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Publié par Diablo

manifestation

Partons d'un exemple, d'un citoyen lambda, dans la glaise jusqu'au cou, assommé de taxes et d'impôts sans cesse en augmentation. Partons de ce point précis où le ras le bol gronde, partons de cette goutte d'eau qui va faire déborder le vase, cette pseudo réforme des retraites. Partons de cette nausée qui nous vient avec les relents de la peste brune venant exploiter le mal être, le mal vivre, en attisant la haine, en exacerbant le racisme, en accusant l'immigration d'être la source de tous nos maux. Partons donc de leurs fausses solutions proposées alors qu'ils ne sont que des ultras libéraux, lèches bottes du grand capital!

 

 

Partons de cet endroit où je croise souvent sur mon chemin la "France qui se lève tôt". Ils sont là, en bleu de chauffe à six heures du "mat", la glacière à la main, pour aller au chantier, au travail à perpétuité. Ils sont là mes compagnons, ceux que je soigne parfois, après un accident de chantier: ils s'appelent Farid, Ali ou Mohamed. Je les côtoie depuis près de 10 ans avec leurs familles. Je suis un homme de 54 ans et j'exerce le difficile métier d'infirmier à domicile dans la banlieue d'une ville moyenne du Sud Est de la France.  La précédente réforme des retraites (sous l'ère de Sarkozy premier) m'avait mis, hors de moi, hors de ma maison et dans la rue, avec ceux qui, comme moi criaient à l'iniquité de cette réforme.

 

 

Traduction en clair, en ce qui concernait ma petite personne et nombre de mes consoeurs : la retraite à 67 ans pour avoir le nombre d'années de cotisations et percevoir une retraite à taux plein. Précisions: la retraite du régime général  pour les infirmières libérales était depuis cette première réforme passée à 62 ans (avec l'application d'une décote en cas de trimestres manquants); la retraite complémentaire quant à elle, n'étant dans tous les cas perçue désormais qu'à partir de 67 ans!

 

 

Ajoutons à celà que la valeur de notre point retraite dans le régime général n'a cessé de décroître: 1,93 euros en 1986, 1, 23 euros aujourd'hui. Ajoutons encore que notre caisse autonome de retraite est fondue dans la caisse nationale de retraite des professions libérales. A ce titre nous sommes solidaires de certaines caisses déficitaires:  comme la caisse de retraite des notaires par exemple! Rire ou pleurer, à vous de choisir. C'est ainsi que pour 16 euros cotisés, 6 euros partent en régime de solidarité. Je sens bien repousser les cornettes qui ornaient la tête des premières infirmières: soit pour votre serviteur 2144 euros sur 5719  qui partent chaqueannée, en régime de solidarité! A ceci vient encore s'ajouter le fait que toutes nos cotisations sociales confondues ont augmenté de 17‰ en deux ans. Conclusion: baisse du pouvoir d'achat et un droit à la retraite de plus en plus difficile à acquérir! Pour être complet, disons encore que nous sommes nombreux dans mon corps de métier à avoir alterné les emplois en salarié et l'exercice libéral, et que de ce fait, le mode de calcul de notre retraite se fera encore plus à notre désavantage. 

 

 

Aujourd'hui, avec l'augmentation des cotisations retraites et l'allongement de la durée de cotisation (à hauteur d'un trimestre par an jusqu'en 2025) ce sont de nouveau les salariés, les petits patrons et les professions libérales (précisons encore les disparités au sein de cet ensemble) qui vont payer l'addition. Avec le gouvernement Ayrault, la retraite à 70 ans, c'est maintenant! Autre enfumage en cours: le fameux compte pénibilité: pour qui, comment, quelles professions? Ca ressemble à une usine à gaz, à une machine à noyer le poisson. Là aussi, l'enfumage, c'est maintenant!

 

 

A aucun moment nous n'entendons parler d'une participation des revenus financiers. Pourtant par exemple, les 500 familles françaises les plus riches ont vu leur revenus augmenter de 25‰ en un an! Que dire encore de l'exil fiscal, de l'évasion fiscale. Que dire de la part croissante dans le PIB prise par les actionnaires du CAC 40 au détriment des salaires? A la fin des trente glorieuses, cette part se situait vers 2,3‰, aujourd'hui on parle de pratiquement 10‰ du PIB: soit 180 milliards d'euros... Largement de quoi financer les régimes de retraite (la santé publique, l'école...) sans dresser les salariés du privé contre ceux du public. Avec la période Hollande, c'est la continuité sans changement. Toujours les mêmes qui ramassent les billes, pendant que ça trime, là, à la base. En haut, dans les tours de la Défense et de Manhattan, dans les couloirs glacés arpentés par les technocrates de Bruxelles, on se gargarise au champagne. Les lobbies financiers prospèrent, se vautrent dans la soie, dans les draps de l'argent sale...

 

 

Messieurs Hollande et Ayrault, nous ne voulons pas de cette "méforme" des retraites que vous voudriez faire passer pour une réforme. Vous n'êtes plus de gauche, vous n'en avez même plus le nom. Non, vous êtes des libéraux, les mêmes qu'à l'UMP. Vous faites la même politique, voire pire. La vraie gauche quant à elle sera dans la rue le 10 septembre... et après: avec les syndicats, avec les salariés du public et du privé, avec les retraités, avec les chômeurs et les travailleurs à temps partiel non choisi, avec les femmes victimes des inégalités salariales, avec les économistes attérés, avec le parti de gauche où je milite, avec les forces du front de gauche rassemblées pour ce combat!

 

 

A bientôt donc, dans la rue... comme la dernière fois.

 

Fransois des bois

 

Source : blog mediapart

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