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Publié par Diablo

Entretien réalisé en mai 2013, avant la réunion des Assises du communisme

Entretien publié par le mensuel du PRCF : « Initiative communiste » ( N° 133 et 134-135)

 initiative-communiste-mensuel.jpg

 

Questions posées à Pasquale Noizet (CN du PCF) 

et à Gilles Questiaux (animateur de Réveil Communiste)




Comment analyses-tu la situation au PCF PGE après le dernier congrès ?


P.N. : J’imagine que  l’ajout de « PGE » après « PCF » incite à s’interroger sur cette extension vers une gauche européenne.  « Gauche » comme « peuple de gauche » sont les termes qui ont remplacé « communisme ». En fait cette dérive s’est révélée bien avant le dernier congrès. Les camarades du réseau Faire vivre et renforcer le PCF dont je fais partie ont toujours critiqué  notre direction qui estime qu’une Europe sociale est possible, abandonnant du même coup l’idée de souveraineté du peuple (qu’il soit de gauche de droite ou abstentionniste). Avant le congrès de 2007 nous avions dénoncé les coups bas fomentés par l’Union Européenne. L’U.E. met en danger les acquis sociaux des nations (notamment la France) mais aussi  impose une tutelle financière aux régions redécoupées   en validant ou invalidant ses budgets. Angela Merkel ne s’y trompe pas : l’Allemagne est le véritable vainqueur de la dernière guerre ; cette nation a pu se redresser économiquement, surpassant les autres pays d’Europe.  Aujourd’hui nos propres medias nous font la leçon en mettant en avant le modèle économique allemand  (le mot social étant exclu de leur jargon).



Le PCF par la posture de sa direction (voire de ses directions) est très en retard sur la réalité sociale qu’elle soit à l’échelle du pays, européenne ou internationale. Le PCF aurait mieux fait de continuer de s’inscrire clairement contre l’Union Européenne au service du capitalisme et de réclamer la sortie de la France de la zone euro.

 



G.Q. : Le congrès a permis au groupe dirigeant de renforcer sa position et de rendre la critique de fond de l’UE inaudible dans le parti. Il s’est donné aussi les moyens en transformant les statuts de contrôler plus étroitement à l’avenir les manifestations d’opposition et l’activité des organisations de base. Bien entendu le débat n’a pas pu se faire dans des conditions saines, l’Humanité n’a pas davantage qu’au congrès précédent permis de débat entre communistes, mais il faut reconnaitre qu’en général les militants ou bien sont d’accord avec la ligne PGE FDG dans laquelle ils imaginent une forme d’autonomie vis-à-vis du PS, ou bien sont attachés au parti tout en n’y mettant aucun contenu, de manière fétichiste, ou bien critiquent le FDG par la droite, en redoutant l’influence gauchiste, la perte de positions concédées par les socialistes, etc. Enfin nombreux sont les militants qui considèrent que la ligne juste est celle de la direction, quelle qu’elle soit. Dans notre section, le groupe important qui soutenant le texte d’opposition en 2008 s’est dispersé. En général, l’opposition s’est divisée et s’est affaiblie.

Corrélativement, le parti a modifié sa composition sociologique, et représente maintenant une fraction de la classe moyenne. Mais c’est une caractéristique générale du militantisme de gauche.

 


Pourquoi rester au PCF dans ces conditions ?

 

P.N. : Le PCF est la matrice du communisme en France. C’est aussi un parti qui a participé à l’histoire du pays. Malgré tous ses renoncements et ses dérives je pense qu’il faut encore y croire, ne pas le laisser se vider de lui-même, renforcer le communisme là où il n’est plus, lutter de l’intérieur même si je pense que c’est une tâche ingrate et difficile.



G.Q. :Bien que devenu réformiste, le PCF reste un parti important et représenté dans les masses, susceptible de mener des campagnes comme celle contre le TCE en 2005 ou contre l’ANI. De nombreux élus font un travail excellent, et agissent, y compris dans les campagnes de solidarité internationales.

 

Qu’attends-tu des Assises du communisme ?

 

P.N. : J'attends qu’il en sorte  une feuille de route commune pour les communistes du dedans du PCF et du dehors ainsi que les progressistes de tous les pays.  Pour cela il faut débattre des points essentiels à court, moyen et long terme, ce qui nous rassemble, nos expériences spécifiques, ce que nous visons pour l’avenir. Il s’agit d’une vaste entreprise qui peut se baser sur l’expérience du passé et du présent du communisme  dans sa diversité et faire le bilan de ce que sont et d’où en sont les partis communistes dans chacun les pays où ils sont représentés.

