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Publié par Michel El Diablo

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L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI

Qu’un Premier ministre largement rejeté ait réussi ce 16 septembre à faire voter la confiance par une Assemblée nationale croupion discréditée… qui s’en étonnera ? La crise du régime n’est pas endiguée pour autant.

 

Certes, le Medef se réjouit, dont le président Gattaz a, le matin même du vote, salué le « discours pro-entreprises » de Manuel Valls, réaffirmant son soutien au pacte de responsabilité, et dénonçant les syndicats qui  « ne veulent pas négocier, comme la CGT et Force ouvrière ».

 

Certes, la droite se réjouit, l’ancien Premier ministre Raffarin ayant en son nom souhaité que Valls  « obtienne la confiance du pays ».

 

Certes, les « frondeurs » ayant sagement choisi de s’abstenir, les dirigeants du Parti socialiste peuvent se rassurer. Pour combien de temps ?

 

Gattaz n’a fait que dire à haute voix ce que tout le monde sait : le gouvernement Hollande-Valls est au service de la classe capitaliste. Comme tous les gouvernements de la V e République qui l’ont précédé, qu’ils aient été de droite, de gauche, de gauche plurielle… Comme tous ses prédécesseurs, ce gouvernement applique strictement les diktats de la classe capitaliste, privatise, licencie, déréglemente en se soumettant aux directives de l’Union européenne et du FMI. De tous, ce gouvernement Hollande-Valls est celui qui va le plus loin dans cette voie de régression sociale qui voudrait nous ramener soixante-dix ans -si ce n’est deux siècles – en arrière !

 

C’est pourquoi il fait l’objet d’un tel rejet.

 

De leur côté, les députés du Front de gauche ont voté contre la confiance. C’était bien le moins. Mais quelle perspective ouvrent-ils ? François Hollande « pourrait nommer un autre Premier ministre pour faire une autre politique», a plaidé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, affirmant que cette possibilité était ouverte dans le cadre de l’Assemblée nationale telle qu’elle est.

 

Si l’on en croit la presse, il s’agirait de préparer le terrain à une éventuelle nomination de Martine Aubry (soutenue par Jean-Marc Ayrault), laquelle se prononce pour une « inflexion » du pacte de responsabilité.

 

Instruits par l’expérience, les travailleurs et les jeunes auront peine à croire qu’un changement de Premier ministre, dans le cadre d’un pacte de responsabilité qui offre aux patrons 41 milliards d’euros financés par une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques, modifiera quoi que ce soit. D’autant qu’à ce pacte de responsabilité sont reliées toutes les contre-réformes : sur la Sécurité sociale, réforme territoriale, rythmes scolaires, réforme de la santé… (1).

 

Plus généralement, les travailleurs et les jeunes auront peine à croire qu’un changement de Premier ministre, dans le cadre de l’actuelle majorité soumise aux directives de l’Union européenne, puisse inverser le cours des choses.

 

L’exigence qui monte de toutes parts, c’est celle de la rupture. Rupture avec cette politique soumise à la classe capitaliste et à l’Union européenne, rupture avec ces institutions qui n’ont d’autre fonction que d’imposer cette politique en cherchant à y associer les organisations ouvrières.

 

Le premier pas dans cette direction, c’est la réalisation de l’unité de la classe ouvrière et de ses organisations pour bloquer le pacte de responsabilité. Une idée qui fait son chemin.

 

(1) S’agissant des dirigeants des partis et organisations politiques qui affirment « contester la politique du gouvernement », une question se pose : quel sens a la « contestation » si tous les efforts ne convergent pas pour bâtir l’unité qui balaiera le pacte de responsabilité.

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