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Publié par Michel El Diablo

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Disparition de Guy Fischer : Une personnalité politique nationale
 qui fait honneur à la République
Guy Fischer est resté debout, actif, lucide jusqu’au bout malgré une maladie impitoyable dont l’issue est trop souvent inéluctable. En pleine connaissance de cause, il a révélé ce pronostic fatal.

Originaire d’une famille ouvrière, l’instituteur des Minguettes, secrétaire de la section du PCF, est devenu 1er adjoint à l’urbanisme à Vénissieux en 1977 et l’est resté jusqu’en 1995. Il a ensuite accédé au poste de Sénateur qu’il a occupé pendant 19 ans.

Attaché à sa ville, en lien permanent avec les familles populaires et la jeunesse, il sera au cœur des étés chauds des Minguettes durant l’été 1981. Sous le gouvernement Mauroy il va participer au travail des commissions Bonnemaison et Dubedout. Il deviendra, avec Marcel Houël, l’interlocuteur incontournable de la Communauté urbaine et de l’Agence d’urbanisme de Lyon. Il marquera ainsi de son empreinte, les politiques de la Courly sous les présidences de Francisque Collomb et Michel Noir ainsi qu’au Conseil général sous les présidences de Jean Palluy et de Michel Mercier. Pour la ville de Vénissieux et de Vaulx-en-Velin, il va participer à ce que l’on nomme aujourd’hui « la politique de la Ville ». Ses qualités et ses compétences reconnues sur les questions sociales, il deviendra vice-président du Sénat.

Guy Fischer est toujours resté fidèle à son histoire et à ses racines Décinoises comme le démontre son parcours d’homme de terrain au service de la cité, de sa ville, des familles populaires et particulièrement des jeunesses Vénissianes.

L’honneur de la République, c’est d’avoir en son sein des hommes de cette trempe qui n’ont qu’un seul but, celui de servir les autres, en aucun cas celui de se servir. Il avait assurément une haute idée de l’éthique politique.
Avec Guy Fischer, nous sommes liés par 37 années de parcours commun, dans des responsabilités différentes et complémentaires, tant à Vénissieux que dans les assemblées parlementaires. Nous disions, pour sourire, que nous formions à nous deux « le Congrès de Versailles ».

Je veux témoigner de son dévouement et de sa fidélité, dans nos relations d’amitié authentique fondée sur un mutuel respect, alors que beaucoup de motifs pouvaient nous séparer, nous opposer.

Lorsque je suis devenu maire en octobre 1985, la loyauté de Guy Fischer n’a pas failli. Notre amitié, notre affection nous ont soudés pour servir l’intérêt de la 3ème ville du département. Son combat pour préserver et développer cette municipalité, belle et rebelle, dirigée depuis 1935 par des maires communistes, s’est poursuivi avec Michèle Picard. Sa totale implication dans la campagne des municipales de 2014 témoigne de son engagement au service de l’intérêt général et de la chose publique. Il est resté fidèle à la vie et à l’activité du parti communiste français.

Sur un plan international, il s’est toujours engagé dans les combats nobles, en particulier contre l’apartheid, en faveur de Nelson Mandela, de la cause palestinienne et du mouvement de la paix.

En devenant une personnalité politique nationale, Guy Fischer n’a jamais renié ses origines. Il est resté fidèle au PCF quels qu’aient pu être les aléas de la vie politique. Pour lui, la justice sociale était son maître mot. Il a livré un combat sans concessions contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et pour le vivre ensemble. Il a exercé une lutte constante contre la grande pauvreté qui constitue une plaie béante de la société, contre les dégâts de la marchandisation de la vie sociale, contre la dictature de l’argent et contre ce capitalisme cynique et sans pitié.

Guy Fischer fait partie de ces élus communistes, fidèles aux valeurs de gauche, de Jaurès à Jules Guesde, qui ont apporté une contribution de premier ordre pour faire de Vénissieux une ville à part entière. Vénissieux, sa ville, le plateau des Minguettes, c’est un peu sa carte d’identité. Un héritage haut en couleur que d’aucun méprisent profondément par l’aveuglement anticommuniste piétinant les valeurs républicaines.

Nous perdons un digne représentant politique que l’histoire reconnaîtra comme une personnalité attachante, toujours prête à donner, à se dévouer, à ne pas compter son temps.

Guy Fischer a toujours été un homme d’union, de dialogue, d’ouverture, empreint d’humanisme.

Vénissieux et les Vénissians lui doivent une énorme reconnaissance.

Guy va nous manquer. Il nous manque déjà pour les batailles à venir.

André GERIN

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