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Publié par Michel El Diablo

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Depuis maintenant des années les ouvriers de notre pays comme ceux de l’Europe savent qu’il est vain de faire grève car elle est perdue d’avance.

Depuis plus de 40 ans aucune grève n’a été brisée par la police ou l’armée. Et alors que tout le vingtième siècle a été secoué par des mouvements ouvriers puissants qui faisaient céder le patronat, les capitalistes, désormais c’est fini.

 

A quoi ressemble une grève « moderne »: généralement elle se produit à la fin d’un processus de restructuration capitaliste comme nous l’avons observé récemment dans la sidérurgie, les pneumatiques. Des ouvriers au bout du rouleau, qui occupent, menacent de foutre le feu, séquestrent et .... Signent des accords, plient devant un constat d’échec évident : et oui Mr Mittal ou Mr Continental feront ce qu’ils voudront. C’est eux les propriétaires, c’est vous les prolétaires.

 

Alors on discute sur le montant de la prime de départ. Mais c’est foutu. On a perdu. Les centrales syndicales se félicitent de l’accord, les permanents syndicaux rentrent dans leurs douillets bureaux puis vont dans des congrès faire les beaux et se gaver dans de luxueux hôtels. Certains, acoquinés en secret à des partis politiques seront candidats aux élections et jureront qu’ils « continuent le combat là où se prennent les décisions ».

 

Bien sûr entre deux grèves on se fait une petite manif, histoire de montrer aux camarades qu’on n’oublie pas. Manifs ? ces défilés bruyants et ultra minoritaires, dans lesquels les mots d’ordre sont couverts par l’inévitable « camion sono » de la fédé avec sa musique techno. Manifs ? ces cortèges éphémères dominés par la publicité des « grandes centrales syndicales » avec leurs drapeaux et banderoles uniformes ?

 

Rien ne va plus, camarades ! Demandez aux anciens, eux qui ont fait grève pour leurs droits, leurs salaires, mais aussi contre les guerres. Eux qui ont fait reculer le pouvoir. Eux qui ont ouvert la conscience de millions d’hommes et de femmes. Car la grève c’est d’abord cela. C’est une école de classe. Le premier pas que l’on franchissait lorsqu’on comprenait que rien ne serait acquis, jamais, et qu’il fallait prendre, s’imposer, quitte à bouffer une fois par jour.

 

Grévistes, aujourd’hui certains le sont par habitude. Ils font grève comme on vote. Ils se baladent en cortège festifs, sans espoir. D’autres sont grévistes par métier. Les patrons des syndicats savent très bien agiter quelques ouvriers révoltés qui démarrent la grève, quand ils sont au bout du rouleau (fatigue, pognon perdu) le camarade de la Fédé arrive et tout rentre dans l’ordre. C’est vrai que ce n’est plus la peine. On attendra bien les prochaines législatives ou présidentielles. Et le temps passe. 3 ans par ci, 5 ans par là, la vie des ouvriers s’écoule, s’écroule, de scrutin en scrutin ; de gauche à droite. C’est comme un rituel, une religion. Mais pour les patrons, les capi- talistes, le temps c’est de l’argent. Ce temps perdu, ces illusions propagées par les partis de gauche, de droite, d’où on veut, et leurs syndicats, ce sont des bouffées d’oxygène pour le capital.

 

C’est cela qu’il faut savoir. C’est cela qu’il faut nommer : trahison. On fait grève et on se retrouve dans un isoloir, ça s’appelle du réformisme.


Alors, la vraie grève ? On fait grève par-dessus (contre) les centrales syndicales, on crée des coordinations d’ouvriers, on élargit la grève à d’autres branches de travail, on contacte les copains de l’Europe qui sont dans la même situation, on occupe les usines, on favorise les liens entre les quartiers ouvriers et les grévistes, on empêche les journalistes de faire leur sale travail et on s’adresse directement à la population, on crée des caisses de solidarité pour durer. On bloque les secteurs stratégiques du pays (transports, énergie, communications...), et là ... on peut commencer à discuter. On n’est pas encore sûr de gagner mais au moins on a créé un rapport de force. Voilà ce qu’est une grève.

Article publié dans la revue "QUE FAIRE" N° 3 Juillet 2014

 

Télécharger « QUE_FAIRE_03.pdf »

 

source : reconstruction communiste

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