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Publié par Michel LeDiablo

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Plus à droite que jamais. L'Allemagne sortie des législatives du 22 septembre l'est avec une CDU au plus haut depuis 1990, un SPD qui continue sa dérive droitière et « Die Linke », empêtré dans une stratégie euro et SPD-compatible, encore en recul.

 

Le fait majeur de ce scrutin, c'est le triomphe de la CDU d'Angela Merkel. Avec plus de 43% des voix, le parti démocrate-chrétien a écrasé le scrutin. La seule incertitude reste sa capacité ou non à obtenir la majorité absolue.

 

Dans une campagne résolument conservatrice, axée sur la stabilité et la continuité, elle a fait le plein dans l'électorat de droite et du centre, sur fond d'un nationalisme (« L'Allemagne forte »), qui trouve sa pleine expression dans un européisme intéressé et prudent.


 

Merkel n'a pas hésité à récupérer l'héritage de l’œuvre de l'ex-chancelier social-démocrate Gerhard Schroder, dont les réformes (« Hartz IV »), au début des années 2000, ont plongé des millions d'Allemands dans l'enfer de la précarité et des bas salaires.

 

Plus subtilement, elle s'est distinguée de son prédécesseur social-libéral par des inflexionsen politique étrangère, moins suiviste vis-à-vis de l'OTAN, et jusqu'en politique intérieure, avec quelques mesures sur le salaire minimum limitées à certaines branches bien précises.

 

A droite, Merkel occupe tout l'espace et écrase ses partenaires-concurrents : le FDP est balayé sur ses fondamentaux, libéralisme et européisme (4,5%) tandis que le parti populiste anti-euro, « Alternative fur Deutschland », échoue aux portes du Bundestag (4,8%).

 

Mais la droitisation du pays se manifeste aussi à la faillite des partis dits de « gauche ». Les Verts, en recul avec 8 % des voix (- 2,7 points) et surtout du SPD qui avec 26 % des voix réalise un score décevant, bien qu'en progression par rapport au fiasco de 2009 (+ 3 points).

 

Parti dans un premier temps sur des propositions identitaires « de gauche » offrant un vernis de radicalité (salaire minimum, impôts progressifs), le SPD a fini par accentuer sa dérive vers la droite, aidé en cela par la figure idoine, Peer Steinbruck.

 

Représentant émérite de la « gauche caviar » allemande, Steinbruck a été le ministre des Finances de Merkel sous la « Grande coalition » de 2005 à 2009, maître d’œuvre du plan de renflouement des banques, et de l'austérité dans et hors des frontières allemandes.

 

Se revendiquant de l'héritage des réformes Schroder, défendant le recul de l'âge de départ à la retraite à 67 ans qu'il a fait passer, Steinbruck ne s'est finalement distingué de Merkel que par sa défense plus obstinée de l'austérité budgétaire et du fédéralisme européen.

 

Pris dans cette vague droitière, « Die Linke » l'a aussi alimentée.Dans la lignée des derniers scrutins régionaux, « Die Linke » s'effritte. Avec 8,4% des voix, elle pourrait rester troisième force du pays, mais en net recul par rapport aux scores de 2009, où elle avait obtenu 11,9 %.

 

Au-delà de son résultat, ce sont ces axes de campagne qui ont nourri la droitisation du pays : l'approfondissement de l'intégration européenne et la recherche d'une alliance avec la social-démocratie.

 

Approfondissement de l'intégration européenne, alliance avec le SPD : virage droitier ou continuité pour Die Linke ?

 

Die Linke s'est distinguée d'abord dans la campagne par son zèle dans la défense et l'approfondissement de l'intégration européenne.

 

On se souvient en mai de l'intervention du fondateur de « Linke », l'ancien ministre de l'Economie de Gerhard Schroder, Oskar Lafontaine se prononçant pour la sortie de l'Euro afin de pouvoir mettre en place une véritable « politique de relance » de gauche, toute keynésienne et social-démocrate.

 

La levée de boucliers a été instantanée chez les dirigeants de Linke, proclamant leur attachement politique à la construction européenne.

 

Ainsi, Bernd Riexinger, représentant les ex-sociaux-démocrates de RFA et co-président, répondit : « Certains disent Non à l'Euro et oui à l'Austérité (l'AfD/Alternative fur Deutschland), nous, nous disons non à l'austérité et oui à l'Euro. Ils sont de droite, nous sommes de gauche ! »

 

Katia Kipping, représentant l'ex-PDS de l'Est, elle aussi co-présidente, avait alors répondu dans un article dans Neues Deutschland au titre fort : « Nous disons oui à l'Euro ».

