n'a pas eu lieu. Les médias, ces dernières semaines, ont concentré leurs feux sur une formulation comprise dans le texte préparatoire aux « Journées européennes » : « l'Union européenne est un bloc militariste, non-démocratique et néo-libéral ».

 

 

Un constat qui avait permis à Gregor Gysi d'utiliser la tribune de der Spiegel pour dénoncer l'idée que l'on puisse critiquer l'Union européenne : « En tant qu'internationaliste, nous devons être les partisans de l'intégration européenne : c'est une idée de gauche ! »

 

 

Au début des « Journées européennes », la formule avait disparu : pour Die Linke l'Union européenne n'est donc pas un bloc militaire, non-démocratique, néo-libéral !

 

 

Les « radicaux » menés par Sarah Wagenknecht n'ont pas mené la bataille, celle-ci préférant rejoindre le consensus dominant en appelant « à une autre Europe, une autre Union européenne ».

 


« Sauver l'euro » : la mission de Die Linke

 

Les débats sur l'Euro ont occupé une bonne partie des discussions. Faut-il sortir de l'Euro ? Là encore, entre les caciques du parti, il n'y a pas eu de débat : c'est un « non » unanime.

 

Gysi, de l'aile-droite « réformatrice », a produit une défense serrée de la monnaie unique européenne. Pour lui, « il nous faut sauver l'Euro ». Pourquoi ?

 

« 1) la dissolution de l'euro, ce serait un pas en arrière dans l'intégration européenne, ce que nous ne voulons pas ; 2) il serait plus facile de spéculer contre les monnaies nationales ; 3) la dévaluation massive dans un pays comme la Grèce accélérait la désintégration sociale ; 4) l'économie d'exportation allemande rencontrerait des difficultés sérieuses. »

 

L'argumentaire patronal bien rôdé par Gysi qui débouche sur la nécessité de sauver les industriels allemands et la construction européenne qui la favorise actuellement !

 

Et dans la gauche dite « radicale », Sarah Wagenknecht avait déjà mis les choses au point avant le Congrès, dans une interview à Junge Welt :

 

« Non, je n'ai pas demandé la fin de l'Euro », précisant « le danger en cas de retrait de plusieurs pays, c'est le début d'une attaque spéculative contre les monnaies, la dégradation de la situation en Grèce par la hausse des biens importés ». Du Gysi, mais de gauche !

 

 

Finalement, dans son intervention au Congrès, Mme Wagenknecht n'a pas mentionné l'euro une seule fois. Ce qui a permis aux « centristes » opportunistes d'intégrer au Manifeste du Parti l'idée d'une « réforme du système monétaire européen », tout en excluant la sortie de l'Euro.

 

 

Die Linke se battra donc pour sauver l'Euro des griffes des dirigeants européens

 

 

Die Linke, le « parti pro-européen » contre les « anti-européens » de Merkel aux 'souverainistes' de l'AfD !

 

 

Les ficelles sont grosses au moment où l'Union européenne est plus impopulaire que jamais en Allemagne : en cas de référendum demain en Allemagne, selon un sondage Gallup, seuls 49 % voteraient pour rester dans l'UE, 31 % pour la sortie, avec 20 % d'indécis !

 

 

Comment justifier cette position conservatrice, défendre l'Europe des Schroder et Merkel ?

 

 

D'abord, c'est un paradoxe apparent, en présentant Merkel comme une « anti-européenne » contre laquelle Die Linke devrait nécessairement être « pro-européen » !

 

 

Gysi est toujours à la manœuvre : « quand je dis que nous devons sauver l'Euro, c'est d'une façon très différente de Merkel. Et si Merkel venait à détruire l'Euro, ce serait sa responsabilité ». Gysi est clair, nous ne laisserons pas l'euro-sceptique Merkel casser notre Euro !

 

 

Les « centristes » Cornelia Ernst et Katja Kipping ont mis le paquet. Pour Ernst, ce sont « les Merkels et cie qui sont les diviseurs de l'intégration européenne, les vrais anti-européens : Résistance ! ». Sauvons l'Europe des monopoles des griffes de Merkel !

