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El Diablo

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Le blog d’El Diablo est un blog indépendant des partis politiques et des syndicats - Sa ligne éditoriale est progressiste et franchement euro-critique.  Il a vocation à nourrir le débat dans un esprit ouvert, or tout sectarisme et tabous. Dans ce cadre, défenseur de la liberté d'expression, il donne à connaître des points de vue divers, y compris ceux qu'il ne partage pas forcément.

 

 

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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Diablo

grece-pauvrete.jpg

La Grèce fait-elle face à une crise humanitaire ? Pour Alex Politaki, journaliste pour The Guardian, aucun doute, la Grèce est bien confrontée à un désastre honteux pour l'Europe et le gouvernement grec .

Les normes de l'Union Européenne concernant la pauvreté montrent que la Grèce est en crise. Mais les Etats membres ne veulent pas admettre que c'est leur «plan de sauvetage» qui est à blâmer.

 

Les sociétés européennes supposent généralement que les crises humanitaires n'ont lieu qu'à la suite de catastrophes naturelles, d'épidémies, de guerres ou de conflicts. Qu'une telle crise puisse se produire dans un pays européen, en particulier dans un des pays membre de l'Union européenne, semble être hors de question pour beaucoup d'entre nous.

 

Et pourtant, un certain nombre d'experts soutiennent que la Grèce est actuellement au centre d'une crise humanitaire. Le directeur de Médecins du Monde , Nikitas Kanakis, la plus grande ONG et la plus importante en Grèce, a été parmi les premiers à le déclarer ouvertement. La zone portuaire de Perama, près d'Athènes, en particulier, est au milieu d'une catastrophe humanitaire. La Société médicale d'Athènes, la plus grande organisation professionnelle du genre, a même envoyé une lettre officielle à l'ONU demandant une intervention.

 

Si cette crise humanitaire a été jusqu'à présent peu évoquée, il y a des raisons politiques. En reconnaissant la gravité de la situation, le gouvernement grec et l'Union Européenne devraient également admettre que l'état actuel des choses a été provoqué par le soi-disant «sauvetage» économique de la Grèce. Ainsi, les autorités ont choisi de garder le silence.

Il est vrai qu'il n'y a pas de consensus sur ce qui constitue une crise humanitaire. Mais la définition utilisée par ceux ayant une expérience dans le domaine est pratique et simple. Une crise humanitaire est généralement marquée par une pauvreté croissante, l'inégalité accrue dans l'éducation et la protection sociale, et le manque d'accès aux services sociaux. Des indicateurs particulièrement importants sont la perte de l'accès aux services de santé de base, aux examens médicaux, à l'hospitalisation et aux médicaments. En d'autres termes: quand vous voyez une crise, vous ne pouvez pas la confondre avec autre chose.

 

La Grèce n'aurait jamais imaginé qu'elle aurait du faire face à une crise humanitaire. Selon l' indice de développement humain des Nations Unies, en 2008, la Grèce était classée au 18ème rang dans le monde. Personne dans le pays n'a vraiment pensé que cela pourrait changer de façon si spectaculaire.

 

C'était une fausse sécurité offerte par les institutions et les mécanismes de l'UE. Les États membres devaient payer pour cette sécurité imaginaire en répondant à des critères économiques et politiques. Le paradoxe est que même l'Union Européenne, garante supposée de la sécurité et de la prospérité des Etats membres, dispose de moyens bien définis pour mesurer la pauvreté, à la fois en valeur absolue et relative, qui montrent que la crise humanitaire existe en Grèce.

 

Sur la base des critères et des données de l'Union Européenne, la Grèce est un pays en situation de pauvreté grave. En 2011, 31,4% de la population, soit 3,4 millions de personnes, vivaientt avec un revenu inférieur à 60% du revenu national moyen disponible . Dans le même temps, 27,3% de la population, soit 1,3 millions de personnes, étaient menacés de pauvreté. Il n'y a pas encore de données pour 2012, mais les choses ont certainement empiré.

 

En utilisant d'autres indicateurs de l'UE, une grande proportion des ménages grecs vit actuellement dans des conditions de «privation matérielle». Un peu plus de 11% vivent dans une «privation matérielle extrême», ce qui signifie sans chauffage suffisant, sans électricité, ni soit d'une voiture ou d'un téléphone. Cela signifie aussi avoir une alimentation pauvre, dépourvu de viande ou de poisson sur une base hebdomadaire, ainsi que l'incapacité totale ou partielle de faire face aux dépenses d'urgence ou des paiements pour le loyer et les factures.

L'inefficacité des programmes européens pour la réinsertion des chômeurs sur le marché du travail et l'absence de programmes nationaux de protection sociale ont poussé la Grèce encore plus loin dans les rangs de la pauvreté. Le taux de chômage des adultes était de 26,8% en Octobre 2012 . Et ce niveau, même si il est énorme par rapport à un passé récent, n'est représentatif de toute la réalité.

 

Il manque, par exemple, le chômage résultant de la défaillance des milliers de petites entreprises. Aux chômeurs devraient être ajoutés les travailleurs pauvres, à savoir les travailleurs avec des salaires si bas qu'ils ne peuvent pas satisfaire les besoins fondamentaux. Correspondants à 13% de la main-d'œuvre, ils représentent la plus forte proportion de travailleurs pauvres dans la zone euro.

 

Il y a trois autres indicateurs qui pointent vers une crise humanitaire. Tout d'abord, le nombre de personnes sans-abri a atteint des niveaux sans précédent pour un pays européen: des estimations non officielles indiquent un nombre de 40.000. Deuxièmement, la proportion de bénéficiaires grecs des services médicaux des ONG dans certains centres urbains a enregistré 60% du total en 2012. Cela aurait été impensable il y a trois ans, puisque ces services sont généralement fournis aux immigrants, et pas aux Grecs.

 

Troisièmement, il y a eu une croissance explosive dans les soupes populaires et la distribution générale de vivres. Même si rien n'est officiellement enregistré, l'Eglise de Grèce distribue environ 250 000 rations quotidiennes, alors qu'il y a un nombre inconnu de rations distribuées par les autorités municipales et les ONG. Par un ordre récent du gouvernement, les rations municipales sera encore élargies en raison de l'incidence croissante de l'évanouissement des enfants à l'école en raison de l'apport calorique trop faible. Il y aura également des repas légers offerts aux jeunes étudiants.

 

La preuve de la pauvreté, l'inégalité et l'impossibilité d'accéder aux services primaires confirme les déclarations de plus en plus désespérées des personnes en première ligne de la crise. Le pays est devenu un champ de l'action humanitaire, et devrait être traité comme tel. Il est honteux pour le gouvernement grec et l'Union Européenne de fermer les yeux. La communauté humanitaire internationale doit réagir de toute urgence.

 

Article par Alex Politaki, pour le Guardian, publié le 11 février 2013.

Traduction : OkeaNews


Lu sur le blog Comité pour une Nouvelle Résistance

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