 


G.Q. : Les Assises à notre avis devraient permettre la constitution d’un réseau concret unifiant, reliant et relayant au niveau national et international le plus grand nombre possible de militants communistes, individuels ou organisés, sur les territoires et dans les entreprises, et les organisant autour de campagnes précises et populaires. Un organisation souple, pour dépasser l’atomisation et le sectarisme, et pour donner une expression rationnelle à la colère montante. Il devrait diffuser une plateforme minimale, et permettre une adhésion sans restriction de ceux qui se réclament du communisme, du marxisme, de la révolution sociale (sauf aux fascistoïdes qui cherchent à s’immiscer parmi nous en reprenant des éléments de langage pseudo-révolutionnaires). Pour aboutir, elles devraient lancer des campagnes sur l’UE, l’OTAN, les (re-)nationalisations, la réindustrialisation, et le socialisme.

 


A ton avis, comment le mouvement communiste peut-il contre attaquer efficacement dans le contexte actuel d’écrasement du pays et de sa classe ouvrière par le rouleau compresseur de l’UE, et de montée des forces réactionnaires ?

 


P.N. : n premier lieu, le mouvement communiste est à évaluer dans son contenu, sa visée et ses forces. Les communistes et progressistes se différencient  d’un pays à l’autre, d’une organisation à l’autre que ce soit par leur histoire nationale ou leur son histoire en tant qu’organisation politique. Le plus efficace serait de renouer avec l’usage de la propagande communiste. Nous vivons dans un monde où tout est propagande sous couvert d’informer sur tout et n’importe quoi le citoyen lambda. Mais à travers ses « informations » qui pleuvent sur les têtes, demeure l’idéologie capitaliste qui influence fortement le peuple qui a perdu ses repères de luttes  notamment dans le milieu du travail (difficultés à se syndiquer, doute sur l’utilité des syndicats), ou dans ses choix politiques (beaucoup d’abstentionnistes ou de citoyens votant « utile »). Le rôle des communistes est de se mettre en ordre de marche, de s’unir et de se renforcer pour mieux travailler à redonner espoir et à proposer des solutions, pour changer non pas LA société mais bien DE société. Être en « contre » sur tous les sujets ne suffit pas, on le voit bien. Mais avancer des solutions économiques et sociales sans devenir gestionnaires du capitalisme (rôle de la gauche et du PGE), donner des perspectives révolutionnaires à l’échelle des luttes en cours me parait être la meilleure proposition que je puisse faire dans le contexte actuel.


Il s’agit de regarder au-delà de l’Europe pour voir ce qui se passe en Amérique latine. Ce continent dans sa diversité me parait être un bon laboratoire contemporain pour mieux saisir les difficultés et les spécificités du socialisme dans chaque pays.


La classe ouvrière est toujours bien présente mais elle est étouffée par une guerre économique sans précédent que ce soit à travers les délocalisations, la flexibilité au travail, le manque de formation, la perte en force des syndicats. En plus sous le terme « employé » ou « technicien » se cache le « gros mot » : ouvrier. Et encore « pire » : « Classe ouvrière ». C’est le prolétariat dans sa diversité qui est ainsi privé de son droit à être reconnu comme producteur des biens de ce monde. C’est là aussi qu’il faut enfoncer le clou, faire reconnaitre que la société fonctionne grâce au prolétariat. La notion de nation doit être celle de la souveraineté d’un pays et la notion d’internationalisme celle de la solidarité de tous les prolétaires, l’échange d’expériences pour avancer mieux et plus vite vers le communisme.

 


G.Q. : L’écrasement du pays et de la classe ouvrière est loin d’être acquis. Les contreréformes antisociales depuis trente ans ont affaibli la classe ouvrière et l’on divisée, mais elle conserve un potentiel de lutte important susceptible de radicalisation, qui est apparu en 2010 lors du mouvement sur les retraites. Mais je pense que les communistes doivent progresser dans la guerre des idées, ce qui est difficile car il faut à la fois se tourner vers l’avenir, les nouvelles formes de lutte et d’expression prolétariennes, et réhabiliter l’expérience socialiste du XXème siècle qui est la seule alternative réellement tentée  au capitalisme. Les forces réactionnaires qui se dessinent sont de diverses natures et leur union n’est pas acquise non plus. La dialectique PS FN qui stérilise la lutte politique en France depuis 30 ans s’est étendue à toute l’Europe. Je pense qu’il faut se prononcer clairement contre le fascisme, mais qu’il faut aussi le démasquer comme épouvantail. Actuellement il n’y a pas de forces bourgeoises importantes ni d’institutions telles l’armée, qui en fassent le choix. Par contre des libéraux sont susceptibles d’évolution très autoritaire, notamment par le biais de campagnes de guerre impérialistes et en instrumentalisant les médias de masse qu’ils contrôlent totalement. Pour moi Sarkozy même battu en 2012 reste plus dangereux que le Pen.


Pour contrecarrer l’influence fasciste, il faut montrer aux vrais patriotes que le danger réel pour la nation française provient non pas des immigrés mais de l’UE et de l’OTAN.

Pour lutter efficacement, il faudrait donc constituer « de facto » un large front communiste et ouvrier dont les Assises pourraient être le germe, et un front patriotique plus large encore.

 

Source: Réveil communiste

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