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Publié par Michel LeDiablo

URCF-XX

La retraite est toujours dans le collimateur de la bourgeoisie monopoliste. La guerre qu’elle mène contre cette conquête des travailleurs de France qu’est le système de retraite par répartition s’inscrit dans la lutte de cette classe pour augmenter la plus-value absolue. En effet, pour maintenir ses taux de profits, le Capital va, en période d’accentuation de la crise, augmenter l’exploitation des travailleurs en allongeant la partie de la journée de travail non payée (1).

 

Elle le fait de deux façons :

 

=> par l’augmentation de la productivité au moyen d’innovations techniques, qui nécessitent cependant des investissements coûteux et souvent peu rentables à court terme.

 

=> en accroissant la durée totale du travail et en comprimant au maximum les salaires. C’est ce qui se produit dans les entreprises où se succèdent les plans de suppressions d’emplois, d’accroissement du temps de travail (heures supplémentaires non payées, travail les jours fériés ou le week-end, instaurations d’équipes de nuit…)

 

En plus de cela, cet allongement de la durée du travail se fait également sur le temps total de carrière. L’exploitation capitaliste ne se fait pas seulement durant le temps d’activité ; elle s’étend à la période de retraite. On baisse les pensions au moyen de l’augmentation du nombre d’années dans la base de calcul (on est passé pour le privé des 10 meilleures années à 25 sous Balladur) et par l’allongement des annuités (de 37,5 à 41,5 et même 43 en 2035) et de manière plus générale par le fait que plus les salaires sont bas, plus les retraites sont petites. Dans les faits, les travailleurs ne parviennent pas à travailler si longtemps et la décote est là pour baisser les pensions, et livrer, à terme, les cotisations aux fonds privés.

On assiste donc à un nouveau transfert des revenus du travail vers le Capital, qui se complète par le développement des assurances privées et des projets d’obligation de souscrire à une complémentaire santé. Il s’agit ici de détruire un des fondements du système de Sécurité Sociale. Ces contre-réformes s’accompagnent d’un retour aux théories malthusiennes sur la soi-disant surpopulation, par le biais desquelles on s’attaque à la fin de vie. L’allongement de l’espérance de vie moyenne, réelle en ce qui concerne les générations nées avant 1960, n’est plus de mise avec l’aggravation des conditions d’existence, la diminution de l’accès aux soins, de la qualité de l’alimentation… Quatre ans de plus au travail, c’est sept ans d’espérance de vie en moins.

 

Les dirigeants syndicaux réformistes, acquis à la défense de la compétitivité, tentent d’empêcher un puissant mouvement de lutte et de grèves. Comme à chaque contre-réforme, la CFDT se réjouit de retrouver dans la réforme ses propositions. La CGT rejette bien l’idée d’allonger la durée de cotisation à 43 ans et de toute modification du calcul pour les fonctionnaires. La direction de la CGT s’incrit dans l’agenda de la bourgeoisie (« Nous allons nous saisir de l’opportunité de la conférence sociale des 20 et 21 juin pour porter le débat sur l’ensemble des éléments qui permettrait de relancer une véritable dynamique de progrès social dans notre pays », disait-elle peu après la publication du rapport Moreau) avec des appels à une autre politique de l’emploi, sans mobiliser les travailleurs autrement que pour la journée d’action du 10 septembre, sans dénoncer sur le fond les positions de la CFDT. L’URCF appelle à la mobilisation pour la défense de nos revendications, du droit des travailleurs âgés à profiter de leur retraite et aux jeunes de trouver du travail. Les communistes ne préconisent pas une autre réforme dans le cadre de l’exploitation capitaliste, mais luttent pour le renversement du capitalisme et son remplacement par une société socialiste. C’est en effet dans une société où les moyens de production et d’échanges n’appartiennent plus à des propriétaires privés et où la production est orientée vers la satisfaction des besoins de la population travailleuse que le droit à une retraite paisible est pleinement garanti.

 

L’URCF propose comme revendications le retour à la retraite à 60 ans au bout de 37,5 annuités, la nationalisation des monopoles capitalistes, qui constitue un axe de lutte pour défendre et sauvegarder les emplois. Et si cela ne suffit pas, il y a encore les milliards d’euros que le gouvernement s’apprête à engloutir dans une agression contre la Syrie pour lui voler son gaz et briser un des maillons de l’axe de la Résistance à la sainte-alliance : USA, Israël, France, Qatar, Turquie Arabie Saoudite et autres islamofascistes. Ensuite, il faut instaurer le contrôle ouvrier sur les caisses de retraite qui doivent être gérées exclusivement par les travailleurs. Pour l’emploi, la diminution du temps de travail sans annualisation et avec embauches obligatoires.

 

(1) Le Marxisme nous enseigne que la journée de travail se divise en deux parts inégales : la partie payée (le salaire, qui est toujours inférieur au prix de la force de travail), et la partie gratuite, où se dégage la plus-value empochée par le Capital. En moyenne, en France, 3 heures de travail payées pour 5 heures de travail gratuites. C’est le coeur de l’exploitation capitaliste.

Le 29 septembre 2013

Source:


 http://www.urcf.fr/

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