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Publié par Michel El Diablo

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Les cours du pétrole continuent leur glissade. Mi-décembre, le baril de brut était descendu au dessous de 60 dollars. Depuis le début de l’année, l’or noir a perdu 35% de sa valeur.

 

 Il y a à cela des causes structurelles : globalement, la demande d’hydrocarbures est orientée à la baisse, tandis que l’extraction tend à s’accroître. Le premier terme s’explique par la crise que continue de subir l’économie mondiale. La région la plus touchée est la zone euro, qui souffre d’une croissance atone. De nombreux pays émergents, certes plus dynamiques, n’atteignent pas le niveau d’activité sur lequel ils comptaient. Cela vaut également pour la Chine, même si cette dernière affiche une croissance supérieure à 7%.

 

L’économie américaine croîtra de plus de 3% cette année. Mais un phénomène nouveau s’est fait jour aux Etats-Unis : la production de gaz et de pétrole de schiste, qui a bondi ces dernières années, amène la première puissance mondiale vers l’autosuffisance énergétique. Cela réduit ses importations et contribue ainsi à une offre mondiale abondante.

  

En outre, de nouveaux gisements continuent d’être découverts un peu partout sur la planète, même si leurs conditions d’exploitation (par exemple dans l’Arctique) s’annoncent à coûts élevés. Ceux qui alertaient hier sur l’épuisement des ressources (« peak oil ») dénoncent aujourd’hui les dangers de l’abondance du pétrole vis-à-vis du climat. Passons.

  

A ces facteurs structurels s’ajoute une donnée politique : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie le 27 novembre, n’a pas décidé de limiter la production, ce qu’elle faisait pourtant classiquement dès qu’il semblait nécessaire de faire remonter les cours. L’Arabie saoudite s’y est cette fois opposée. D’abord parce que Ryad observe avec grande inquiétude la montée en puissance des producteurs de gaz et de pétrole de schiste sur le sol américain. Or l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels n’est rentable que si les cours sont élevés. Un pétrole bon marché vise à casser les reins de cette dangereuse concurrence.

  

Les dirigeants saoudiens escomptent en outre redoubler les difficultés du grand rival du Moyen-Orient, l’Iran. Celui-ci, qui souffre déjà durement des sanctions occidentales, voit ainsi les revenus de ses hydrocarbures s’étioler au fur et à mesure que les cours dégringolent. Il n’est pas le seul dans ce cas : le Venezuela est également très dépendant de ses exportations de brut. Ces difficultés ne peuvent que réjouir Washington qui, nonobstant les contradictions énergétiques, reste le grand allié des Saoudiens.

  

Enfin, la Russie n’est pas la moindre victime de l’effondrement des cours. Ce n’est pas d’aujourd’hui que le gouvernement de ce pays pointe lui-même la trop grande dépendance de l’économie vis-à-vis des ventes d’hydrocarbures. On peut là aussi raisonnablement penser que le veto saoudien n’a pas été décidé sans concertation avec Washington, qui mène ainsi une guerre économique par procuration à l’économie russe.

  

C’est dans ce contexte que Moscou vient d’amorcer un spectaculaire rapprochement vis-à-vis d’Ankara : la Turquie pourrait devenir un client privilégié du géant russe Gazprom, abriter sur son sol une plateforme pour l’acheminement du gaz russe, mais aussi acheter des centrales nucléaires. Le président Poutine a également lancé un partenariat d’ampleur avec l’Inde. Et ce, quelques mois seulement après avoir signé des contrats « historiques » avec la Chine.

 

On notera que les questions climatiques ont particulièrement défrayé la chronique ces dernières semaines, à la faveur de la conférence de Lima, et dans la perspective de celle qui doit se tenir à Paris dans un an. Sur la table figure en particulier l’objectif de réduire la part des hydrocarbures – émetteurs de gaz à effet de serre – dans la consommation mondiale, un but en faveur duquel le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’est personnellement engagé, de manière remarquée.

  

La situation actuelle – fragilisation de l’Iran, du Venezuela, de la Russie – figure peut-être les difficultés qui attendent dans l’avenir ces pays si leurs exportations pétrolières, dans un monde de plus en plus « décarboné », sont durablement tirées vers le bas.

 

Il n’est pas interdit de réfléchir à qui cela pourrait profiter.

 

Vanessa IKONOMOFF


source: BRN

repris par el diablo

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