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Publié par Diablo

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Au cœur de la crise financière de 2008, la « nationalisation » de la Royal Bank of Scotland avait constitué un passage obligé pour le gouvernement britannique contraint de renflouer un secteur bancaire privé au bord de la faillite.



En 2008, trois des cinq principales banques britanniques, moteurs de la City, sont « nationalisées » : Northern Rock, la Llyods et la Bank of Scotland. Un paradoxe (apparent) au pays des privatisations intégrales, de la libéralisation à tout crin commandées par la City.



La Bank of Scotland a engrangé pendant des décennies des centaines de milliards de profits, de connivence avec l’État britannique, finançant des investissements qui ont détruit l'industrie britannique et pillé les richesses des anciens pays colonisés.



Elle a bâti à court-terme sa richesse sur la spoliation de ses clients, souvent les moins dotés en ressources financières : ventes forcées d'assurance aux clients, manipulation des taux d'intérêts à des fins spéculatives, produits toxiques refilés y compris à des collectivités territoriales françaises.



Socialisation des pertes …



En 2008, l'éclatement de la bulle financière, le réveil des contradictions du système conduisent aux premières pertes, colossales, de l'histoire du groupe : 30 milliards d'euros de pertes. La valeur de l'action du groupe dégringole, la banque est au bord de la faillite.



Sur impulsion du gouvernement conservateur, l’État britannique « nationalise » alors le groupe : une injection de 55 milliards d'euros pour une prise de contrôle à 82% du capital. L’État achète alors à bon prix les actions du groupe en perdition : 5 £ par action, contre 3 £ aujourd'hui.



Pendant trois ans, c'est l’État qui prend en charge les pertes massives du groupe. En 2009, les pertes s'élèvent à 4 milliards, 2 milliards d'euros en 2010 et encore 2 milliards en 2011.



… plans sociaux massifs mais bonus pour les traders



Le passage à la gestion publique fut l'opportunité non seulement d'un vaste mouvement de centralisation des capitaux mais aussi d'une restructuration du groupe, conduisant au plus important plan social de son histoire.



En trois ans, 35 000 emplois sont supprimés à la Royal Bank of Scotland, alors que le secteur bancaire britannique a supprimé dans son ensemble 190 000 postes.



Pourtant, dans le même temps, la rémunération des traders et des cadres dirigeants n'a pas fléchi. La part des rémunérations dans les revenus a même augmenté, tandis que la valeur des bonus dans la seule banque d'investissement s'est élevée à 1 milliard d'euros en 2010.



Le PDG de la RBS, Stephen Hester, bénéficiait depuis la « nationalisation » de 2008, d'un bonus annuel de 1 milliard d'euros auquel il a renoncé, sous pression de l'opinion publique, ne gardant que son modeste salaire de … 17 millions d'euros annuels.



Et bientôt privatisation des bénéfices ?



Mais l'avenir s'annonce prometteur pour le géant bancaire britannique. Après la phase des pertes (socialisées), vient la promesse des profits (à privatiser).



Sommé de venir à la rescousse du secteur bancaire en perdition, l’État est désormais encouragé à laisser la banque entre les mains d'actionnaires privés. En effet, la RBS vient d'annoncer ses premiers profits depuis 2008 : près d'1 milliard de profits bruts pour le premier trimestre 2012.



Les déclarations se multiplient. Sir Philip Hampton, président de la RBS, a déclaré que la banque publique aurait « totalement récupéré »d'ici la mi-2014, et serait alors prête à revenir dans le giron du secteur privé.



Le PDG de la Bank of Scotland, Stephen Hester a lui déclaré avec un enthousiasme que : « la privatisation serait quelque chose de formidable à la fois psychologiquement et aussi parce que cela dégagerait l'argent du contribuables pour d'autres missions.



La mission de nettoyage financier est quasiment rempli ».



Les déclarations du PDG du groupe sont un comble de cynisme. Le « nettoyage financier » ne sont rien de moins que les pertes essuyées par l'Etat, et désormais il encourage l'Etat à aller renflouer d'autres banques ou industries, et laisser les profits au privé !



A noter qu'avec le cours de l'action actuel, l’État essuierait une perte nette de 20 milliards d'euros sur son renflouement de 2008.



Le cas de la Royal Bank of Scotland, ainsi que des autres banques renflouées par l'Etat en Grande-Bretagne constitue un avertissement face au dévoiement du mot d'ordre de nationalisation, pourtant mesure qui s'impose comme une évidence dans la crise actuelle du capitalisme.



La nationalisation ne peut être une « mesure temporaire » visant à renflouer les banques, à socialiser les pertes. Il faut des nationalisations définitives, démocratiques, au service des besoins du peuple et non des profits passés et futurs des industriels et des banquiers.



Article AC


Source : Solidarité Internationale PCF

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