 

Le programme adopté par Die Linke lors de sa Conférence à Dresde en juin insiste sur la nécessité de lutter ... contre la fin de l'Euro en promouvant une réforme de l'Union économique et monétaire, notamment des missions de la Banque centrale européenne (BCE).

 

Un européisme zélé parfaitement compatible avec la position ultra-fédéraliste du SPD.Le deuxième point marquant étant la recherche obstinée pendant la campagne de convergences avec le parti social-démocrate, en vue d'un gouvernement de gauche plurielle « rouge-rouge-vert ».

 

Les dirigeants de Linke, en premier lieu les présidents Tanja Kipping et Bernd Reixinger, n'ont cessé de modérer leur discours, insistant sur leur disponibilité pour des accords avec le SPD.

 

Une position défendue par le dirigeant historique de l'ex-PDS d'Allemagne de l'Est, désormais représentant de l' « aile modérée » ou « pragmatique » du parti, Gregor Gysi, qui rêve désormais de moins en moins secrètement d'un poste aux Affaires étrangères.

 

Gregor Gysi a tenu à insister sur le fait que « le SPD ne ferait pas de chancelier sans nous », et qu'il était disposé à s'entendre sur un programme minimal de gouvernement, rappelant les « points de convergence »entre les deux formations.

 

Un programme minimal dans lequel il a renoncé progressivement à tous les points de friction avec le SPD :l'abandon de la lutte contre le recul de l'âge à la retraite à 67 ans, de la suppression des lois Hartz IV oudu retrait des troupes d'Afghanistan.

 

Die Linke se contentait en fin de compte de déclarations incantatoires sur la « justice sociale » et la « paix » et de mesures compatibles avec les propositions du SPD. C'est le cas pour la mise en place d'un salaire minimum à 10 € quand le SPD … le proposait à 8,50 €.

 

Gysi a affirmé que « lorsque Die Linkeest plus forte, c'est l'Allemagne qui est plus pacifique et sociale ». Die Linke a atteint un score historique en 2009, l'Allemagne n'est pas pour autant devenue plus « pacifique et sociale » … si ce n'est pour la paix sociale dans le pays, peut-être ?

 

Anecdote révélatrice de la position conservatrice du parti, Die Linke a choisi pendant la campagne de présenter une affiche avec le mot « Revolution ? » … suivie de la réponse : « Nein ! ».

 

Si Linke ne cesse de mettre en avant son rôle pour tirer le SPD à gauche, le SPD suit de son côté la campagne anti-communiste alimentée par la CDU, et refuse toute coalition « rouge-rouge », laissant toujours entre-ouverte la porte d'une « grande coalition » avec la CDU.

 

Cela n'a pas empêché Gregor Gysi, triomphaliste à l'annonce des résultats, de déclarer le soir même sa « disponibilité pour des entrevues » dans la perspective d'un accord gouvernemental.

 

La dérive droitière de « Die Linke » avait atteint son paroxysme lors des dernières élections présidentielles de mars 2012 où le parti « de gauche » avait soutenu une femme ouvertement de droite, amie de Nicolas Sarkozy, sioniste invétérée : Beate Klarsfeld.

 

Chez un personnage comme Gregor Gysi, elle s'est manifestée notamment par des sorties en faveur du sionisme(« l'anti-sionisme n'est plus une position défendable pour Die Linke », disait-il lors de la commémoration des 60 ans d'Israel en 2008), y compris pour condamner ceux dans les rangs de Linke qui avaient participé à la « Flotille de la liberté » pour Gaza.

 

Ou encore, selon la fuite de Wikileaks, par cet entretien avec l'ambassadeur américain en 2010 tenant à le rassurer du caractère inoffensif du mot d'ordre de « dissolution de l'OTAN » par rapport à celui du « retrait de l'Allemagne de l'OTAN ».

 

Gysi et le parti « Die Linke » est le cœur et la tête du parti européen dit « Parti de la gauche européenne » (PGE) qui, sur le modèle allemand, tend à transformer les partis communistes en « partis (parlementaires) de gauche », pro-européens et sociaux-démocrates de gauche.

 

Après ces élections, le cœur de l'Europe penche plus que jamais à droite, renforcé dans son consensus libéral et européiste. La ligne adoptée par les dirigeants de « Die Linke », orientée vers la défense de l'UE et d'une alliance avec le SPD, n'a fait qu'alimenter cette dérive.

 

 

Article AC

 

Source:


http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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