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Publié par Michel El Diablo

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L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIÈRES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI


Maire PCF de Givors (dans le Rhône), Martial Passi vient d’adresser une lettre ouverte à François Hollande. Il la conclut ainsi : « Ça ne peut plus durer, Monsieur le Président de la République (…). A l’automne 2014, le feu est dans la maison France. Il est plus qu’urgent de changer de cap, sinon nous allons au-devant d’une terrible catastrophe. »


Une terrible catastrophe ? Cela ne fait aucun doute. Mais qui peut croire que l’incendiaire va éteindre les flammes qu’il a lui-même allumées ?


Intitulé « L’agenda des réformes », un document vient d’être publié par le gouvernement sur son site officiel. Il dresse de manière implacable (et terrifiante) la liste des contre-réformes destructrices des droits ouvriers, de la démocratie politique, des communes, des services publics, de l’école, de la santé, que le gouvernement prévoit d’imposer dans les prochains mois. Pas une mesure qui ne soit faite pour faciliter la vie des patrons, « abaisser le coût du travail » c’est-à-dire augmenter les profits, détruire les services publics, déréglementer les droits ouvriers et faire retomber sur la classe ouvrière le poids de la crise du système capitaliste !


Le gouvernement et le président qui élaborent ce sinistre « agenda des réformes » sont-ils disposés à se laisser convaincre de « changer de cap » sur simple demande ? Difficile à imaginer…


Telle est pourtant l’orientation du PCF — la démarche du maire de Givors n’en est qu’une traduction — qui demande au gouvernement d’infléchir sa politique, un pied dehors de la coalition gouvernementale, un pied dedans.

Au même moment en Italie, une puissante grève générale a dressé les travailleurs unis avec leurs syndicats contre le « Jobs Act », cette réforme Macron à l’italienne que veut imposer le gouvernement « de gauche » Renzi. Trois jours plus tard, c’était au tour de la Belgique d’être bloquée par une grève générale unissant travailleurs wallons et flamands dans une même défense de leurs régimes de retraite menacés (1).


Italie, Belgique, France : les politiques désastreuses dictées par l’Union européenne ne seront défaites qu’à la condition que le rapport de force soit instauré par la mobilisation de la classe ouvrière sur son propre terrain. Y a-t-il une autre voie pour faire retirer les plans qui, en France, s’appellent pacte de stabilité, réforme Macron, réforme santé ?


Lors des manifestations qui ont marqué la grève générale en Italie le 12 décembre, une délégation du Parti démocrate au pouvoir — délégation conduite par D’Alema, ancien secrétaire général issu du Parti communiste — est venue rencontrer les manifestants à Bari, et s’est adressée à eux en ces termes : « Nous sommes la minorité du Parti démocrate et nous sommes ici pour défendre vos droits, comme nous sommes au Parlement pour défendre vos droits. » Arguments qui n’ont pas convaincu les manifestants, lesquels ont rétorqué : « Si c’est le cas, pourquoi ne faites-vous pas tomber le gouvernement ? »


Le jeu équivoque du « dedans-dehors » pratiqué, à la « gauche de la gauche », dans nombre de pays, trouve ici ses limites. Qui se range avec le (ou aux côtés du) gouvernement au service des capitalistes et des banquiers agit contre les intérêts de la classe ouvrière. Qui se range dans le camp de la classe ouvrière et de ses organisations combattant pour leurs droits ne peut que se dresser contre le gouvernement des banquiers et des capitalistes.


A Rome comme à Madrid, à Bruxelles comme à Paris.

 

(1) En France, Rebsamen, ministre du Travail, a déclaré, ce 16 décembre : « S’il faut allonger la durée de cotisation, nous le ferons. »


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