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Publié par Michel El Diablo

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L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIÈRES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI


28 octobre, à l’Assemblée nationale : une majorité de « gauche » vote un budget de la Sécurité sociale qui ouvre une brèche majeure dans le régime de solidarité ouvrière conquis en 1945.


28 octobre, au Sénat : Manuel Valls confirme la volonté de son gouvernement de démanteler la République fondée sur la libre administration des communes et l’égalité des citoyens dans le cadre des départements.


Symboliquement, le gouvernement Hollande-Valls entrera dans l’histoire comme celui qui est allé le plus loin à rebours des conquêtes démocratiques de 1789-1793 et des conquêtes ouvrières de 1945.


Certes, cette politique de démantèlement s’impose dans une situation de crise ouverte, avec un gouvernement fragilisé et une majorité parlementaire qui se réduit comme peau de chagrin. Mais aussi longtemps qu’il est debout, il frappe et frappera avec une brutalité sans précédent. Combien de temps encore ?


Ancien ministre et nouveau « frondeur », Benoît Hamon a fait scandale en déclarant que « la politique menée (par le gouvernement — NDR) menace la République ». On ne saurait mieux dire. Mais on notera que, pour justifier leur vote d’abstention (et non le vote contre), les députés « frondeurs » expliquent à chaque occasion qu’ils ne sont pas dans l’opposition au gouvernement.


N’y a-t-il pas là contradiction ? Si la politique du gouvernement menace la République — et elle la menace —, si elle conduit au démantèlement de toutes les conquêtes ouvrières — et elle y conduit — , quelle autre position sinon : tout faire pour l’arrêter, l’arrêter tout de suite, avant qu’il ne reste plus rien de l’édifice des conquêtes ouvrières et démocratiques ?


Le petit jeu qui a eu lieu ces jours-ci entre le gouvernement Hollande-Valls et l’Union européenne nous rappelle les règles des traités européens : tout est subordonné à la dictature des marchés. La « bonne nouvelle » du début de semaine, c’était, paraît-il, que les banques françaises ont passé victorieusement les tests de la Banque centrale européenne (BCE). Traduisons : des milliers de milliards d’euros ont été injectés pour renflouer les banques après la crise de 2008-2009 ; grâce à quoi, la Bourse, en pleine euphorie, bat aujourd’hui record sur record ; une nouvelle bulle spéculative est en train de se constituer ; quand elle éclatera — ce qui ne saurait tarder — une nouvelle crise provoquera un nouvel effondrement des banques ; au nom de quoi, sur ordre de la BCE et du FMI, à nouveau, des milliers de milliards seront détournés vers les banques et la spéculation, tandis que des millions d’emplois seront détruits et les budgets publics encore plus amputés au nom du remboursement de la dette et des déficits !


Ne faut-il pas bloquer cette machine infernale, tout de suite ?


Historiquement, « la Fronde » resta enfermée dans les institutions de la monarchie qu’elle contestait sans les remettre en cause. Le dénouement vint plus tard, dans la grande rupture qui vit la Révolution française mettre à bas la monarchie.


Aujourd’hui, l’heure n’est pas à « contester » la politique du gouvernement, mais à la combattre pour la défaire. Rompre avec l’Union européenne, les institutions de la Ve République et le capital financier dont elles sont l’instrument ; rompre avec le gouvernement Hollande-Valls, servile exécutant de la classe capitaliste et de ses institutions : il n’y a pas d’autre voie.

 

source: POI

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