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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par Michel LeDiablo

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Plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, de paysans, d’éleveurs, de pêcheurs, d’artisans, de petits commerçants, de petits patrons se révoltent contre l’austérité libérale et l’appauvrissement imposés par le CAC40, le MEDEF, l’UE et ses gouvernements successifs UMP/MODEM/PS/VERTS. La presse bourgeoise agite l’écotaxe comme l’unique objet de la rébellion bretonne présentée comme « régionaliste ».  

 



La manifestation de Quimper en Bretagne fait ainsi couler beaucoup de salives et d’encres. Elle divise même la « gauche de la gauche », celle qui a été la locomotive de la formidable, mais déjà oubliée, victoire populaire du NON en 2005 au Traité Constitutionnel Européen (TCE). Les uns ont appelé à une manifestation minoritaire à Carhaix et d’autres ont rejoint celle majoritaire à Quimper. La présence de patrons, de religieux et de la droite et la défense de l’écotaxe comme « mesure écologiste » sont les deux principaux arguments avancés pour se démarquer ou condamner la manifestation de Quimper.

 



Quelle est la position juste, celle qui va dans le sens du progrès social, démocratique et des intérêts de la classe ouvrière et de l’avenir anticapitaliste que portent fondamentalement ses luttes ?

 



L’écotaxe ou l’écologie politique au service des monopoles capitalistes

 


Le contrat signé par le gouvernement Sarkozy le 20 octobre 2011, voté malheureusement à l’unanimité par tous les élus, est en fait une véritable instrumentalisation de l’écologie au profit du monopole capitaliste privé Ecomouv. Tout le tintamarre médiatique sur le « grenelle de l’environnement », avec forte mise à contribution des parangons de l’écologie comme Nicolas Hulot et les Verts, cachait tout simplement une véritable arnaque rapportant la somme astronomique de 800 millions d’euros à la firme transnationale italienne Autostrade qui s’est associée la SNCF, Thalès, SFR et Steria comme partenaires très minoritaires (Autostrade détient 70 % du consortium) pour prélever à la place de l’Etat cet impôt écologiste dénommé écotaxe. Sous couvert du Partenariat Public Privé (PPP), l’Etat a été dépossédé de sa prérogative au profit de la société Ecomouv par le biais de « l’externalisation de la collecte de l’impôt » confirmée dans les articles 269 à 283 quater du Code des douanes. Élie Lambert, responsable de Solidaires douanes, dénonce les conditions obscures et léonines de ce partenariat public-privé en décortiquant les enjeux de ce contrat : « Non seulement, ce contrat tord tous les principes républicains. Mais il le fait dans des conditions désastreuses pour l’État. En exigeant 240 millions d’euros par an pour une recette estimée à 1,2 milliard d’euros, le privé a un taux de recouvrement de plus de 20 %, alors que le coût de la collecte par les services de l’État, estimé par l’OCDE, est d’à peine 1%, un des meilleurs du monde ». La procédure du PPP met en concurrence trois candidatures : celle du groupe italien autoroutier, Autostrade, au départ tout seul; celle de Sanef, deuxième groupe autoroutier français contrôlé par l’espagnol Abertis, accompagné par Atos et Siemens; enfin un troisième consortium est emmené par Orange. C’est finalement le premier groupe capitaliste qui gagne ce marché juteux avec pour mission d’assurer la surveillance de quelque 15 000 kilomètres de routes nationales, l’installation des portiques de télépéage, des boîtiers de géolocalisation, des logiciels, l’acquisition d’un terrain du ministère de la défense à Metz pour des centres d’appels, sans compter que l’État s’est engagé à lui verser 20 millions par mois à partir du 1er janvier 2014.

 




Mais Ecomouv va aussi bénéficier de l’aide des douaniers, comme le confirme Élie Lambert de Solidaires douanes : «Nous sommes dans une complète confusion des genres. D’un côté, cette société va percevoir l’impôt, aura le droit de mettre des amendes, ce qui est aussi du jamais vu dans l’histoire de la République. Mais de l’autre, les services de Douanes vont être requis pour poursuivre et arrêter les contrevenants. C’est-à-dire que la tâche la plus coûteuse et la plus difficile est mise à la charge du public, pour des intérêts privés».

