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Publié par Michel LeDiablo

bundestagallemagne-carte

Avec 8,5 % des voix, le parti de gauche Die Linke s’en tire juste un peu mieux que les Verts (8,4 %), qui se disent très fortement déçus. C’est surtout à eux-mêmes qu’ils le doivent.

 

Die Linke a mené campagne contre le démantèlement social, la politique de guerre et les privatisations, et pour les droits démocratiques : un salaire horaire minimal de 10 euros, une pension minimale de 1 050 euros, suppression de Hartz IV, pas de soldats allemands à l’étranger… Et pourtant le parti perde un tiers de ses voix par rapport à 2009. Il y a au moins trois raisons à cela. 

 


Ces derniers temps, Die Linke a surtout montré ses divisions internes. Le modèle de parti avec des tendances ouvertes et un arrivisme tapageur sape considérablement sa force de frappe. En Sarre, le Land d’Oskar Lafontaine, ancien ministre SDP et cofondateur de Die Linke, descend de 22 à 11 %. La moitié du parti a refusé de faire campagne pour la tête de liste Thomas Lutze. Lafontaine lui-même n’était pas candidat et n’a pas mené campagne non plus sur place, mais bien en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où se présentait son amie Sarah Wagenknecht. Ces derniers temps, ce genre de situation a été monnaie courante, au sein de Die Linke.


 

Des participations gouvernementales catastrophiques

Le parti a également perdu en crédibilité du fait de ses participations gouvernementales dans les Länder, entre autres à Berlin. Dix années durant, une coalition SPD-Die Linke a dirigé la capitale allemande. Elle a fermé d’innombrables crèches, a sabré dans les allocations sociales et à privatisé 122 000 appartements sociaux. Die Linke a voté pour la privatisation partielle des tramways berlinois, a mené campagne contre l’égalité nationale des traitements des fonctionnaires (toujours nettement inférieurs dans l’Est du pays) et s’est opposé à tous ceux qui entendaient re-nationaliser la distribution d’eau à Berlin. Il a également contribué à la privatisation d’une partie du principal hôpital de Berlin – ce qui allait se traduire par une dégradation des conditions de travail et à une baisse des salaires. Le parti avait déjà reçu la facture de ces mesures lors des élections de 2011.

 


Ce qu’ils n’ont pu ou voulu faire à Berlin, les dirigeants de Die Linke le promettaient cette fois au niveau fédéral. Ils n’ont cessé de ressasser leur ambition de former un gouvernement avec le SPD et les Verts. Pour cela, ils étaient prêts à laisser tomber la lutte contre la pension à 67 ans. Sur le plan de Hartz IV, ils n’ont mené le débat que sur le montant de l’allocation et non sur le système en soi. Après les expériences de Berlin et autres, la promesse de Die Linke de tirer le SPD vers la gauche semblait très peu crédible. L’amour n’était d’ailleurs pas réciproque du tout : depuis longtemps, c’est avec Merkel que le SPD ambitionnait de former une grande coalition.


 

Pas la rue, mais le Parlement

Depuis longtemps, Die Linke privilégie la voie du parlementarisme. Il fut un temps où le parti prétendait associer les protestations politiques et sociales et mettre sur pied des alternatives et réalisations politiques possibles dans le cadre du gouvernement. Mais ce qu’il a fait dans la pratique, là où il a été au pouvoir, a consisté à paralyser le mouvement social contre les privatisations de l’eau berlinoise et des logements sociaux. Die Linke est né du mécontentement de sections syndicales tout entières vis-à-vis de la politique du SPD et de Schröder. Mais, en tant que parti, Die Linke est de moins en moins présent dans la lutte sociale. Bien que celle-ci existe pourtant en Allemagne aussi.


 

L’histoire d’Amazon

Depuis mai, chez Amazon-Allemagne, par exemple, nombre des 9 000 travailleurs organisent chaque mois des grèves d’une journée ou deux dans les sièges de Bad Hersfeld et de Leipzig. Amazon foule au pied les Conventions collectives de travail (CCT) conclues au niveau sectoriel et, lors du pic de fin d’année, attire en Allemagne, via de fausses promesses, des milliers de travailleurs saisonniers de l’Europe de l’Est et du Sud. La firme les installe dans des villages de vacances qu’elle fait surveiller par une firme de sécurité ayant des liens avec des organisations d’extrême droite.

 


Amazon veut que les syndicats s’en aillent. La firme entend décider toute seule de l’introduction de robots onéreux. « La dernière chose que veut Amazon, c’est de devoir disposer de l’accord des syndicats pour effectuer de tels changements », déclare la direction. Les grèves ont déjà rapporté de meilleurs horaires, des réfectoires décents et la promesse par Amazon de payer une prime de fin d’année de 600 euros. L’action se poursuivra jusqu’au moment où l’entreprise reconnaîtra et appliquera enfin la CCT. 

 


Un vrai parti de gauche doit agiter ce drapeau rouge de la résistance au capitalisme en menant une opposition conséquente au Parlement aussi et ne pas tout sacrifier à une coalition avec les Steinbrück de ce bas monde. Cette voie peut à nouveau remettre en selle le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux en Allemagne et bâtir enfin, sur le plan politique aussi, un contre-pouvoir contre Merkel et consorts.

 

 

Herwig Lerouge et Hugo Franssen

Source :


http://www.ptb.be/
 

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