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Publié par Michel El Diablo

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Article publié en arabe dans le bimensuel « An Nidaa » - Fin août 2014 

Depuis soixante ans, et plus précisément à partir du mois de mars 1947, et quel que soit le parti au pouvoir, la politique extérieure des USA se caractérise par la mise en œuvre de la doctrine préconisée par Harry Truman, président étasunien bien connu pour son anti communisme primitif et ses tentatives visant à diriger la planète et à mettre la main sur les richesses qu’elle recèle.

 

En effet, « la doctrine de Truman », basée soi-disant sur « la défense du monde libre et des droits des peuples », fut mise au point à la fin de la seconde guerre mondiale dans le but précis de barrer la route au communisme triomphant, mais aussi de mettre à la tête des Etats nouvellement libérés des dictatures inféodées complètement au capitalisme afin d’empêcher les peuples des anciennes colonies d’accéder à l’autodétermination et aux changements sociaux qu’ils revendiquaient. D’où la prétendue « aide » dispensée par Washington, depuis de longues décennies, peut se résumer en une succession d’interventions économiques et militaires, directes ou indirectes, dans les affaires intérieures des pays libres et souverains. La politique du bâton et de la carotte, comme on dit communément, à commencer par le « Plan Marshal », en juin 1947, suivi par de nombreux coups d’Etat militaires mais, surtout, par la création, en 1949, de l’OTAN dont les bases sont actuellement disséminées dans le monde entier.

 

Que pouvons – nous dire de l’actuelle politique de Washington vis-à-vis du Monde arabe, surtout à la suite des développements très dangereux dont l’Irak fut l’arène ? Comment évaluerons-nous la part de responsabilité de l’administration de Barak Obama dans la fulgurante ascension de « L’Etat islamique en Irak et en Syrie », de sa mainmise sur la région de Mossoul et de son intention à créer un Califat sunnite qui s’étendrait sur la moitié de la Syrie et une grande partie du Liban allant des collines de Ersal au Akkar et à la région de Tripoli ? A-t-elle laissé faire certains de ses alliés arabes et régionaux dont on dit qu’ils ne se sont pas contentés de financer ce mouvement terroriste, mais qu’ils lui ont facilité la tâche, en lui procurant, à travers la Turquie et d’autres pays du Golfe arabique, toute l’assistance en hommes et en armes dont il avait besoin pour faire régner sa loi ?

 

Des informations – dont certains « ouï-dire » diplomatiques – se répandent sur le fait que d’influents responsables œuvrant dans de grandes sociétés pétrolières et sur le marché d’armes aux Etats-Unis ont un rôle certain dans la création de l’organisation « Etat Islamique en Irak et en Syrie » (EISIS ). Le but serait de reproduire l’expérience des « Moudjahidines » afghans des années quatre-vingts du XXème siècle (ceux-là mêmes qui ont formé un peu plus tard l’organisation « AL Qaeda ») et des « Talibans », à savoir : empêcher le changement démocratique des sociétés arabes et, surtout, dévoyer la lutte de classe, exprimée par le slogan « Le peuple veut la chute des régimes », en la transformant en une lutte confessionnelle, tribale et ethnique.

 

En effet, le « Projet du Nouveau Moyen Orient » - qu’il fût « grand » ou « élargi » - est un projet visant à intégrer le courant islamiste, les « Frères musulmans » notamment, dans la vie politique du Monde arabe et, ce, afin de remplacer des régimes militaires, prétendument laïques, et qui ont fait leur temps dans la répression de leurs peuples. Tel était le cas en Turquie et dans d’autres pays moyen orientaux, et tel est le cas dans plus d’un pays arabe sous prétexte qu’une nouvelle génération d’islamistes est en train de naitre, une génération qui tiendrait un discours différent, surtout en ce qui concerne les droits à la citoyenneté. Cette image concerne aussi la Palestine occupée où Washington est devenu prêt à adhérer à la transformation d’Israël en l’Etat des Juifs dans le monde, ce qui permettra à cet Etat de chercher des colons « juifs » de tous les pays afin d’empêcher pour toujours le droit au retour du peuple palestinien sur la terre de ses ancêtres et, peut-être, de déraciner les Palestiniens présents dans les trottoirs de 1948.