 




Cette OPA des monopoles privés capitalistes sur l’impôt écologique s’ajoute au désastre social des 6.000 emplois détruits dans la seule année 2012 et 19.000 emplois dans le secteur marchand depuis 2008, sans oublier comme le constate nos camarades du Front de Gauche du Finistère que l’agriculture et les industries agroalimentaires bretonnes, notamment la filière avicole sont exposés à la directive européenne de la « concurrence libre et non faussée » qui les ruinent. Il faut ajouter aussi que toutes les catégories sociales (des ouvriers, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et petits patrons des PME et PMI) subissent l’écotaxe, laquelle vient accélérer leur paupérisation en cours parce qu’en réalité elle ne touche que les routes nationales et départementales utilisées par les petits patrons locaux et qu’elle ne s’applique pas aux autoroutes à péage qui concentrent l’essentiel du trafic routier des camions pollueurs des gros patrons du MEDEF et de l’UE.     

 



Voilà comment l’écologie devient une manne à profit maximum pour le capital financier monopoliste. Voilà comment se poursuit la continuité au service des intérêts du MEDEF et s’applique le Partenariat Public Privé (PPP) dicté par l’UE avec la complicité de la droite aux socialistes et Verts pour déposséder les Etats Nations. Voilà pourquoi les listes Front de Gauche doivent absolument lever le lièvre du PPP dans chaque commune pour démasquer le programme libéral municipal libéral de la droite et des socialistes/Verts.

 



L’inévitable révolte des classes et couches populaires contre l’austérité libérale imposée par l’Union Européenne

 



Bien entendu les donneurs d’ordre des grands monopoles capitalistes du MEDEF et de l’UE, de la droite libérale, voire de l’extrême droite fasciste tout récent reconvertis par démagogie au ‘social’ s’agitent pour récupérer et détourner la colère populaire contre le pouvoir PS et ce dernier tente de diviser la révolte populaire en mettant l’accent sur l’instrumentalisation patronale et la protection de l’environnement. Dans les deux cas le piège est évident : affaiblir les luttes populaires des ouvriers, paysans, éleveurs, pêcheurs, des petits patrons des PMI et PME contre l’appauvrissement généralisé, la baisse des salaires et des revenus de ces classes ou couches sociales qui vivent globalement de leur travail pour augmenter sans cesse le profit maximum des grands groupes monopolistes du capital financier.

 



Le désarroi qui transparaît à la « gauche de la gauche » politique et syndicale à travers les deux manifestations de Carhaix et de Quimper reflète à la fois le faible niveau de conscience de classe actuel du mouvement ouvrier politique et syndical et une impuissance face aux stratégies de dévoiement des luttes populaires par les partis du capital financier que sont la droite, l’extrême droite fasciste et le PS.

 



Niveau de conscience politique et syndical et impuissance devant la démagogie ‘socialisante’ des partis du capital qui résultent de la longue hégémonie multi décennale du réformisme à la tête des organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier et populaire. Nous expérimentons ici l’avertissement de Lénine selon lequel « le mouvement ouvrier paye là les années de réformisme subi ». Voilà la source véritable du décalage entre combativité à la base des masses victimes des politiques d’austérité et hésitation, désarroi des dirigeants des organisations des masses que tout esprit tant soit peu objectif peut constater.

 



En effet il y a un lien entre les luttes sociales qui ne cessent de se multiplier dans les entreprises qui prennent parfois mêmes des formes inédites du genre menaces de faire sauter l’usine, les occupations de préfectures par des travailleurs, les invasions de villes par les paysans ou éleveurs, les explosions sociales dans les quartiers populaires et la « jacquerie » sociale en Bretagne.

 



Toutes ces révoltes populaires sont des manifestations du ras le bol consécutif aux dégâts sociaux, humains et environnementaux du capitalisme en crise et de son programme libéral dicté par l’UE mis en œuvre successivement par tous les gouvernements de droite, PS et de cohabitation entre droite et PS.    