 

 

Kipping défend l'idée européenne comme « idée de gauche », l' « Europe est à nous », c'est pourquoi il faut « critiquer la politique européenne de Merkel » qui privilégie la grande puissance allemande sur l'avenir de l'Europe.

 

 

Kipping se réjouit que le philosophe « libéral de gauche » Jurgen Habermas ait soulevé les mêmes mises en garde au congrès du SPD sur les risques de l' « Europe allemande » … une référence qu'on retrouve également dans l'intervention de la « radicale » Wagenknecht.

 

 

La « radicale » Wagenknecht qui dénonce, elle aussi, la « politique anti-européenne du gouvernement Merkel » pour mieux se rallier avec Habermas dans la défense de l'idée européenne.

 

 

Ensuite, en défendant l'idée d'une « autre Europe », à partir de la réforme de celle actuelle. L'argument est spécieux. Cette Europe-là ne nous convient pas, celle des banquiers et des industriels qui affament les peuples. Alors, nous allons nous battre pour améliorer, humaniser, cette Europe !

 

 

Gaby Zimmer, la nouvelle tête de liste pour les Européens pousse le plus loin cette schizophrénie, ici dans un entretien à Die Zeit, le 17 février :

 

 

« Nous ne critiquons pas l'Europe, mais cette Europe-là. Mais si la critique vise généralement à rejeter l'Union européenne, elle ne cherche pas à la traiter comme telle. La critique doit être concrète, on ne peut pas laisser croire qu'en sortant de l'UE, cela irait mieux ».

 

 

Elle raconte son parcours ensuite, de pauvre est-allemande dans un monde où l' « Europe n'existait pas » avec l'URSS, l'Europe de l'est. Mais « j'ai fait des études de français, mon rêve était de voyager n'importe où, à Paris d'abord ». Heureusement le mur est tombé, « moi qui ai toujours été européenne, mon parcours en Allemagne m'a menée vers l'Europe ».

 

 

La pédagogie de l'annexion de la RDA par la RFA, comme le dit la présidente de Linke Katja Kipping au Congrès : « C'est beau de voir qu'on a plus de mur dans les têtes entre Est et Ouest ». Tous des ouest-allemands !

 

 

Enfin, Die Linke agite l'épouvantail de la droite anti-européenne, l'AfD (Alternative pour l'Allemagne – un parti créé par une fraction euro-sceptique du capital allemand, sur le modèle de l'UKIP britannique) pour mieux justifier son adhésion au consensus dominant.

 

 

Le consensus est total dans le Parti, des « réformateurs » aux « radicaux ».

 

 

Toujours maître Gysi, « l'AfD est contre les hausses de salaire, de retraites, des allocations. Il est anti-social, très anti-social. Il est pour la sortie de l'euro, peut-être de l'Europe (…) alors nous, il nous faut nous battre pour faire cette Europe, nous battre pour l'idée européenne ».

 

 

Chez les « centristes », pour la tête de liste Gabi Zimmer « Linke est un contre-modèle à l'AfD » (Die Zeit, 17 février), nous n'avons rien à faire avec ce parti, ajoute-t-elle. Ce qui permet de défendre l'Union européenne de la finance.

 

 

Enfin, le clou, chez la « radicale » Wagenknecht qui oppose l'AfD « qui veut des baisses de salaire, une redistribution des richesses vers le haut » et Linke « qui se bat pour taxer les riches ». Linke est donc « l'opposé du programme de l'AfD ». Encore une fois : donc nous défendons l'UE.

 

 

« Nous sommes tous des européens » : de Gysi à droite à Wagenknecht à gauche, le même cri !

 

 

Nous sommes tous des européens. Il faut écouter Mme Wagenknecht pour y croire : « Certains veulent nous faire croire qu'il y aurait des anti-européens contre des pro-européens dans ce parti. En fait, il n'y a pas d'anti-européens ».

