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Publié par Michel El Diablo

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La semaine dernière, en Allemagne, le syndicat des conducteurs de train (GDL) organisait pour la quatrième fois une grève avec un grand succès. Le GDL doit affronter de très fortes pressions de la part de la direction des chemins de fer allemands, des médias et du gouvernement. Mais il tient bon.

 

Dès le dimanche 2 novembre 2014, le transport des marchandises a été interrompu et, du jeudi 6 au samedi 8 novembre au soir, ç'a été le tour du transport des voyageurs. Un train à longue distance sur trois est resté à l'arrêt.


Dans le trafic régional, le transport en Allemagne du Sud est retombé de 60 %, en Allemagne occidentale de 70 %  et, dans l'Est, où le syndicat est le plus fort, 85 % des trains ne roulaient pas. Les conducteurs de train allemands réclament une limitation de la semaine de travail à 37 heures maximum et une augmentation salariale de 5 % pour tout le personnel de la Deutsche Bahn (DB, les chemins de fer allemands). Avec sa grève, le GDL se pose donc non seulement en défenseur des 20 000 conducteurs de train, mais aussi des 17 000 autres membres du personnel.


À contre-courant

En comparaison avec les autres pays européens, l'Allemagne présente des chiffres de grève très bas. La grève touche la production allemande et soumet à de lourdes pressions les chemins de fer allemands, en partie privatisés. Le GDL rompt en fait avec une tradition de pseudo-concertation et se profile de façon combative. Il n'est pas étonnant que la grève subisse nombre des contrariétés.


Dans les médias, c'est une véritable campagne de calomnie qui est menée contre la personne de Claus Weselsky, le dirigeant syndical des conducteurs de train. Ainsi, par exemple, on a publié des photos de la maison où habite Weselsky et on a également publié son numéro de téléphone. Weselsky a réagi par une plainte à la police, parce que cela constituait une atteinte à sa vie privée. « Cela n'a plus rien à voir avec la grève ». Les accusations prétendant qu'il aurait un style de vie luxueux le font bien rire : « Je loue une maison qui faire 61 mètres carrés. Si on peut appeler cela une habitation de luxe, alors, là ! Et c'est ainsi, pourtant. » 


L'indignation de certains usagers des trains est savamment entretenue dans les médias. Mais également par des membres du gouvernement, comme le ministre des Transports, Alexander Dobrindt. Ce chrétien démocrate a donné aux usagers des trains, aux cheminots de la DB même et aux entreprises qui subissent des dommages, le conseil de porter plainte en raison de la « disproportion de la grève ».


Réintroduire une loi anticonstitutionnelle

Le ministre social-démocrate de l’Économie, Sigmar Gabriel, a qualifié la grève de « recours abusif au droit de grève ». Le tout aussi social-démocrate ministre de l'Emploi, Andrea Nahles, veut même réintroduire une loi qui n'avait été abrogée qu'en 2010 par le tribunal national du travail, du fait qu'elle était en contradiction avec l'article 9 de la Constitution allemande, qui garantit le droit de grève. Il s'agit d'une loi qui, par secteur ou groupe professionnel, prévoit que, si plusieurs syndicats ne peuvent se mettre d’accord, c'est le syndicat qui compte le plus d'affiliés qui peut signer une convention collective de travail.


Le nombre d'affiliés doit dans ce cas être constaté par un huissier. En 2010, en raison du morcellement des grandes entreprises publiques par la vague de privatisation, cette loi a été considérée comme une atteinte au droit de grève et supprimée. À la DB, de ce fait, par exemple, outre le syndicat plus docile qu'est l'EVG (Eisenbahn und verkehrsgewerkschaft – Chemins de fer et entreprises de transport), le syndicat combatif des conducteurs de train a pu lui aussi mettre sur pied des actions défendant les revendications de tout le personnel de la société. Divers spécialistes en droit du travail disent qu'une réintroduction de l'ancienne loi – même adaptée – sera toujours en contradiction avec la constitution. Le détail piquant, c'est que, précisément en raison de l'actuel conflit, le GDL pourrait très bien avoir un nombre d'affilié supérieur à celui de son concurrent, l'EVG, qui se prononce contre la grève.


« La grève est justifiée », selon le tribunal

La direction de la Deutsche Bahn a tenté de faire interdire la grève par le tribunal du travail. Jeudi 6 novembre, le tribunal du travail de Francfort a toutefois décidé que la grève, malgré la nuisance pour les voyageurs et l'interruption du transport des marchandises, était bel et bien permise et que ses revendications se justifiaient. Le lendemain, le tribunal national du travail, en Hesse, confirmait cette décision.

Vendredi, après le prononcé du tribunal en Hesse, le syndicat à pris la décision « en signe de conciliation » de ne laisser se poursuivre la grève que jusque samedi soir au lieu de dimanche soir comme c'était initialement prévu. Ce geste de conciliation a toutefois été rejeté par la direction de la DB, qui a expliqué triomphalement que la décision du syndicat marquait « une victoire de la DB » et « la résultante d'une procédure juridique qu'elle-même avait intenté contre le syndicat ». 


Vendredi après-midi, quelque 500 syndicalistes du GDL ont manifesté à Berlin, avec le soutien d'autres syndicats (Ver.di, IG Metall), contre la campagne de calomnie dont fait l'objet leur dirigeant. Ils manifestaient également pour une réduction de la semaine de travail. Affaire à suivre, certainement.


Tony Busselen

Source : Junge Welt, 6, 7 et 8 novembre 2014 



Lu sur Solidaire

 

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