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Publié par Michel LeDiablo

autriche-cartePC-autriche

Affaissement historique des partis du consensus dominant, ascension multi-forme des formations d'extrême-droite, progression modeste mais encourageante des communistes : ce sont les premiers enseignements du scrutin législatif autrichien de dimanche.

 

Jamais les deux partis du consensus dominant, qui gouvernent le pays en alternance depuis 1945 – et pendant près de trois décennies en collaboration ouverte (c'est le « Proporz system » qui rassemble aussi syndicats et patronats dans un modèle corporatiste), n'ont été aussi faibles.

 

 

Avec 26,9 % pour le Parti social-démocrate (SPO) et 24% pour le Parti populaire (OVP), les deux partis dépassent péniblement les 50%. A titre de comparaison, en 2002, l'OVP dépassait les 42% et le SPO les 36 %, soit près de 80 % à eux deux.

 

Corruption, austérité, consensus européen : les partis de la « Grande coalition » discrédités

 

A la tête du pays depuis 2008 dans une « grande coalition », les deux partis résistent par leur ancrage dans leurs bastions (Vienne, Burgenland, Haute-Autriche pour le SPO, le Tirol, la Basse-Autriche pour l'OVP) mais cet affaissement historique marque un rejet des politiques d'austérité.

 

 

Sous prétexte du renflouement des banques – en particulier la HGAA nationalisée en 2008 aux frais des contribuables (10 milliards d'€ en tout) – de la défense de l'Euro, les classes populaires autrichiennes ont été touchées par un plan d'austérité de 36 milliards d'€ sur quatre ans.

 

 

Ces mesures ont saigné les travailleurs les plus modestes : coupes dans la fonction publique, les retraites, les secteurs de la santé et de l'éducation, augmentation des taxes les plus injustes, enfin une baisse des investissements dans les entreprises publiques, préparant leur privatisation, comme dans les chemins de fer.

 

 

Un autre motif de colère, les scandales de corruption qui ont impliqué en particulier le parti de droite OVP et révélé l'ampleur de la collusion entre milieux politiques et milieux d'affaires :

 

 

corruption dans le cadre de la privatisation de logements publics, aides déguisées aux entreprises privées comme Austria Telekom, scandale de la vente de la HGAA à une banque bavaroise puis de sa re-nationalisation.

 

 

Dans ce climat de colère populaire, les deux partis dominants mais aussi les Verts ont réitéré leur attachement à l'intégration européenne, leur défense de la monnaie unique, laissant soigneusement l'espace de la contestation contre l'UE à des formations d'extrême-droite, libérales et xénophobes.

 

Ultra-libéralisme et nationalisme xénophobe : les visages d'une extrême-droite façonnée par et pour le patronat

 

 

Le second enseignement, c'est la progression de l'extrême-droite : le Parti libéral (FPO) dépasse les 20 % (+ 3%), même si son frère ennemi, l'Alliance pour le future de l'Autriche (BZO) chute, lui, à 3,5%. Par rapport à 2008, le cumul des deux partis révélent paradoxalement un léger recul.

 

 

Ces deux partis partagent le même fond idéologique qui avait fait le succès du néo-fascisme de Jorg Haider : un ultra-libéralisme couplé à une démagogie anti-immigration, qui ancrent leur « euro-scepticisme » dans un discours d'extrême-droite classique.

 

 

Un « euro-scepticisme » qui s’accommode des politiques d'austérité libérales, qu'ils souhaiteraient intensifier par la baisse des impôts sur les sociétés ou les privatisations, et compatible avec une Europe économique (« marché commun »), culturelle (« chrétienne »), et militaire forte.

 

 

La progression de la droite dure autrichienne peut être minimisée par la classification incertaine de nouvelles formations populistes nées au cours de ce scrutin qui font leur entrée au Parlement.

 

 

C'est tout d'abord « Team Stronach pour l'Autriche » (5,7%, 11 sièges), parti fondé de toutes pièces par le milliardaire austrio-canadien Frank Stronach, et que les sondages donnaient grand gagnant du scrutin, avec un score à deux chiffres.

