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Publié par Diablo

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Parisot : «La direction prise par le gouvernement est la bonne»

Trois jours avant de quitter ses fonctions à la tête du Medef, Laurence Parisot a distillé, entre de nombreuses critiques - quelques compliments à l'égard de l'exécutif, ce dimanche 30 juin 2013 lors du grand rendez-vous Europe 1 – i>Télé – Le Parisien – Aujourd'hui en France. Tirant une grande fierté d'avoir dirigé pendant huit ans l'organisation syndicale, elle a insisté sur son indépendance vis-à-vis de l'exécutif et délivré ainsi une série de bons et de mauvais points à la présidence Hollande. Parmi les grands sujets d'inquiètude qui demeurent, figure, selon, elle, la réforme des retraites.


Evoquant dans sa globalité la politique économique suivie, Laurence Parisot a estimé que la « direction prise » était « la bonne », rappelant à plusieurs reprises que le gouvernement avait, selon elle « pris la mesure de la gravité de la crise ». « Mais maintenant, l'enjeu, c'est la vitesse et l'intensité de la réponse », a-t-elle poursuivi. « Il faut être modéré dans les solutions mais déterminé dans leur mise en oeuvre » a-t-elle encore assené, dénonçant au passage les solutions extrêmes prônées par le FN et le Front de Gauche.


« Nous soutenons le crédit d'impôt compétitivité-emploi», a donné comme exemple Laurence Parisot. « Ce n'était pas notre choix premier mais c'est une bonne mesure ». Et quand on lui fait remarquer que les patrons qu'elle représente ne partagent pas son enthousiasme, la vice-présidente de l'institut Ifop rétorque qu'ils « sont en train de découvrir » la mesure, et qu'ils cherchent «comment ils peuvent financer».


«Hollande a mesuré la gravité de la crise»

François Hollande serait-il alors le meilleur président que la patronne du Medef aie connu ? « Nicolas Sarkozy a été exceptionnel en 2008 », a préféré répondre celle qui avait pris ses fonctions lors du second mandat de Jacques Chirac,  réélu en 2005. « Sans lui, l'Europe s'effondrait », a-t-elle insisté avant d'évoquer, plus sobrement, le président actuel. « Je vois, depuis septembre 2012, un François Hollande président de la République qui comprend la situation et en a mesuré la gravité », a-t-elle répondu, évoquant quelques semaines chaotiques en début de mandat.


«Quand les mesures sont bonnes, je le dit », a-t-elle insisté, faisant remarquer qu'elle savait aussi hausser le ton en cas de « grosse erreur », citant notamment le projet gouvernemental de taxer les plus-values sur les cessions d'entreprises, qui avaient l'an dernier suscité la fronde des « pigeons ».  


Parisot très inquiète sur les retraites


Durant cette interview-bilan, Laurence Parisot a également fait un bilan de la situation économique, évoquant notamment la situation « très préoccupante » de l'emploi. L'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année sera « très difficile », estime-t-elle, appelant le gouvernement a élargir les mécanismes d'emplois aidés, et à rendre plus attractives certaines politiques fiscales pour les entreprises. Egalement interrogée sur la réduction des déficits, Laurence Parisot a appelé à « freiner les dépenses des collectivités locales », qui contribuent selon elle « le moins à l'effort » que le pays doit supporter, et a surtout insisté sur l'importance de la réforme des retraites. 


« Si on ne s'attaque pas aux retraites, on continue de ne pas révéler un secret de famille : tous ceux qui ont actuellement moins de 35 ans verront leur retraite diminuée de 20 à 30% par rapport à ceux qui la touchent actuellement » a-t-elle lancé. Parlant d'une « responsabilité historique », et partisane de retarder l'âge de départ à «63 ans», Laurence Parisot s'est dite choquée par le rapport Moreau, qui écarte selon elle les véritables solutions. Appelant à une réforme « systémique » issue d'un « grand débat », un « Grenelle » - car selon elle, l'urgence ne justifie pas les réformes « à la hussarde » - la patronne sortante du Medef s'est dite persuadée que François Hollande avait « compris l'enjeu ». de nombreux syndicalistes sont en revanche « dans le déni » sur cette question.


Espionnage US : «Nous pouvons résister à notre allié »


Interrogée sur les suspicions d'espionnage des institutions européennes par les services de renseignement américains, Laurence Parisot s'est dite choquée et « attend une réaction et des explications ». « Il faut se demander comment faire en sorte que l'Europe soit plus forte et plus indépendante sur la finance, l'énergie, ou encore le numérique » selon elle. Les Etats-Unis sont un « concurrent » a-t-elle rappelé, qui « respecte les principes de la démocraties sur son territoire, et encore, mais pas à l'extérieur » a-t-elle noté, appelant chacun à la lucidité. 



Huit ans à la tête du Medef : de la «fierté» et «aucune rancoeur» 


« Je pars avec une immense fierté », a conclu Laurence Parisot, trois jours avant de passer le flambeau à son successeur, Pierre Gattaz. « Je n'ai aucune rancoeur » a-t-elle ajouté, avouant pour seul regret de n'avoir pu convaincre aucun des trois présidents qu'elle a cotoyés de revenir sur les 35 heures. Rappelant que « plus de 50 accords » avaient été négociés sous sa direction, la leader du patronat a expliqué que ce qu'elle avait « le plus aimé dans ce travail » était de «négocier avec les numéro 1 des organisations syndicales ». « C'est eux qui m'ont le plus apporté », a-t-elle insisté.


Ne tarissant pas d'éloges sur son successeur, « un allié et un ami », elle a néanmoins déploré ne pas avoir pu « être en compétition » avec lui, les statuts l'ayant empêché de se représenter à sa propre succession. Se défendant d'avoir été trop « personnelle » dans sa gestion de l'organisation et « trop peu combative » pendant ses mandats, deux reproches qui lui sont régulièrement fait, Laurence Parisot a juste rappelé que le poste demandait du « leadership » et appelé son successeur a conserver la parité à la tête du Medef. 


Quel avenir pour elle après le Medef ?
« Je reprend un attachement que j'avais avant au conseil économique et social » a indiqué Laurence Parisot, au moment d'évoquer son propre avenir. Très ouverte à l'idée de diriger une grande entreprise dans le domaine « énergétique », celle, par exemple, « qui acceptera d'exploiter le gaz de schiste », Laurence Parisot n'est pas non plus fermée à un avenir politique. « Je ne veux rien exclure » a -t-elle dit avant...d'exclure, à demi-mots tout engagement à l'UMP ou au PS. «Je confirme que je veux rester dans le débat public, notamment sur tout ce qui est à la frontière de l'économique et du politique dans une perspective européenne. A partir de là, il y a beaucoup de possibles. J'essaierai de m'investir au service de tous», a-t-elle ajouté.


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