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El Diablo

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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par DIABLO

l-echo

 

Election présidentielle et démocratie

 
par Jean-Louis Clergerie, titulaire de la chaire Jean Monnet, Université de Limoges

A force de vivre depuis plus de cinquante ans avec des institutions directement héritées du général de Gaulle, la plupart des citoyens, qui n’en ont d’ailleurs souvent pas connu d’autres, ont, semble t’il, bien du mal à envisager qu’il puisse même être possible d’être gouverné autrement ! Rares sont ceux qui, par exemple, se risquent à remettre en cause l’élection du président de la République au suffrage universel, approuvée par référendum (1), le 28 octobre 1962 et expérimentée pour la première fois, les 5 et 19 décembre 1965. Et pourtant ! Il n’existe actuellement en Europe, ni d’ailleurs dans aucune démocratie (2) d’autre exemple d’un Chef d’Etat, directement désigné par le peuple et doté d’aussi larges pouvoirs (3). Depuis que le mandat du président est passé de sept à cinq ans (loi constitutionnelle n°2000-964 du 2 octobre 2000), le caractère présidentiel, pour ne pas dire présidentialiste, du régime s’est encore accentué, sans qu’existe, comme aux Etats-Unis, de véritables contre-pouvoirs, comme un Parlement doté d’un réel poids politique. Les dysfonctionnements de cette «démonarchie (4)», qui continue toujours à susciter autant d’étonnement à l’étranger, sont particulièrement sensibles durant les campagnes présidentielles.
Ainsi, lorsque le président ou le premier ministre (5) en exercice sont candidats, il est clair que tous les autres concurrents sont nettement défavorisés, même si cela n’implique pas pour autant la réélection des sortants, comme en témoigne la défaite de Giscard en 1981 ou celle de Jospin en 2002.  Aucun président n’a d’ailleurs été réélu deux fois au suffrage universel, à l’exception de Mitterrand en 1988 et de Chirac en 2002, qui sortaient l’un et l’autre d’une période de cohabitation plus ou moins conflictuelle.
Ce déséquilibre est particulièrement sensible en ce qui concerne l’accès aux médias et l’étendue des moyens dont disposent les candidats.
Comment en effet distinguer parmi les très nombreuses interventions radiotélévisées du Président-candidat, celles qui relèvent de l’exercice normal de sa fonction, de celles qui rentrent dans le cadre de la campagne pour sa réélection ? Les discours prononcés le 25 novembre à Tricastin, le 1er décembre 2011 à Toulon ou le 6 janvier 2012 à Domrémy (entre autres !) par l’actuel Chef de l’Etat en constituent un parfait exemple.
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), chargé de veiller, plusieurs mois avant le scrutin, à ce que tous les candidats même potentiels soient traités avec un minimum d’équité, a beau être vigilant, il n’en reste pas moins que le gouvernement a droit à la moitié du temps d’antenne et que l’autre moitié est partagée entre majorité et opposition !
Les moyens matériels et financiers dont bénéficie le Président-candidat sont également sans commune mesure avec ceux de ses adversaires. Ses multiples déplacements en province, très fortement médiatisés, sont en effet financés par l’Etat et n’entrent donc pas dans le calcul de ses frais de campagne (6) ; ils échappent ainsi au contrôle de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (7) (CNCCFP) et de la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale (CNC), mise en place seulement deux mois avant le scrutin, pour veiller à l'égalité de traitement entre les candidats...
Dans la mesure où il semble bien sûr très difficilement envisageable de changer ce mode de scrutin, ne serait-il donc pas souhaitable de modifier l’article 7 de la Constitution, en obligeant tout président en place désireux de se représenter et qui n’est donc plus du tout en mesure d’exercer sa fonction d’«arbitrage» (art. 5, al.1), de démissionner, au plus tard dans les trois mois qui précédent le premier tour de scrutin ? Dégagé de l’ensemble des obligations inhérentes à son mandat, il pourrait alors entièrement se consacrer à sa réélection, laissant au président du Sénat le soin d’exercer pleinement l’intérim de la Présidence (art.7, al.).
Une telle réforme constituerait sans aucun doute un progrès, même modeste, pour la démocratie…

 

Jean-Louis Clergerie

(1) Par 62% des suffrages exprimés, mais seulement par 46% des inscrits.
(2) Seule exception, la désignation par le suffrage universel, le 10 décembre 1848, de Louis-Napoléon Bonaparte, qui de prince-président se fera proclamer Empereur des français, suite au coup d’Etat du 2 décembre 1851 !
(3) Cf. à ce propos Jean-Louis Clergerie, «Faut-il réformer le mode de scrutin présidentiel ?» La Croix, 29 avril 1995, p. 22.
(4) Selon l’expression utilisée par Jacques Georgel dans son livre «La Cinquième République : une démonarchie» paru à la LGDJ en 1990.
(5) Comme de Gaulle en 1965, Giscard en 1981, Mitterrand en 1988, Chirac en 2002 ou Sarkozy en 2012 pour les présidents ou Chirac en 1988, Balladur en 1995 et Jospin en 2002 pour les premiers ministres.
(6) Les quelques 1000 policiers chargés de sa sécurité coûtent à chaque fois 500 000 euros aux
contribuables !
(7) Il s’agit d’une «Autorité administrative indépendante» (AAI), créée par la loi no  90-55 du 15 janvier 1990 «relative à la limitation des dépenses électorales et à la clarification du financement des activités politiques», et mise en place le 19 juin 1990. Depuis la loi organique n° 2006-404 du 5 avril 2006, l’examen des comptes des candidats à l’élection présidentielle, auparavant assuré par le Conseil constitutionnel, lui a été transféré.

 

 

 

Source : courrier des lecteurs L'ECHO de la Haute-Vienne - Samedi 21 Janvier 2012

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