 

 

Comme ailleurs en Europe (l'UKIP en Angleterre, l'AfD en Allemagne), c'est en axant son discours public sur le rejet de l'Euro que ce parti a réalisé une percée pourtant plus limitée que prévue, profitant du consensus dominant et des ambiguïtés du FPO.

 

 

Stronach n'a pas lésiné sur le populisme à tout crin : son parcours de « self-made-man », des envolées contre la bureaucratie et le système, la rengaine anti-parti jusqu'aux polémiques sur la peine de mort, sans masquer son fond idéologique : le modèle d'un ultra-libéralisme à l'américaine.

 

 

L'autre parti émergent masque également ses thèmes de droite dure derrière l'attrait de la nouveauté : « NEOS » (4,9%, 9 sièges) de Matthias Strolz, ancien de l'OVP, soutenu par une vieille scission du FPO de Haider (« Forum libéral ») et par le mouvement des Jeunes libéraux.

 

 

« NEOS » (« Nouvelle Autriche ») a joué comme d'autres en Europe la carte « anti-parti », insistant sur sa virginité politique, jouant sur son image jeune, « cool » (la couleur rose), usant des réseaux sociaux, mêlant libéralisme culturel et économique, pro-européisme et conservatisme moral.

 

 

Soutenu par l'industriel du bâtiment Haselsteiner, cette formation présente un point commun avec le parti de Stronach, son ultra-libéralisme mais une différence de taille : son pro-européisme forcené.

 

 

Dans l’échiquier autrichien, chaque parti joue son rôle. A l'extrême-droite, il y a ceux qui canalisent la contestation contre l'Union européenne et ceux qui tentent de rabattre des électeurs vers un nouveau consensus européen. Dans les deux cas, ce sont des patrons qui dirigent et gagnent à la fin.

 

 

Le Parti communiste autrichien (KPO) : un score modeste mais encourageant

 

Dans ce contexte sombre, un léger motif d'espoir est à souligner : la bonne tenue du Parti communiste autrichien (KPO) qui, avec plus de 1 % des voix, progresse par rapport à 2008 (+ 0,3%).

 

 

Le résultat paraît modeste mais il doit être mis en perspective dans le climat hostile pour les communistes en Autriche. De fait, en termes de pourcentages de voix, il s'agit du meilleur score pour les communistes depuis … 1975.

 

 

Après-guerre, le KPO avait bien connu une poussée, reconnaissance de son rôle dans la résistance et du poids de l'Union soviétique dans l'Autriche libérée, mais elle n'a jamais dépassé électoralement les 5%, retombant dès les années 1960 en-dessous de 1 %.

 

 

Si le Parti a, comme en Allemagne, envisagé dans les années 2000 de fonder un « Die Linke » autrichien, cette idée est désormais remisée, après quelques revers électoraux du « Linke » autrichien et face à l'opposition de certaines fédérations, comme celle de Styrie.

 

 

Dans la campagne, le KPO a mis l'accent sur la mise en échec des plans d'austérité, la dénonciation du démantèlement des services publics, la critique d'une Union européenne au service des banques et le refus d'apporter une caution aux partis du consensus dominant : droite comme SPO.

 

 

Si les résultats sont bien répartis sur le territoire, ils se révèlent sans surprise meilleurs dans le bastion de Styrie (1,8%, dont 3,5% à Graz) connus pour ses positions révolutionnaires et à Vienne (1,7%) ainsi que dans les grandes villes comme Linz (1,4%), Innsbruck (1,4%) ou Salzburg (1,2%).

 

 

Si le constat général des élections autrichiennes est alarmant avec recours de plus en plus notoire du capital à des formations diverses d'extrême-droite pour canaliser la colère population, le maintien en vie d'un Parti communiste offre la base la plus sûre idéologiquement de résistance aux politiques du capital et à la menace du fascisme.

Article AC

Source: 
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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GQ 03/10/2013 14:50


1% ce n'est pas le Pérou.