 

UNE PURIFICATION ETHNO-RELIGIEUSE !

Et, si certaines positions étasuniennes peuvent paraitre quelque peu ambigües, surtout en ce qui concerne l’appel à la lutte contre les positions d’EISIS au nord de l’Irak ou en Syrie, ou encore la permission donnée à l’Arabie saoudite de tempérer avec l’Iran et les Houthites du Yémen, il faut dire que cette ambiguïté ne fait pas long feu, surtout si nous nous rappelons que la division de l’Irak en trois wilayat est un projet purement étasunien ; d’ailleurs les troupes d’EISIS ne furent bombardées qu’après avoir débordé les limites, ou les frontières, fixées… Le même principe fut appliqué en Syrie et, surtout, au Yémen quand l’extension de la présence d’Al Qaeda risqua de menacer directement les intérêts pétroliers de Washington.

 

Voilà pourquoi la situation actuelle dans le Monde arabe nous rappelle ce qui avait prévalu dans certaines républiques de l’ex Union soviétique à la veille de l’implosion de 1990 ; elle nous rappelle, surtout, le rôle joué par l’administration étasunienne (sous le paravent des Nations unies) en 2006 en Yougoslavie, sous le prétexte de soutenir les aspirations à l’indépendance des habitants du Kossovo et du Monténégro. Et, nous ne sommes pas les seuls à le dire… En effet, il y a de cela trois ans, l’ancien ambassadeur US en Roumanie a, lui aussi, évoqué les points de ressemblance entre ce qui s’était passé lors des élections législatives de 1948 en Italie et la préparation des législatives égyptiennes qui ont amené au pouvoir « Les frères musulmans ».

 

Cet ambassadeur disait, dans un article publié par la presse de son pays, que Washington avait, en 1948, « donné plein pouvoir à la C.I.A. [et nous ajoutons « avec l’aide précieuse de l’église catholique sous la direction du cardinal Wojtyla qui devint pape sous le nom de Jean-Paul II] d’aider les Démocrates chrétiens et les autres partis anti communistes à avoir la victoire ». Il ajoutait que les résultats de ces élections « ont été déterminants », puisqu’elles avaient empêché les communistes d’accéder au pouvoir, malgré le fait qu’ils étaient majoritaires, tout en transformant l’Italie en « une base essentielles de l’OTAN et, plus tard, de l’Union européenne ». Enfin, il tirait la leçon suivante : « cela doit inspirer les Etats-Unis à mener la même politique en Egypte et au Moyen Orient ; une politique visant à construire des démocraties stables, même s’il y aurait des reculs et des avancées, à procurer à ces démocraties toute l’aide matérielle et toutes les garanties de sécurités nécessaires, tout en profitant des opportunités commerciales que celles-ci peuvent procurer » à Washington. Ce qui veut dire en clair : aidons l’Egypte d’aujourd’hui comme nous l’avions déjà fait pour l’Italie, en nous appuyant sur le même principe de faire bouger les choses à partir de la religion.

 

Mais, ce que l’ancien ambassadeur étasunien en Roumanie a oublié, c’est que l’Histoire, si elle se répète, elle le fait sous la forme d’une farce.

 

Voilà ce qui arriva à « la nouvelle génération des Frères musulmans » en Egypte. Et, voilà ce qui risquera d’arriver à d’autres alliés de Washington dans d’autres pays arabes, à commencer par l’Irak et jusqu’au petit Liban.

 

D. MARIE NASSIF-DEBS

Le 10 septembre 2014

 

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