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El Diablo

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« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

Bertolt Brecht

Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.

Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

BRN-titre

Baril

 

EIIL – Etat islamique en Irak et au Levant. L’acronyme désigne une mouvance djihadiste qui a gagné sa notoriété par un activisme sanglant contre le pouvoir syrien. Mais ledit groupe étend également son emprise sur l’Irak. Il s’est notamment emparé de la deuxième ville, Mossoul, installant ainsi une menace contre la capitale, Bagdad. Cette spectaculaire extension a pris de court les dirigeants américains. Ceux-ci redoutent un ingrédient explosif supplémentaire dans un Moyen-Orient qui constitue déjà le plus redoutable baril de poudre de la planète… et le premier fournisseur d’hydrocarbures.

 

Washington porte une lourde responsabilité dans l’émergence puis le développement de forces djihadistes sunnites. Car lorsqu’en 2003, George Bush décide d’envahir l’Irak et de renverser Saddam Hussein, il agit dans un environnement idéologique préparé par les néoconservateurs : la volonté de dessiner un « nouveau Moyen-Orient », où les actuelles frontières étatiques devaient s’estomper au profit d’un redécoupage communautaire religieux. Pour l’Irak, entre chiites, sunnites et Kurdes. Cette inspiration a été en quelque sorte reprise par l’EIIL dont l’objectif affiché est d’installer un « califat » sur une base confessionnelle, à cheval sur l’Irak et la Syrie.

 

 

En dehors du Moyen-Orient, les dirigeants américains avaient déjà préparé l’« accord de Dayton » (1995) censé mettre fin à la guerre en Bosnie (et qui, deux décennies plus tard, fait perdurer un blocage total) : celui-ci reposait sur une division de cette ex-République yougoslave en entités « ethnico-religieuses » homogènes (Serbes orthodoxes, Croates catholiques, Musulmans). Peu d’années auparavant, l’activisme européen (en fait, allemand) avait du reste fait exploser le cadre étatique yougoslave.

 

 

Aussi diverses que soient les situations, on retrouve cette tentation récurrente : estomper les frontières des Etats-nations ; et promouvoir des regroupements sur des bases communautaires, religieuses, claniques, ou tribales. Quelle régression historique ! Depuis deux siècles, les classes montantes puis dominantes du Vieux continent avaient ébauché et promu des structures stato-nationales comme cadre de leur développement, le cas échéant de leurs rivalités. Leurs actuelles héritières, les « élites mondialisées », considèrent désormais ce cadre comme un obstacle à leurs propres intérêts, et entendent donc le saper. Avec un objectif à la fois économique – d’où l’importance des traités de libre-échange « nouvelle génération » ; et plus encore politique, car ledit cadre national contient un danger majeur : l’exercice de la souveraineté par chaque peuple.

 

 

Est-il excessif d’analyser l’actuelle réforme territoriale voulue par François Hollande à cette lumière ? Le projet de loi, présenté le 18 juin au Conseil des ministres, entend confier plus d’autonomie aux régions, y compris via un « pouvoir réglementaire », autrement dit le droit d’« adapter » la loi votée par la représentation nationale. Certes, l’objectif affiché est de réaliser des « économies » (notamment par la réduction du nombre de fonctionnaires, autrement dit par l’accroissement du chômage). Mais ses auteurs ne cachent nullement que la réforme s’inscrit dans un cadre européen, afin de mettre sur pied des collectivités « compétitives » avec les Länder allemands, mais aussi les régions italiennes (également récemment réformées) ou espagnoles.

 

 

Bien sûr, le découpage n’est pas « ethnique » (encore que ce soit bien l’horizon espéré par certains indépendantistes corses ou bretons). Mais la petite part de prérogatives nationales qui n’était pas encore préemptée par Bruxelles serait susceptible d’être diluée dans des structures régionales, étrangères à toute souveraineté populaire.

 

 

Décidément, à l’Elysée – comme à Bruxelles et ailleurs – on persiste à refuser de comprendre le « message » des urnes le 25 mai. Comme on s’était assis sur le référendum de 2005.

 

 

Un jour, le baril de poudre pourrait bien ne pas se trouver seulement au Moyen-Orient.

 

Pierre LÉVY

 

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