 

 

On a même eu droit au couplet sempiternel sur les « fondateurs de l'idée européenne ». Gysi a fait dans le sobre, du Victor Hugo. Kipping, présidente de Linke, est allée beaucoup plus loin.

 

 

Elle a osé faire référence au « Manifeste de Ventotene » écrit par trois militants anti-fascistes italiens pour une « Europe libre et unie », texte devenu depuis le Manifeste des fédéralistes européens, prétexte à la propagande sur la nécessité d'une « Europe de paix et de liberté ».

 

 

Selon Kipping, voici le « manifeste fondateur de la gauche socialiste européenne ». Ce qui est très juste. Pour elle, ce document est la preuve que « l'idée européenne est étroitement liée à l'anti-fascisme, que c'est une idée de gauche ! ».

 

 

Une étrange réécriture de l'histoire où un obscur texte écrit par trois individus, à la portée fort limitée, a plus de poids dans l'histoire de l'Allemagne que toute la propagande pro-européenne, l'organisation économique et politique européenne façonnées par le III ème Reich !

 

 

Cette œuvre de réhabilitation de l' « unité de l'Europe » passe chez Die Linke par une insistance sur la « chute du Mur » : « les murs sont tombés dans les têtes » pour Kipping, « le chemin en Allemagne m'a mené vers l'Europe » pour Zimmer. Une apologie de l'annexion de la RDA.

 

 

Enfin, bouquet final, le texte de Gysi est tout empli d'un rêve européen qui fait froid dans le dos, plus d'intégration européenne, culturelle, politique et militaire :

 

 

« Et si on lançait le projet que les enfants dans toute l'Europe parlent une même langue dès la petite-enfance ? Ce serait probablement l'anglais, difficile à faire accepter en France. Mon Dieu ! Cela créerait une génération qui pourrait communiquer avec autrui. Quelle progression européenne ! ».

 

 

Un projet d'assimilation culturelle, moulée dans la mondialisation capitaliste, qui peut effrayer !

 

 

Gysi enchaîne : « Et qu'en pensez-vous si on mettait en place une bonne petite armée européenne pour protéger l'UE, en supprimant les armées nationales ? Ce serait bien. » Quel filou, ce Gysi, une armée européenne sous hégémonie allemande, pour parler d'une seule voix derrière les USA et l'Allemagne, servir de bras armé au "pilier européen" de l'OTAN.

 

 

Mais le petit kaiser Gysi va plus loin : « l'intégration européenne doit être défendue contre toutes les critiques, ses faux amis qui ont quitté cette belle idée humaniste. C'est notre travail. Cela concerne aussi l'Europe de l'est, jusqu'à la Russie. Nous voulons unir toute l'Europe ».

 

 

L'Ukraine ? Gysi renvoie dos à dos les deux positions … pour affirmer que l' « Ukraine peut être un pont entre l'Europe et la Russie ». Dans l'UE bien sûr !

 

 

La Turquie ? « Certes il y a des évolutions anti-démocratiques qui font peur ». Mais, il faut « utiliser les négociations d'adhésion pour forcer la démocratisation en Turquie ». CQFD.

 

 

Le manifeste de Linke repose ainsi sur une intégration maximale, à la fois irréaliste en l'état et terrifiante comme processus de dessaisissement de ce qu'il reste des droits démocratiques et sociaux : c'est le TSCG puissance dix !

 

 

Au programme, entre autres : harmonisation fiscale et salariale à l'échelle européenne ; défense d'une politique de services publics européens ; réforme de la BCE et de l'Euro. Que des solutions qui supposent une intégration monétaire, bancaire, budgétaire supérieure.

 

 

 

Ce congrès « européen » de Linke montre en tout cas qu'une partie de la « gauche européenne » est bien décidée à sauver l'Union européenne, l'Euro. Y compris contre l'avis des peuples, des travailleurs exigeant la rupture avec cette Europe-là.

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