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Publié par Michel El Diablo

lituanie-euro.jpg

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Qui a confiance aujourd'hui en l'euro, en l'Union européenne ? Même les pays auxquels a été vendu le rêve européen n'y croient plus. Les pays baltes entrent dans l'Euro contre la volonté de leur population. Après la Lettonie en 2014, la Lituanie en 2015.

 

Ce 1er janvier 2015, la Lituanie est le 19ème pays à entrer dans l'euro. L'heure n'est plus à l'euphorie européenne mais au désenchantement de l'Europe. Les derniers sondages européens montrent que l'adhésion à l'euro ne cessent de reculer dans toute la zone euro.

 

Même la Lituanie n'y échappe pas. Selon un sondage réalisé conjointement par l'organisme de sondage américain Gallup et son partenaire local Baltijos Tyrimai (« Enquêtes baltes »), 49 % des Lituaniens désapprouvent l'entrée dans l'Euro alors que seuls 26 % l'approuvent.

 

Dans le détail, seuls 5 % des Lituaniens approuvent complètement la décision d'adopter l'euro et 21 % « tendent à l'approuver ». 25 % sont en total désaccord avec ce choix et 24 % « tendent à être en désaccord ». Enfin, 22 % ne semblent ni approuver ni désapprouver la décision.

 

Une majorité se dessine aussi dans la condamnation de la décision du gouvernement de ne pas organiser de référendum sur la question : 57 % pensent que le gouvernement a eu tort de ne pas en organiser un, alors que 32 % pensent que c'était la bonne décision.

 

Enfin, les chiffres sont encore plus tranchés quand on demande les Lituaniens si ils ont confiance dans les bénéfices de la transition de la monnaie nationale (litas) à l'euro. 64 % ne sont pas confiants (dont 27 % « pas du tout confiants »), 4 % sont très confiants, 23 % « plutôt confiants ».

 

L'analyse sociologique des résultats concernant le « Non » à l'entrée dans l'euro révèlent que le « Non » est majoritaire chez le tiers des ménages les plus pauvres qui vit avec moins de 400 € par mois : c'est le cas de 63 % de ses ménages tandis qu'ils ne sont que 14 % à l'approuver.

 

Rappelons qu'en Lituanie, le salaire moyen est à peu près à 500 € par mois et que le salaire minimum est fixé à 290 € par mois.

 

Le désenchantement domine depuis que les « Tigres baltiques » se sont révélés des tigres de papier, l'entrée dans l'Europe et le mirage de l'adhésion à l'euro un prétexte à l'adoption de mesures d'austérité parmi les plus drastiques du continent.

 

Saignée par une perte démographique de 700 000 habitants depuis la chute de l'URSS (1/5 ème de sa population!), minée par la gangrène de la fraude fiscale et du marché parallèle, la Lituanie reste un paradis fiscal légal pour les entreprises avec un taux d'impôt sur les sociétés de 15 %. C'est le double en France.

 

Dans le même temps, après la récession record de 15 % en 2009, c'est aux Lituaniens qu'on a demandé de faire des sacrifices : baisse des salaires des fonctionnaires (entre 5 et 50 %), dégraissage des effectifs de la fonction publique (jusqu'à 20 % dans certains ministères), une baisse des pensions de 5 à 10 % ainsi qu'une baisse moyenne des salaires de 20 % dans le secteur privé.

 

Bienvenue aux Lituaniens sans illusions dans l'Euro, ce second cercle de l'enfer européen. Ils ont déjà abandonné toute espérance à leur entrée dans le premier. A eux de trouver la force de se joindre à la lutte de leurs frères européens pour sortir de cette machine infernale.

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