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Publié par Michel El Diablo

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L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIÈRES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI

 

« On a des collègues qui ont un peu du mal (…) à voir parfois peut-être le sens des réformes en cours » : ainsi s’exprime la responsable nationale d’un syndicat en recul dans les élections professionnelles (1).

 

Reconnaissons à cette analyse une certaine lucidité. Il y a deux types de syndicalisme : celui qui accompagne les contre-réformes du gouvernement et celui qui les combat et défend droits, garanties et statuts. Que le premier recule tandis que le second progresse dans nombre de secteurs et d’entreprises publics renforce l’inquiétude de ceux qui, au sommet de l’Etat, prétendent imposer les plans destructeurs découlant du pacte de responsabilité. Tous mesurent qu’à travers ces élections, sous des formes variables, s’exprime la recherche, par les travailleurs, du regroupement nécessaire, avec leurs organisations de classe, qui annonce des mouvements de résistance majeurs.

 


Du coup, les institutions de la Ve République sont mises en question par ceux-là mêmes dont elles sont censées défendre les intérêts : en sont-elles encore capables ?

 


Dans le journal capitaliste Les Echos, l’éditorialiste Vittori se prononce pour le passage d’urgence à une VIe République… mieux à même de faire passer les contre-réformes capitalistes.

 


Dans le même journal, le P-DG Denis Olivennes commence par rappeler que l’instauration de la Ve République par de Gaulle fut « un grand soir institutionnel »… disons plus simplement : un coup d’Etat. Il réclame aujourd’hui « un grand soir du social », autrement dit : un nouveau coup d’Etat. Il s’agit d’« obliger » les patrons à adhérer à une seule organisation patronale et de « favoriser un processus de fusion entre les centrales » syndicales ouvrières. Pour cela, Olivennes propose d’augmenter le seuil de représentativité à 16 % puis 30 %, d’imposer le vote obligatoire des salariés et de fondre en une structure unique tous les délégués syndicaux et du personnel.



Dans quel but cette remise en cause du droit à constituer librement des syndicats ? Faire que les syndicats intégrés à l’Etat « produisent du droit » ! Dans ce schéma, la loi devrait se contenter de « fixer des principes d’ordre public et les socles minimaux en matière de droit du travail ». Tout le reste relèverait de la « production du droit » en commun par un syndicat patronal unique et des syndicats ouvriers quasi uniques et obligatoires.

 


Le « grand soir » qu’Olivennes appelle de ses vœux est un coup d’Etat corporatiste intégrant à l’Etat des syndicats devenus colégislateurs. Bref, l’objectif initial de De Gaulle, qu’il ne put mener à terme du fait, principalement, de la résistance de la classe ouvrière et de ses organisations.

 


« C’est un pari ? », interroge Olivennes, qui reconnaît la difficulté : « Qui osera imposer ce changement radical ? Qui osera être le de Gaulle de notre “Constitution” sociale ? » Il ajoute : « Nous avons bien plus à perdre à ne rien changer. »

 

Qu’un secteur de la classe capitaliste proclame ainsi à haute voix sa tentation de l’aventure mérite d’être pris au sérieux.

 


Ou bien la marche au corporatisme destructeur de la démocratie — à laquelle la politique du gouvernement ouvre la voie — pour faire passer les plans du capital ; ou bien le regroupement de la classe ouvrière et de ses organisations, qui, en balayant par l’action de classe le pacte de responsabilité et les projets de Macron, sera à même de défendre la démocratie politique et de mettre le corporatisme en échec.

 


Tel est le contenu politique de l’affrontement entre les classes qui se prépare.

 

(1) Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, interrogée par l’AFP.

 

 source: POI

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