 



En outre, ces décennies d’hégémonie idéologique et politique du réformisme ont relégué les ouvriers sous l’emprise des « classes moyennes » dites « cultivées » et dont sont issues la majorité écrasante des « experts » et des dirigeants des partis progressistes antilibéraux. Ainsi l’approche des questions « écologiques » a été isolée des questions « sociales » en opposition à celle de K. Marx selon laquelle c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, du travailleur par le capitaliste qui génère la destruction de la nature. En d’autre terme, il n’y pas et ne peut avoir en régime capitaliste de muraille de chine infranchissable entre exploitation de l’humain et exploitation de la nature. C’est donc dans la nature même du mode de production capitaliste que d’asservir l’humain et la nature pour y tirer le profit maximum.

 




C’est aussi le même et unique combat de classe qui peut sauver l’humanité et la nature, non du « productivisme » qui n’est qu’une des formes et conséquences du système capitaliste à la recherche perpétuelle du maximum de profit. C’est en cela que « l’écologie politique » est une idéologie bourgeoise dont la fonction est d’empêcher la prise de conscience de classe que la destruction de l’environnement est une conséquence de l’exploitation de l’homme par l’homme et non une cause de la ‘consommation humaine’ par exemple.

 



Œuvrer au tous ensemble des classes et couches populaires

 


Par leurs luttes jusqu’ici isolées les unes des autres dans les entreprises, les quartiers populaires, les départements, les régions et au plan national, les masses cherchent à s’unir dans des révoltes populaires qui mêlent les classes et couches sociales qui n’ont pas toutes les mêmes intérêts immédiats, mais qui, toutes, sont victimes de la broyeuse sociale et anti-démocratique du programme libéral austéritaire de l’UE, du MEDEF, du CAC40 et des gouvernements de droite et PS.

 



C’est la lecture que nous croyons juste de la fronde bretonne. Le front syndical en construction du refus de l’austérité libérale et le Front de Gauche antilibéral doivent revendiquer :

 

-l’abrogation du contrat PPP entre l’État et Ecomouv sur l’écotaxe ;

-l’imposition par l’Etat des grandes entreprises qui polluent;

-le développement des transports publics (ferroutage, fluviaux, routiers) ;

-la protection des productions agroalimentaires, des emplois locaux, des conditions de travail et la hausse des salaires ;

-gel immédiat des licenciements ;

-nationalisation sans indemnisation des entreprises qui licencient ou délocalisent ;

-la nécessité de stopper le diktat catastrophique libéral par la sortie de l’UE et le respect de la souveraineté nationale populaire exprimée clairement par le NON au TCE.

 



La Bretagne annonce la direction et les formes que vont prendre les luttes sociales et démocratiques à venir. Les travailleurs, les couches laborieuses des professions libérales, les « classes moyennes », les paysans, les pêcheurs, les éleveurs vont de plus en plus se dresser contre les mesures qui les paupérisent et écrasent tous les acquis sociaux et démocratiques conquis de haute lutte en 36, 45, 68.

 



Tirant les leçons des défaites des luttes isolées, ils cherchent à frayer la voie aux luttes massives et unitaires pour exprimer le ras le bol contre la misère imposée par les grands patrons du MEDEF et de l’UE. Ces révoltes vont faire émerger des dirigeants propres issus des rangs des victimes en luttes.

 



Le mouvement syndical et le Front de Gauche ne peuvent rester sur la dangereuse posture d’attendre un mouvement « pure » de lutte de classe qui n’existe pas et ne peut exister dans la réalité. Comme le disait Gramsci dans ses lettres de prison : « On ne peut pas choisir la forme de guerre qu’on veut, à moins d’avoir d’emblée une supériorité écrasante sur l’ennemi ».

 



Faire cela, c’est laisser libre cours aux manœuvres récupératrices de la droite populiste et de l’extrême droite fasciste. Faire cela, c’est se laisser piéger par le PS qui fait le chantage suivant : « la gauche ne peut se mélanger à la droite, aux patrons » alors que justement c’est le PS qui est au service des MEDEF d’ici et de l’UE.

 



La seule et unique façon d’éviter que les masses dans leur colère soient trompées et menées à l’abattoir patronal, y compris fasciste, c’est d’élaborer les revendications qui prennent en compte les intérêts immédiats des classes et couches sociales victimes de l’austérité libérale et de la paupérisation pour prendre la tête des luttes et révoltes populaires et frayer la voie dans les urnes et les luttes à l’alternative antilibérale, anticapitaliste et révolutionnaire.



source: Rassemblement des cercles communistes

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